Pas besoin de tout un arsenal d’équipements hyper sophistiqués pour cuisiner avec du cannabis, indique Véronique Lettre.

Cannabis en cuisine: un premier cours offert dans la région

La légalisation de la marijuana amène plusieurs curieux à s’intéresser aux façons de la consommer, entre autres en l’intégrant à différentes recettes. Or, le dosage est crucial pour que l’expérience ne tourne pas au vinaigre. Véronique Lettre, une spécialiste dans ce créneau, propose donc un premier cours de cuisine au cannabis dans la région à la fin septembre.

Le cannabis, c’est loin de la sarriette et du basilic. En cuisine, la ligne est parfois mince entre l’échec et la réussite.

« L’inconnu fait parfois peur. Mais, il y a des façons simples d’intégrer le cannabis à l’alimentation. Il suffit d’avoir les bonnes connaissances », a indiqué en entrevue Véronique Lettre, auteure du livre Le cannabis médicinal, le connaître et l’utiliser et présidente de la clinique Nature Médic, spécialisée dans le domaine.

Outre le fait de restreindre sa prise de médicaments, celle qui se décrit comme une « survivante » du cancer du sein et du cerveau a constaté plusieurs bienfaits de l’alimentation au cannabis sur son moral.

« À un moment de ma vie, j’ai dû prendre 26 pilules par jour. Cuisiner avec du cannabis enlève tout l’aspect médical. [...] Et ça fonctionne très bien au quotidien. »

Parmi les principaux avantages, ingérer du cannabis est beaucoup plus discret que d’avoir un joint à la bouche, a souligné Mme Lettre.

« Et que ce soit de l’huile, des capsules ou de la nourriture, les effets vont durer longtemps. On parle de 6 à 8 heures et même 10 heures selon le métabolisme de la personne », a-t-elle ajouté.

Le volet récréatif occupe également une place importante dans l’équation, a concédé la conférencière.

Dosage

Malgré ce que l’on pourrait croire de prime abord, les gens qui veulent se lancer dans la cuisine au cannabis n’ont pas besoin de tout un arsenal d’équipements hyper sophistiqués pour obtenir de probants résultats. Une balance numérique, une « calculette » de concentration en THC (disponible en ligne sur le site de Véronique Lettre), un four puis quelques instruments et le tour est joué.

Le dosage du cannabis est crucial dans toute recette.

Le secret réside dans le dosage pour ne pas dépasser la bonne concentration de THC, une substance psychotrope dans le cannabis. Idem en ce qui concerne le CBD, une autre substance contenue dans la marijuana qui ne crée pas d’euphorie. Elle sert entre autres à atténuer la douleur et à apaiser l’anxiété.

Selon Véronique Lettre, une dose allant de 2 à 3 mg par portion est à préconiser au départ. D’ailleurs, une personne peut réagir différemment d’un jour à l’autre à une même concentration de THC. Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte, notamment la fatigue, a-t-elle spécifié.

Déploiement

Devant la demande grandissante pour des cours de cuisine au cannabis, Véronique Lettre a récemment lancé un atelier sur son site Web. « Mon cours en ligne fonctionne bien, mais les gens veulent aussi le faire en personne. Alors, il faut s’adapter », a indiqué la femme d’affaires.

À travers ses nombreuses recherches pour maximiser ses connaissances sur le sujet, elle a également suivi un cours de cuisine au cannabis avec un chef de renom de Los Angeles, Jeff Danzer, durant une journée.

Toutes ces notions seront intégrées dans le premier cour pratique, qui aura lieu le 25 septembre à Granby, de 18 h à 20 h 30.

Pendant l’atelier, Véronique Lettre passera notamment en revue les étapes pour faire du beurre et de l’huile de cannabis. Les participants apprendront aussi à « nettoyer et décarboxyler » la marijuana, en la chauffant au four pour « activer les substances actives ».

De plus, des techniques ont aussi été mises au point pour contrer l’amertume du cannabis dans les recettes.

Le fait que la coop de santé de Roxton Pond soit devenue, en octobre dernier, le premier point de service de la clinique Nature Médic, en dehors de son quartier général à Magog, a pesé dans la balance pour lancer l’initiative dans la région.

Le groupe sera constitué de 8 à 10 personnes.

« On pourrait éventuellement monter à 15 participants, mais je veux limiter le nombre. J’aime le contact humain et je tiens à le préserver dans mes cours », a mentionné Mme Lettre. Il s’agit d’un premier essai.

L’entrepreneure pourrait éventuellement déployer son projet « à grande échelle » dans plusieurs autres municipalités à travers la province.