Un groupe d’une vingtaine de personnes s’est réuni pour discuter des options qui s’offrent à eux après avoir reçu un avis d’éviction pour eux et leurs maisons, situées dans le camping Aztec à Granby.

Camping Aztec: des propriétaires de maisons se mobilisent contre leur éviction

Aussitôt l’avis d’éviction reçu par l’huissier, quelques citoyens se sont réunis pour élaborer un plan d’action. Un comité provisoire des résidents du camping Aztec — anciennement le Tropicana puis l’Estrival —, à Granby, s’est formé en quelques heures et a convoqué les propriétaires des maisons concernées. Ils contesteront leur éviction.

Une vingtaine d’entre eux ont répondu à l’appel de leurs voisins et se sont donné rendez-vous dans le garage de Pierre Marcotte, invitant du même coup les représentants de La Voix de l’Est.

Leur situation est particulière. Parsemées à travers le camping, une trentaine de maisons modulaires sont occupées à l’année par leurs propriétaires.

Mercredi dernier, le nouveau propriétaire du camping, Jean-Guy Sylvain (Groupe JGS), a fait parvenir aux résidents concernés, par les voix d’un avocat et d’un huissier, un avis d’éviction devant être respecté d’ici le 30 juin.

Or, la plupart des maisons ne peuvent être déménagées, sinon au coût de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Une avalanche d’émotions a déferlé dans ces ménages qui ne sont pas propriétaires de leur terrain. Angoisse, détresse, rancœur... Tous ont du mal à dormir depuis la réception de la lettre.

Pour plusieurs d’entre eux, c’est une impression de déjà-vu. En 2012, ils avaient déjà failli tout perdre. Une médiation avait finalement permis de régler le dossier, de régulariser le zonage et de signer une entente avec chaque propriétaire.

Ces derniers ont l’impression que M. Sylvain ne respecte pas cette entente.

Régie du logement

Dès jeudi matin, les membres du comité se sont rendus aux bureaux de la Régie du logement, à Granby, pour connaître les recours possibles.

Les maisons modulaires parsèment le camping Aztec, anciennement le camping Tropicana puis Estrival, à Granby.

M. Marcotte, psychoéducateur à la retraite, a invité ses concitoyens à se rendre durant la semaine à ces bureaux pour remplir un formulaire de contestation. Il a même donné des exemples de motifs pour la contestation, comme l’incapacité financière d’acheter ailleurs ou de déménager.

« J’aimerais que, d’ici le 8 novembre, tout le monde soit allé à la régie pour contester et que, dans la semaine suivante, l’avocat du Groupe JGS ait reçu nos lettres de contestation », explique-t-il.

Il compte sur l’effet de groupe pour inciter le propriétaire à négocier.

Négociations

Entre temps, le comité partira à la recherche d’un avocat pour mener des négociations, vérifier s’il existe de la jurisprudence dans ces cas-là et tenter de régler la situation une fois pour toutes. Le fait d’être réuni en groupe permettra de diviser les coûts.

La majorité du groupe a embarqué dans le projet, désirant sauver ce qui leur appartient. Comme les personnes concernées n’étaient pas toutes présentes samedi matin, le comité garde la porte ouverte pour ceux et celles qui souhaiteraient joindre le mouvement.

« L’union fait la force. Nous, on va représenter ceux qui le veulent. Si les gens veulent s’organiser seuls avec les coûts d’avocat seuls, c’est leur choix. L’avis d’éviction est très clair. Ils veulent nous expulser pour mettre des roulottes ou des motorisés. Le Groupe JGS veut un camping cinq étoiles et, déjà, il y a énormément d’investissements de faits. »

Une piscine est par exemple en construction.

« Tout remettre à neuf »

Le Groupe JGS, notamment propriétaire d’Aztec RV Resort en Floride, s’est porté acquéreur du camping Estrival cet été. Jean-Guy Sylvain confiait à La Voix de l’Est, en août, qu’il avait longtemps hésité avant d’investir dans le projet, qui est de recréer le camping floridien au Québec.

Des travaux étaient prévus pour aménager un plus grand nombre de terrains voyageurs. « Ce sont d’anciens modèles de terrain et on va tout remettre à neuf », avait confié le nouveau gestionnaire du camping situé sur la route 112.

Il avait également assuré que la transaction ne changeait rien pour les résidents de l’endroit. Tous les baux, ainsi que les licences d’occupation, ont été transférés aux récents acquéreurs.

Notre demande d’entrevue envoyée par courriel jeudi à l’avocat du gestionnaire, à son endroit et à l’endroit de son client, est restée sans réponse.