Le propriétaire du camping Aztec, le Groupe JGS, a envoyé un avis d’éviction aux propriétaires de maisons mobiles qui lui louent un terrain à Granby.

Camping Aztec: des dizaines de résidents reçoivent un avis d’éviction

C’est le jour de la marmotte pour plusieurs propriétaires de maisons mobiles au camping Aztec, autrefois appelé Tropicana puis L’EstriVal. Ils revivent toutes les émotions qu’ils ont vécues en 2012 lorsqu’ils avaient reçu un avis d’expulsion de la Ville. Cette fois, le signataire de l’avis d’éviction est le nouveau propriétaire du camping. Une quarantaine de résidents devront partir en juin, ont-ils appris mercredi, tandis qu’une cinquantaine d’autres doivent prendre une décision.

En 2012, un processus de médiation entre le propriétaire du camping L’EstriVal, les propriétaires de 48 maisons mobiles et la Ville de Granby avait mené à la création d’une zone résidentielle. Cette saga ne concernait à l’époque que les maisons installées à l’intérieur des limites du camping.

Cette fois-ci, l’enjeu touche plus de 90 maisons à l’intérieur et à l’extérieur des limites du site. Dans le premier cas, les locataires-propriétaires ont reçu un avis d’éviction puisque Aztec veut changer l’affectation du site. Ils doivent quitter avant le 30 juin. À l’extérieur des limites du camping, ils ont reçu le choix d’acheter leur terrain ou de déménager au plus tard le 30 juin, selon les informations recueillies par La Voix de l’Est.

La lettre reçue mercredi vient contrecarrer bien des plans pour les propriétaires de maisons, certaines étant présentement à vendre. D’autres ont été vendues peu de temps avant que L’EstriVal passe aux mains de Jean-Guy Sylvain et du Groupe JGS, qui opère le camping Aztec, en août. M. Sylvain s’était alors montré rassurant, en affirmant au quotidien que cette vente ne changeait absolument rien pour les résidents de l’endroit.

Deux secteurs, des options différentes

Sylvie Goyette a vendu sa maison à la fin juin. Elle a été mise au courant de la situation par la dame qui a racheté sa maison modulaire et quelques anciens voisins. Même si elle n’est plus là, Mme Goyette n’est pas moins bouleversée par ce qui se passe. Cette dernière avait vécu les négociations de 2012.

« Quand j’ai décidé de vendre ma maison, j’ai remis les papiers de l’entente de 2012 à mon agent d’immeuble, raconte-t-elle. Ça disait que je pouvais vendre à mes héritiers ou toute autre personne. J’ai même dû me présenter au bureau du camping pour qu’ils annulent mon bail et qu’ils en fassent un nouveau à la nouvelle propriétaire. On y est allé le 28 juin. La personne lui a fait un bail de 8 ans. »

Par l’avis envoyé aux propriétaires de maisons, elle y voit un non-respect de l’entente de 2012, en plus du non-respect du bail.

« À l’extérieur, ils leur donnent la possibilité d’acheter leur terrain. Pourquoi pas demander à ceux qui sont à l’intérieur du camping la possibilité d’acheter la maison mobile ? Est-ce parce qu’ils ne veulent plus déblayer l’hiver ? Peut-être. »

Les résidents pourraient par ailleurs s’opposer à ces avis d’éviction.

Exemption

Dans la lettre envoyée par huissier aux résidents quatre saisons du camping, l’avis spécifie les exemptions qui s’appliquent, c’est-à-dire que les propriétaires qui ont plus de 70 ans, qui habitent là depuis plus de 20 ans et qui ont un revenu modeste ne peuvent être évincés.

Le Code civil prévoit également une indemnisation, soit trois mois de loyer et « des frais raisonnables de déménagement ». Le propriétaire ne mentionne pas le montant qui sera remis aux locataires.

Le déménagement d’une maison mobile peut coûter plus de 20 000 $, mais plusieurs de ces résidences ne peuvent plus être déménagées facilement en raison de leur âge ou des annexes qui ont été construites.

Les résidents d’un parc de maisons mobiles appartenant maintenant à Norayco (NRC), à Saint-Paul-d’Abbotsford, qui se trouvent dans une situation similaire, ont par ailleurs fait des recherches afin de trouver des terrains disponibles pour accueillir leur maison, et il n’en existait plus dans la région.

Les propriétaires de maisons mobiles approchés par La Voix de l’Est ont préféré attendre avant de commenter la situation. Il ne nous a pas été possible de rejoindre M. Sylvain jeudi.