Des étudiants de l’école secondaire l’Envolée, accompagnés de policiers et d’une intervenante du CALACS, ont partagé leur impression de la campagne #gardeçapourtoi.

Campagne #gardeçapourtoi: originale et percutante, disent les jeunes

La campagne de prévention du sextage Tes boules, ta chatte, ta queue : #gardeçapourtoi, lancée par les policiers de Granby, a assurément atteint son objectif. Des jeunes de l’école secondaire l’Envolée qui ont participé au projet affirment que le message est percutant avec une pointe d’humour.

« J’ai trouvé ça original, les affiches. Ça vient nous rejoindre, ça frappe », affirme Shannel Bouffard, qui est parmi les 300 étudiants en secondaire un à avoir assisté aux conférences présentées par le Service de police de Granby, une intervenante du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) et un procureur des poursuites criminelles et pénales.

Rappelons que le corps policier granbyen, témoin d’une recrudescence d’échange de photos intimes entre les jeunes comme d’autres services du Québec, a acquis les droits d’une campagne créée par le Service de police de la Ville de Gatineau. Celle-ci utilise un langage à double sens. Elle parle de boules illustrées par des boules de billard, de chatte avec la photo d’un chat et de queue avec celle d’un iguane.

L’objectif est de sensibiliser les jeunes aux risques du sextage et aux conséquences qu’il entraîne. « Je ne pensais pas que c’était aussi grave et que ça pouvait amener à des choses aussi loin », affirme un autre étudiant, Lucas Pradeen.

« Les conséquences sont souvent graves et elles vont souvent loin. Et les jeunes ne le savent pas toujours », renchérit Caroline Garand, porte-parole et préventionniste au Service de police de Granby.

Les jeunes — divisés en un groupe de filles et un de garçons pour faciliter les discussions — ont assisté à deux conférences, l’une présentée par un policier et un procureur, et une autre animée par une intervenante du CALACS. « Voir le procureur de la Couronne, c’est du sérieux », estime Emrick Ferland, un autre étudiant en première secondaire.

Le policier et le procureur ont notamment discuté du Code criminel qui s’applique dès l’âge de 12 ans, de pornographie juvénile (ce qu’est le sextage aux yeux de la loi), d’extorsion, d’antécédents judiciaires et de travaux communautaires. Le chemin que peut parcourir une photo intime envoyée à une personne a également fait l’objet de discussions.

« Quand on envoie une photo, on perd le contrôle dans le cyberespace », rappelle Daniel Tanguay, préventionniste au Service de police de Granby.

De son côté, l’intervenante Annie Blouin du CALACS a notamment discuté d’hypersexualisation, de consentement et des ressources disponibles pour aider les jeunes. « C’était super important pour le CALACS de s’impliquer dans ce projet-là, d’autant plus que notre mission est d’intervenir avec tout ce qui est en lien avec les multiples visages des violences sexuelles », dit-elle, précisant que les étudiants ont participé avec intérêt à l’activité.

Une nouvelle phase du projet pilote a été réalisée mercredi alors que les murs de la polyvalente ont été tapissés d’affiches de la campagne pendant que les jeunes étaient en classe. Une activité surprise de karaoké a aussi été organisée sur l’heure du dîner pour informer les étudiants en secondaire deux de la campagne. « De façon détournée, on est capables de passer de bons messages », estime Marc-André Morisseau, enseignant en éthique et culture religieuse.

Une trousse destinée aux intervenants en milieu scolaire s’ajoute aux outils pour prévenir le sextage. Des informations sur la campagne et ce qu’il faut faire si on en est témoin, ainsi qu’une courte vidéo sont également disponibles sur le site internet de la Ville de Granby à l’attention des parents et des citoyens.

Le Service de police de Granby n’a pas encore statué si la campagne #gardeçapourtoi sera présentée dans toutes les écoles secondaires du territoire.