La famille Marseille, derrière le centre d’escalade Backbone, vient de lancer une campagne de financement nouveau genre. On voit ici Jean Marseille en compagnie de sa fille Frédérique, de sa conjointe Andrée Laprise et de Charles, le benjamin.
La famille Marseille, derrière le centre d’escalade Backbone, vient de lancer une campagne de financement nouveau genre. On voit ici Jean Marseille en compagnie de sa fille Frédérique, de sa conjointe Andrée Laprise et de Charles, le benjamin.

Campagne de financement: Backbone sort du cadre

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
La pandémie prive bien des entreprises de services de précieux revenus depuis des mois. Le centre d’escalade Backbone de Bromont est du nombre. Plutôt que de s’apitoyer sur leur sort en attendant le feu vert de Québec, les membres de la famille Marseille, partenaires dans ce projet, ont décidé d’interpeller le public en lançant une campagne de financement qui sort de l’ordinaire.

«Tu te sens impuissant en voyant notre belle business familiale attendre de façon indéterminée une date de réouverture? On a pensé à une façon assez funky de solliciter de l’aide», a publié Frédérique Marseille sur les réseaux sociaux.

Contrairement à des entreprises de production, Backbone a les mains liées depuis le début de la pandémie. «On veut bien réinventer notre plan d’affaires pour passer à travers la crise. Mais on est un service qui invite les gens à être ensemble. On ne peut pas transformer notre centre en usine de désinfectant pour les mains», a indiqué en entrevue la jeune entrepreneure.

En fait, l’idée d’une campagne nouveau genre émane du public. «Beaucoup de gens nous demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour nous donner un coup de main. Certains voulaient prendre un abonnement d’avance. Mais, comme on ne sait pas quel sera le fonctionnement au retour, je ne me sentais pas à l’aise de le faire», a fait valoir Frédérique.

Avec des coûts fixes avoisinant 30 000 $ par mois, le centre d’escalade voit ses liquidités fondre comme neige au soleil depuis près de trois mois. Plutôt que d’utiliser les plateformes de sociofinancement traditionnelles, la famille Marseille a décidé d’utiliser une formule différente.

«Je me suis dit que c’était une bonne idée de demander aux gens de financer les projets qui leur tient à coeur. Ça nous permet de mesurer ce qui sort du lot. En plus, c’est une façon de fidéliser la clientèle», a résumé la trentenaire.

Les gens peuvent donc soumettre leurs idées de projets ainsi qu’un montant pour qu’il se réalise. Ceux-ci sont regroupés dans la boutique en ligne de l’entreprise. De leur côté, les propriétaires s’engagent à remettre 75% de l’investissement aux donateurs sous la forme de «dollars Backbone». Ces sommes pourront ensuite être utilisées dès que le centre ouvrira, notamment pour payer un abonnement, acheter de la marchandise ou manger au bistro à l’intérieur du centre.

Franc succès

Lancée jeudi, l’initiative connaît déjà un franc succès. En date de vendredi, une dizaine de projets totalisant un budget d’environ 2000 $ avaient été proposés. «Je suis très heureuse de la réponse des gens. C’est win-win pour tout le monde. On va pouvoir se concentrer sur notre développement plutôt que d’angoisser à propos de la relance», a dit Frédérique.

Pour en savoir plus à propos de la campagne et des projets, consultez la page Facebook de Backbone.

Hébergement

Quelques mois avant que la pandémie paralyse l’économie du Québec en entier, la famille Marseille avait lancé un projet d’hébergement abordable axé sur la «microvillégiature», nommé Background.

L’initiative consiste à ériger de petites cabines en bois sur un vaste site attenant au centre d’escalade, à proximité de la sortie 74 de l’autoroute 10. Les microrefuges seraient intégrés à un boisé de bouleaux. Les cabines ne seraient pas visibles à partir du boulevard Pierre-Laporte ni des autres voies de circulation. Le projet prévoit la construction de trois gîtes de type « pods » quatre saisons et d’une douzaine d’autres refuges similaires accessibles uniquement durant la saison chaude.

L’aménagement de près de 25 «terrains intimes et isolés pour petites tentes» est aussi au programme. Il n’y aurait pas de véhicules récréatifs admis ni de roulottes. Les sites n’auraient pas de place à feu non plus et l’utilisation des équipements du centre d’escalade serait préconisée pour minimiser l’empreinte environnementale.

Or, la conjoncture entourant la COVID-19 a stoppé net les démarches des entrepreneurs. La prochaine étape sera la tenue d’un registre en vue d’un référendum sur le projet dans le voisinage. Selon Frédérique, il s’agit d’un projet phare pour la jeune entreprise.

«C’est évident qu’avec l’hébergement, nos opérations auraient certainement pu repartir rondement cet été, a-t-elle fait valoir. On est très enthousiastes et on espère que ça va débloquer prochainement.»