Le député sortant de Granby, François Bonnardel, affirme que la région a besoin de plus de médecins.

«Ça prend des médecins», dit Bonnardel

La région vit une «situation inacceptable» alors que six médecins de l’urgence ont quitté depuis 18 mois, sans avoir été remplacés, selon le député sortant de Granby, François Bonnardel. Il s’engage donc à faire les représentations nécessaires afin que de nouvelles ressources soient envoyées en renfort.

«On a atteint un point de non-retour où ça prend des médecins additionnels pour être capable de répondre aux besoins de la population», a laissé tomber le député caquiste, mardi à l’occasion d’un point de presse auquel ont assisté plusieurs de ses partisans. 

Selon lui, Granby est en quelque sorte «pénalisée» par la performance de ses médecins de famille, qui rencontrent en moyenne de 1100 à 1200 patients par année. À l’échelle de la province, la moyenne annuelle des médecins serait plutôt de 850 à 900 patients. 

«Vous comprendrez que dû à la bonne performance des médecins de famille de Granby, le ministère de la Santé, tout comme le CIUSSS, (...) ne nous envoie pas de médecins», a affirmé M. Bonnardel, tout en attribuant ce manque de personnel à la «longue liste de négligences libérales en matière de santé pour la région».

Selon lui, dans les faits, un nouveau médecin «facturant» a commencé à oeuvrer à Granby en 2017, mais aucune nouvelle arrivée n’a été comptabilisée en 2018. Tout cela s’inscrit en outre dans le contexte où quelque 9500 personnes n’ont pas de médecin de famille, près de 4000 d’entre elles étant inscrites sur une liste d’attente, selon l’actuel député de Granby.

Grande séduction

«Pour moi, c’est indéniable de m’engager minimalement. Si on prend les 4000 patients orphelins et qu’on fait une moyenne, ça va nous prendre trois, quatre médecins dans la prochaine année pour être capable de vider cette liste et aussi au moins un spécialiste additionnel qui va libérer et donner de l’oxygène aux omni[praticiens] qui vont voir plus de patients», a dit M. Bonnardel.

Ce dernier cite en exemple François Choquette, ce Granbyen de 71 ans en rémission d’un cancer de la prostate et souffrant de troubles cardiaques qui a manifesté devant le CLSC Yvan-Duquette la semaine dernière pour claironner son ras-le-bol d’attendre pour avoir un médecin de famille. 

«Il y en a plein de François Choquette», assure le caquiste, qui affirme être interpellé de façon hebdomadaire par les citoyens à ce sujet. 

François Bonnardel dit même être prêt à prendre les grands moyens pour inciter des médecins à venir pratiquer à Granby. «Si ça prend une grande séduction, on va le faire. On a une belle région», a-t-il lancé. 

Si son parti doit être porté au pouvoir le 1er octobre prochain, M. Bonnardel a l’intention, s’il est élu, d’informer rapidement le prochain ou la prochaine ministre de la Santé de la problématique locale. «Je vais m’assurer d’affirmer un leadership fort au CIUSSS (de l’Estrie) en leur disant, c’est assez. Il ne faut pas attendre que nos médecins soient épuisés et tombent malades», dit-il. 

Dans un monde idéal, l’arrivée de six médecins est souhaitée. Un objectif difficile à atteindre, reconnaît François Bonnardel. Mais si deux ou trois professionnels de la santé devaient faire leur arrivée en 2019, «ce sera déjà ça», estime-t-il.