La ligue crée un sentiment d’appartenance et motive des étudiants à réussir leurs cours.

Ça joue fort chez les E-Nouk

Qui a dit qu’études et jeux électroniques étaient incompatibles ?

Armés d’ordinateurs, de souris et de casques d’écoute, des étudiants se réunissent plusieurs soirs par semaine au Cégep de Granby pour en affronter d’autres en réseau à coups de logique, de stratégie de combat et de... ballons propulsés par des voitures.

La première ligue de jeux électroniques du collège — joliment baptisée Les E-Nouk — remporte un franc succès. Vingt-six participants se sont inscrits dans le but d’améliorer leurs aptitudes à l’un des quatre jeux sélectionnés : Hearthstone, League of Legends, Overwatch et Rocket League.

Ce faisant, ils se sont également engagés par écrit à réussir leurs études et à faire un minimum de deux heures d’activité physique par semaine.

« Si cette activité peut faire en sorte qu’ils réussissent et obtiennent leur diplôme, le cégep pourra dire mission accomplie », indique Katie Girard, animatrice à la vie étudiante et responsable de la ligue.

La première ligue de jeux électroniques du Cégep de Granby, baptisée Les E-Nouk, remporte un franc succès. Vingt-six participants se sont inscrits dans le but d’améliorer leurs aptitudes à l’un des quatre jeux sélectionnés.

Camaraderie

Les jeux électroniques séduisent bien souvent les introvertis, soit des étudiants — les E-Nouk ne comptent pour l’instant que des gars dans leurs rangs — plus susceptibles d’abandonner leurs études, dit Mme Girard. « On rejoint une clientèle pour qui il n’y a rien au cégep. »

La ligue leur offre une camaraderie, un sentiment d’appartenance et un lieu de rassemblement qui les sort de l’isolement et les motive à continuer leurs cours.

« Mon groupe d’amis s’est agrandi », reconnaît Nicolas Ouellet, qui en est à sa première session en sciences pures et appliquées. « Sans les e-sports, je n’aurais pas connu Nicolas (NB : un autre joueur) pis toute la gang. »

Les gamers apprécient aussi de pouvoir jouer en équipe. De cette façon, « la victoire est plus satisfaisante », dit Nicolas Boucher, qui étudie en informatique, « et on atteint des résultats plus élevés. »

« C’est plus le fun quand t’as un but, comme de gagner le tournoi », ajoute Nicolas Patenaude (NB : non, il n’y a pas que des Nicolas dans la ligue...), qui étudie aussi en informatique.

« Les jeux électroniques, c’est le futur. Ça ne va jamais arrêter », dit-il.

Entraînement

En plus de leurs soirs de joute virtuelle, les E-Nouk doivent assister à des entraînements où des notions techniques et théoriques, comme l’ergonomie et la visualisation, sont abordées.

Un atelier par session et portant sur les saines habitudes de vie est aussi obligatoire. Cette semaine, les E-Nouk ont ainsi appris comment concocter des boules d’énergie et un smoothie vert, question de savoir bien se nourrir durant les longues séances de jeu.

« C’est comme au hockey, on ne mange pas n’importe quoi ! », dit Mme Girard.

Le Cégep de Granby n’a investi que quelques milliers de dollars dans cette initiative, notamment en recyclant des ordinateurs qu’il possédait déjà.

Le collège accompagne également les joueurs qui éprouvent des difficultés. Deux d’entre eux, par exemple, ont démontré de l’agressivité lors des parties, souligne l’animatrice à la vie étudiante, et un soutien leur a été offert pour ça.

Katie Girard qualifie les résultats de la ligue d’« impressionnants ». « Les jeunes veulent rester dans l’équipe et ça les motive à réussir leurs cours, dit-elle. Et ça les sort de leur sous-sol ! »