« Ça manquait, un lieu de rassemblement », dit le conseiller municipal Alain Déry, dont l’idée du Rucher boltonnois a permis la création d’un marché public.

Ça bourdonne à Bolton-Est

Un vent de changement souffle sur Bolton-Est, en Estrie, et il a les effluves sucrés du miel et le son des voisins des bourdons.

Établi depuis quelques mois, le projet de rucher collectif a créé un élan de solidarité dans le village de 900 habitants où se mêlent francophones, anglophones, locaux et « weekenders ».

Alors que toutes les églises sont fermées et que subsistent un dépanneur et un spa réputé, l’atelier municipal est devenu miellerie et le parc Terrio, depuis cette année, accueille un marché public très couru tous les samedis matins.

Environ 300 personnes sont passées sous le gazebo de bois, la semaine dernière, butinant parmi les produits du miel, mais aussi les légumes, œufs, pousses, pains, thés et baklavas. Avec en prime, des musiciens et même un barista mobile à l’occasion !

« Dans mon porte-à-porte, les gens disaient que ça manquait, un lieu de rassemblement, indique le nouveau conseiller municipal Alain Déry. D’où l’idée de marché public. »

Si cette idée est l’initiative des producteurs maraîchers Dave Gibeault et Frédérique Voisard, elle découle du projet de Rucher boltonnois qui, lui, est né des alvéoles cérébrales de M. Déry, ex-informaticien devenu apiculteur autodidacte.

Sensibilisation
« C’était avant tout un intérêt personnel, dit le jeune retraité de 59 ans. Je voulais des ruches et je me suis renseigné là-dessus. Je ne me serais pas embarqué là-dessus en pensant que ça ne marcherait pas. »

Le parc Terrio, depuis cette année, accueille un marché public très couru les samedis matins. Celui-ci est l’initiative des producteurs maraîchers Dave Gibeault et Frédérique Voisard.

Il lance l’idée alors qu’il n’est que membre du Comité consultatif en environnement, histoire de sensibiliser les esprits aux méfaits des pesticides. Mais l’adoption d’abeilles a tellement gagné en popularité que le concept a dû être repensé.

D’abord installées un peu partout, les 54 ruches sont maintenant regroupées dans huit ruchers à Bolton-Est — mais aussi à Austin et à Sainte-Étienne-de-Bolton — afin de faciliter le travail des membres et des bénévoles.

Car après avoir payé une cotisation et suivi deux sessions de formation, chacun des 120 membres doit s’occuper de sa ruche, toujours accompagné d’un spécialiste. Les inspections d’usage se font aux 10 jours, tandis que la récolte se fait trois fois par année.

Solidarité
La mairesse de Bolton-Est, Joan Westland Eby, a fait sa première récolte de miel la semaine dernière... et en a tiré 18 litres.

« Ç’a été tellement un succès qu’on a mis en place un OBNL pour gérer le projet, et les profits seront utilisés pour d’autres projets communautaires, dit-elle. C’est extraordinaire. Il y a de plus en plus de gens impliqués et les gens connaissent leurs voisins maintenant. Ça réunit les anglophones et les francophones, induit un esprit de communauté. C’est aussi un exemple concret de développement durable. »

L’extraction et la mise en pot se font à l’atelier municipal (qui respecte les normes de salubrité), un moment prisé des apiculteurs en herbe et de leurs proches.

Il peuvent en garder la moitié et le reste est remis au Rucher boltonnois, qui en utilise les profits pour financer ses activités, dont le marché public et le jardin communautaire, qui a repris du poil de la bête.

Un essaimage qui permet à Alain Déry de rêver à en faire encore plus pour Bolton-Est. La miellerie deviendra aussi cuisine communautaire et un café de village avec centre d’interprétation de l’abeille est dans les cartons, tout comme la perspective d’améliorer l’offre du parc Terrio.

« Tout ça est bénéfique pour le village et ça crée un sentiment d’appartenance, dit le conseiller municipal. Les citoyens peuvent faire la différence. »