Les négociations pour la première convention collective des employés du Burger King de Granby sont au point mort.

Burger King: négociations au point mort

« On est déçu, mais pas tellement surpris. » Les négociations pour la première convention collective du nouveau syndicat du restaurant Burger King de Granby doivent passer à l’arbitrage. Une situation qui ne surprend pas David Bergeron-Cyr, même s’il aurait préféré une meilleure écoute de la part de l’employeur.

« Les négociations ne vont absolument nulle part, déplore le président du Syndicat des employé-es de la restauration de la CSN (SER-CSN), David Bergeron-Cyr. La conciliation n’a rien donné, donc on va aller en arbitrage. Si on veut avoir une chance d’avoir une convention collective qui a du sens. »

C’est à la demande du syndicat que les deux parties iront en arbitrage. Le processus pourrait se conclure en quelques mois ou se prolonger, selon les éléments sur lesquels se penchera la juge.

L’accréditation syndicale a été octroyée en mars dernier et, à la mi-octobre, une manifestation était organisée en face et même à l’intérieur du commerce spécialisé en restauration rapide. Les manifestants souhaitaient dénoncer la stagnation des négociations et donner du courage aux employés, qui étaient alors une douzaine. Ils étaient un peu plus d’une quinzaine en mars et maintenant ils ne sont plus que sept, relève M. Bergeron-Cyr. 

Salaire

Les points en litiges sont ceux qui nécessitent un investissement monétaire de la part de l’employeur, décrit le président du syndicat. L’employeur, le franchiseur Redberry dans ce cas-ci, ne voudrait pas concéder un seul sou d’augmentation salariale, allègue le président du syndicat.

Ce dernier veut que les employés cotisent dans un fonds d’action pour leur retraite et qui ne demande aucune cotisation de la part de l’employeur, mais il a essuyé un refus. 

« Au niveau des vêtements, on demande que ceux qui travaillent au service à l’auto, où l’air froid rentre en hiver, aient des vêtements chauds qui leur soient fournis. » 

L’employeur aurait accepté d’acheter un manteau et un cache-cou, mais à condition de les partager parmi le personnel. « Pour nous, c’est inacceptable. Ça illustre à quel point il refuse de mettre de l’argent sur la table. »

Le seul aspect sur lequel les deux parties s’entendent est le normatif, c’est-à-dire ce qui ne touche pas à l’argent, comme la reconnaissance de l’ancienneté dans les horaires de travail. Le syndicat avait peu de demandes et, en général, il s’entend avec l’employeur.

Stratégie

Redberry souhaiterait un contrat de travail négocié de douze mois plutôt que trois ans, le maximum permis par la loi pour une première convention collective.

David Bergeron-Cyr prétend qu’une convention d’un an servirait une stratégie plus large de l’employeur visant à pousser les employés à demander rapidement une révocation de leur syndicat, ce qui peut se faire de 60 à 90 jours avant l’échéance.

Selon lui, l’employeur pousse à bout les employés pour les amener à démissionner et en profiter pour engager des personnes qui sont contre la syndicalisation. Ce serait pourquoi ils ne sont plus que quelques personnes derrière le comptoir et dans la cuisine. 

« L’employeur s’arrange pour garder ça low staff. Quand il y a moins d’employés sur le plancher, c’est plus long pour servir de la nourriture et ça met beaucoup de pression sur les employés. Ce qui fait qu’ils s’en vont. S’il y a une baisse du volume de vente, il y a aussi une baisse du nombre d’heures. Ils font tout pour écœurer nos membres. La déléguée syndicale s’est même fait lancer un burger par un client qui était insatisfait. On a une vidéo de ça. C’est assez troublant. »

Une telle stratégie s’est déjà vue par le passé. M. Bergeron-Cyr donne l’exemple de certains Couche-Tard où on lui a rapporté qu’il y avait du profilage dans le choix des nouveaux employés, ce qui a mené à la désyndicalisation de plusieurs dépanneurs.

Une demande d’entrevue acheminée au service des relations de presse de Burger King et de Redberry Investments est restée lettre morte.

David Bergeron-Cyr, président du Syndicat des employé-es de la restauration de la CSN.