« On ne fait pas juste les bonnes choses, on les fait de façon intelligente », estime le député libéral de Shefford, Pierre Breton.

Budget: les députés de la région sont partagés

Les députés libéraux de Shefford et de Brome-Missisquoi, Pierre Breton et Denis Paradis, sont plus que satisfaits du travail accompli par leur collègue, le ministre des Finances Bill Morneau. La représentante néo-démocrate de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy, parle pour sa part d’une amère déception.

M. Breton s’est dit « particulièrement fier » de ce troisième budget Morneau, qui met en place des « mesures concrètes » qui bénéficieront aux quelque 60 000 femmes de la circonscription de Shefford. « Ces mesures font en sorte que les Canadiennes auront une chance égale de réussir, a affirmé le député. En soutenant la présence des femmes sur le marché du travail et en leur permettant de gravir les échelons, nous contribuons à la croissance économique du Canada. »

Le député de Shefford affirme avoir investi beaucoup d’efforts pour permettre la bonification des budgets des agences de développement économique régionales, ce qui aura des répercussions plus que positives pour les entreprises de la circonscription.

« On ne fait pas juste les bonnes choses, on les fait de façon intelligente », note celui qui est aussi ravi de voir des « sommes sans précédent » investies pour préserver l’environnement.

La députée néo-démocrate de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy, a l’impression de «vivre le jour de la marmotte».

« Équilibré et progressiste »
« C’est un budget extrêmement bien équilibré et progressiste », a pour sa part commenté Denis Paradis.

« Une première bonne nouvelle, c’est l’enveloppe allouée pour protéger la diversité des espèces fauniques, la flore et l’environnement. Ça tombe en plein dans les caractéristiques de notre comté », allègue M. Paradis.

Le député se réjouit aussi de la généreuse enveloppe destinée à la recherche et au développement des technologies, une « excellente nouvelle » pour le parc scientifique de Bromont.

La bonification du financement du programme Emplois d’été Canada permettra à un plus grand nombre d’étudiants du pays, mais aussi de la circonscription, d’obtenir un emploi durant la période estivale, ajoute M. Paradis.

Quant au fait que les mesures sociales annoncées existent déjà au Québec, et qu’elles n’auront donc pas d’impact chez nous, tant M. Breton que M. Paradis félicitent Ottawa de s’être inspiré des initiatives à succès d’ici.

« Des belles intentions »
De son côté, Brigitte Sansoucy a l’impression de « vivre le jour de la marmotte ». « C’est le troisième budget auquel j’assiste, et c’est toujours la même chose. Beaucoup d’argent, un gros déficit, mais rien qui va bénéficier à mon comté. »

Dans un tweet envoyé tout juste avant le dépôt du budget, l’élue a énuméré ses espérances : « Régler le trou noir, augmenter les prestations de maladie et l’accessibilité à l’assurance-emploi, le supplément de revenu garanti automatique pour tous, l’abolition du tribunal de sécurité sociale et des infrastructures pour les régions ».

Malheureusement, a-t-elle fait savoir en entrevue à la sortie de la Chambre des communes, ses attentes ont été grandement déçues. Il n’y a rien pour les travailleurs saisonniers ni d’argent neuf pour l’agriculture ni de mesures pour améliorer l’offre en logement social, soutient Mme Sansoucy, qui milite pour une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Rien n’a été annoncé en prévision d’un éventuel abandon de l’ALÉNA et de l’entrée en vigueur de l’accord Canada-Europe. Pour le reste, « il s’agit beaucoup de recyclage d’annonces déjà faites », déplore-t-elle.

« C’est tellement plein de belles intentions, ajoute la députée, mais je suis incapable de trouver des retombées positives pour mon comté. »

« On parle beaucoup que la population est cynique face à la classe politique, relève Mme Sansoucy. Avec le dépôt de ce budget, il y a difficilement mieux pour augmenter ce cynisme. »

LE SOUCI DE L’INFORMATION LOCALE

L’aide annoncée de 50 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir la production d’information locale est une mesure qui permettra d’amoindrir la crise des médias, soulignent les députés.

L’indépendance de la presse sera respectée par la création d’organisations non gouvernementales chargées d’administrer les sommes. « On va quelque part où on n’a jamais été. C’est une bonne nouvelle », note le député libéral de Shefford, Pierre Breton.

Soulignant le travail effectué par sa collègue au Patrimoine, Mélanie Joly, Denis Paradis a plaidé pour une presse régionale en santé. « C’est important que les médias locaux traitent des enjeux locaux, car ce ne sont pas les médias nationaux qui vont le faire », dit-il. Le député de Brome-Missisquoi souhaite qu’une part de l’enveloppe soit allouée pour venir en aide aux médias qui se trouvent dans un milieu linguistique minoritaire.

Brigitte Sansoucy n’est toutefois pas convaincue des retombées de cette annonce, qu’elle juge insuffisante. « Le gouvernement répète qu’il sait qu’il y a une crise des médias. Mais leur mesure d’aide ne cible que les milieux où il n’y a pas d’information locale. S’ils ne font rien pour aider les médias qui sont en danger, il va y avoir de plus en plus de communautés qui ne seront plus desservies », entrevoit la néo-démocrate.