Trois des dix conseillers municipaux, soit Éric Duchesneau, Denyse Tremblay et Jean-Luc Nappert, ont utilisé le budget de recherche et de soutien auquel ils ont droit en 2018.

Budget de soutien des conseillers: le maire présente ses excuses

Le conseil municipal de Granby avait pris l’engagement l’an dernier de ne pas utiliser le budget de recherche et de soutien auquel il a droit, affirme le maire. Trois conseillers municipaux y ont cependant eu recours. Une situation pour laquelle Pascal Bonin a cru nécessaire de s’excuser aux citoyens.

« Il n’y a rien d’illégal à ça. Les frais de recherche, les conseillers y ont droit. Mais je m’étais engagé l’année dernière, comme porte-parole du conseil, à faire en sorte que le chiffre qui apparaît là soit 0. Et il n’est pas 0 », a laissé tomber le maire, lors de la dernière séance du conseil.

« En mon nom personnel, je tiens à m’excuser auprès de la population (...). Le reste, ça s’est dit en privé. Je ne veux pas laver mon linge sale. Je suis redevable à la population, surtout quand je promets quelque chose et que je ne livre pas », a-t-il ajouté.

C’est dans la foulée de la révision à la hausse de la rémunération des élus que Pascal Bonin avait formulé cet engagement l’an dernier.

Comme par le passé, c’est néanmoins de façon parcimonieuse que les conseillers municipaux ont utilisé le budget de recherche et de soutien qui leur est alloué. En 2018, ce sont 2097 $ qui ont été réclamés sur les 69 417 $ mis à leur disposition, soit 6941,70 $ pour chacun des conseillers. En fait, seuls trois des dix conseillers municipaux — Jean-Luc Nappert, Denyse Tremblay et Éric Duchesneau — ont utilisé ce budget, prévu par la Loi sur le traitement des élus municipaux du Québec.

Rien de plus

Les conseillers municipaux, et non le maire, peuvent puiser dans cette enveloppe pour se faire rembourser diverses dépenses liées à leur fonction d’élu, comme des frais d’abonnement et de branchement à Internet, de déplacement et de stationnement, ainsi que les coûts d’inscription à des activités-bénéfices, dîners-conférences et autres colloques. Les villes de plus de 20 000 habitants doivent prévoir un crédit égal ou supérieur à 1/15 de 1 % du total des autres crédits prévus au budget, selon le Guide administratif produit à l’intention des municipalités par le ministère des Affaires municipales.

À Granby, plus de la moitié des réclamations a été déposée par Éric Duchesneau. Il s’est fait rembourser 1137 $ pour ses frais de téléphone cellulaire et d’Internet. En réalité, estime le principal intéressé, cela ne coûte pas plus cher à la Ville puisque ces coûts sont aussi assumés pour ses collègues. Mais ils passent davantage inaperçus puisqu’ils sont inclus dans les frais d’administration généraux.

Éric Duchesneau dit faire cavalier seul sur ce point, car il préfère choisir lui-même son forfait Internet et cellulaire. Il estime également être « transparent » de cette façon. Dans les circonstances, il trouve d’ailleurs « exagérée » la réaction du maire. « Je comprends qu’il puisse être déçu. Mais je ne me sens pas coupable. Je n’ai rien de plus que les autres », dit-il.

Cynisme

Jean-Luc Nappert a pour sa part réclamé 682 $. Il s’agit de dépenses liées en bonne partie au conseil de quartier de son district, dont la location d’un autobus pour la visite annuelle des jardins et la mise en ligne d’un site Internet, qui n’est plus aujourd’hui actif. « Il y a un seul conseil de quartier dans la ville et c’est dans mon district. Quand ils font des activités, je me fais un peu le devoir, comme c’est le cas depuis des années, de les aider financièrement par l’entremise du budget qui m’est accordé », fait valoir M. Nappert.

Celui-ci rappelle s’être opposé à l’augmentation de salaire accordé aux élus. De ce fait, il estime ne s’être senti lié à aucun moment à la volonté exprimée par le maire au nom du conseil municipal.

La conseillère Denyse Tremblay a de son côté demandé un remboursement de 78 $ pour un déplacement à Sherbrooke dans le cadre des prix d’excellence des villes et villages en santé.

« Quand on dit aux gens que ça va être ça et que ça ne l’est pas, ça alimente le cynisme. Les citoyens détestent ça. (...) Ça me crée un méchant malaise. Même s’il n’y a rien d’illégal là-dedans. C’est juste que je crois qu’il y a une façon morale de faire les choses », a renchéri le maire Bonin mercredi.