Le restaurateur Luc Viens a lancé les travaux de construction de murs acoustiques pour atténuer le bruit émanant des spectacles extérieurs à l'arrière de son commerce.

Bruit au Bistro 633: une trêve entre les deux parties

Le litige concernant les spectacles extérieurs au Bistro 633 opposant le propriétaire du commerce du Vieux-Village à Bromont, Luc Viens, et un groupe de citoyens résidant à proximité de l'établissement est sur la glace. Alors que les deux parties entament une médiation, le restaurateur construit de nouvelles infrastructures pour atténuer le bruit qui émane de sa terrasse arrière.
Bien qu'il concède qu'une «certaine tension» était palpable entre lui et les plaignants lors de la première séance de médiation, tenue il y a quelques jours, Luc Viens estime que les deux parties ont fait «un pas en avant». «Ce n'est pas parfait, mais on s'est assis autour d'une table et on s'est parlé. Moi, je suis de bonne foi parce que je veux que les hostilités cessent, a-t-il indiqué. Ça n'a pas de sens de vivre avec un stress continuel. J'ai un commerce à faire tourner et je ne sais jamais si la police va débarquer pour me donner des contraventions. Je travaille pour diminuer le bruit [de la terrasse]. D'ici à ce que les travaux soient terminés, on m'a assuré qu'il n'y aurait plus de plaintes.»
En fait, le commerçant a ajouté en 2015 une terrasse à l'arrière de son établissement de la rue Shefford pour que des musiciens locaux s'y produisent durant la saison estivale. Il avait au préalable obtenu un permis de la Ville. 
Peu de temps après le lancement des spectacles extérieurs, des plaintes ont été enregistrées au service de police, principalement par les couples formés de Lise Gagné et André Côté ainsi que Florence Hupin et Christopher Heldt. 
Le restaurateur a reçu 13 constats d'infraction pour bruit excessif en quatre mois en 2016, totalisant près de 6000 $. Il affirme avoir écopé de quatre nouvelles contraventions au cours des dernières semaines. Il fait aussi face à une plainte à la Régie des alcools, qui pourrait avoir d'importantes répercussions sur les activités de l'établissement.
Ouverture
À l'instar de la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, le directeur général Éric Sévigny s'est dit optimiste que l'entrée en scène d'un médiateur dans le dossier, en l'occurrence un représentant de l'organisme Rues Principales, permette de dénouer l'impasse. 
«Plutôt que d'assister à une escalade, le médiateur a permis de calmer le jeu. La Ville n'était pas présente lors de la première séance, mais on m'a dit que les deux parties ont très bien collaboré. Des engagements ont été pris de part et d'autre, a-t-il mentionné. Tout le monde est en mode solutions.»
De fait, Luc Viens avait indiqué à La Voix de l'Est le 12 juin vouloir déposer une plainte pour harcèlement à l'endroit du groupe de citoyens par le biais de ses avocats. Il affirme avoir mis cette option de côté «pour le moment». «Je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu, a-t-il illustré. On va y aller une étape à la fois.»
C'est avec enthousiasme qu'André Côté, lui-même propriétaire d'un commerce à quelques pas du Bistro 633, entrevoit les pourparlers avec son voisin. «C'est une démarche qu'on aurait dû avoir il y a longtemps. J'ai trouvé ça très positif. [...] Luc pensait qu'on veut faire fermer son commerce. Ce n'est pas du tout le cas. Loin de là. Il a une belle clientèle. Là, il fait des travaux. On va lui donner la chance de les terminer et on verra après les résultats, a-t-il fait valoir. [...] Dans tout ça, on souhaite seulement retrouver notre quiétude comme citoyens.»
La construction de murs acoustiques, lancée la semaine dernière, se poursuivra à l'arrière du restaurant de la rue Shefford au cours des jours à venir. La Ville sera à la table de médiation lors de la prochaine rencontre, qui est à l'agenda le 5 juillet.