Le directeur des services techniques de Bromont, Steve Médou.

Bromont se retire du projet-pilote d'Écofixe

L'entreprise Technologies Écofixe, qui se spécialise dans le traitement des eaux usées, devra trouver un remplaçant à Bromont pour poursuivre son projet-pilote. Les élus ont entériné le retrait de la municipalité, lundi, lors de la séance du conseil.
Bromont faisait partie, avec Ascot Corner et Plessisville, du trio de localités ayant emboîté le pas à l'initiative environnementale de la compagnie lavalloise. Or, les coûts élevés de l'application du traitement biologique des eaux usées, jumelés à des contraintes techniques, ont plombé l'intérêt de Bromont d'opter pour ce procédé. 
«On a décidé d'embarquer dans le projet-pilote parce que c'est novateur et très prometteur. Et ce l'est toujours d'ailleurs. On voulait commencer à se préparer parce que la population s'accroît à Bromont, ce qui fera que la station d'épuration atteindra la limite de ses capacités un jour. Étant donné la somme élevée à payer et qu'on dispose encore d'une marge de manoeuvre pour le traitement des eaux usées, on pense que c'est mieux de ne pas aller de l'avant avec cette solution», a indiqué en entrevue le directeur des services techniques de la Ville, Steve Médou.
En fait, Bromont a entériné par voie de résolution en octobre 2015 une lettre d'intention concernant son intégration au projet-pilote. «Jusqu'ici, on n'a pas déboursé de sommes importantes, si ce n'est que du temps [d'employés municipaux] pour des rencontres, a précisé M. Médou. On a évalué nos besoins au cours de 2016 et on devait décider si on voulait continuer parce que le projet allait être lancé [concrètement] au printemps.» Une enveloppe de 550 000 $ avait été prévue en ce sens au programme triennal d'immobilisations, a confirmé la Ville.
Lors du traitement des eaux usées, des sédiments s'accumulent dans les bassins. C'est ce que l'on appelle les «boues». Pour accroître l'efficacité de ses étangs, Bromont envisage d'augmenter la fréquence de dragage des boues, jugée actuellement insuffisante, a souligné le directeur des services techniques. «Pour le moment, on veut mettre nos énergies sur la vidange des boues, a-t-il dit. On va donner un coup de barre pour maintenir un niveau optimal.» M. Médou ne ferme toutefois pas la porte à utiliser les produits de Technologies Écofixe ultérieurement.
Plan B
Appelée à commenter le retrait de Bromont du projet-pilote chapeauté par Écofixe, la présidente de la compagnie fondée en 2014, Marisol Labrecque, n'a pas caché sa déception. «On avait une très belle collaboration avec Bromont. [...] On a ciblé des municipalités qui ont une politique de développement durable qui se rapproche de nos valeurs comme jeune entreprise qui développe une nouvelle technologie, a-t-elle indiqué. C'est certain que Bromont avait été très proactive en voulant s'impliquer dans le projet. Ils ont été très transparents tout le long du processus. Leur retrait n'est pas une surprise. Ils ont des besoins en termes de réseau de traitement d'eau qui sont plus urgents.»
Le procédé élaboré par Écofixe mise sur le développement de biomasse dans les étangs, à l'aide de composantes biologiques, notamment l'apport de bactéries. Selon Mme Labrecque, cette technique permet des économies d'énergie de l'ordre de 20 % à 40 % comparativement aux dispositifs conventionnels, qui requièrent souvent l'aménagement d'autres bassins pour purifier l'eau. 
Une nouvelle municipalité serait déjà dans le collimateur pour prendre la relève de Bromont au sein du projet-pilote, a mentionné la dirigeante d'Écofixe. «Le traitement des eaux usées est un enjeu vraiment critique pour plusieurs municipalités du Québec. [...] On a fait notre travail comme entreprise pour trouver un plan B.»