Au fil du temps, les barrières à sédiments ont cédé à plusieurs endroits aux abords du terrain d’entraînement, provoquant l’envasement du milieu humide adjacent.

Bromont lance les travaux de réhabilitation d'un milieu humide

Le dossier concernant l’érosion marquée d’un terrain d’entraînement équestre, aménagé sans permis sur une portion du vaste site olympique appartenant à Bromont, semble en voie de se régler.

Les élus ont approuvé mardi, lors de la séance du conseil, un budget de 14 000 $ pour la réalisation des travaux par la municipalité. Cette somme proviendra du surplus accumulé non affecté et servira à l’achat des matériaux.

Le 26 mai dernier, des citoyens avaient tiré la sonnette d’alarme. Jean-Pierre Domec est du nombre. « Ça prend du front pour saboter la nature sur un site qui ne nous appartient pas. Et c’est encore plus déplorable quand on voit que les travaux réalisés illégalement menacent la seule petite portion de milieu humide qui reste. On ne peut pas tolérer ça », avait-il lancé en entrevue.

La Voix de l’Est s’était rendu sur les lieux. À plusieurs endroits, la terre, le sable et les nombreux sédiments avaient envahi le milieu humide adjacent en raison de l’érosion. Des barrières, qui sont en fait des toiles géotextiles temporaires, avaient été érigées aux extrémités du terrain en 2017, a précisé le directeur général de Bromont, Éric Sévigny. Or, les travaux initiaux ont été réalisés par la Société d’agriculture du comté de Shefford (SACS) l’année précédente, sans l’aval de la municipalité. « Un avis de non-conformité a été envoyé à la SACS le 29 juin 2016 pour avoir procédé à du remblai en marais et avoir aménagé un ouvrage de rétention de l’eau dans deux cours d’eau sans avoir obtenu préalablement le certificat requis en vertu de l’article 22 de la Loi sur la qualité de l’environnement », a confirmé Daniel Messier, de la direction des communications au ministère de l’Environnement.

De son côté, Bromont attendait le feu vert de Québec pour réhabiliter le site. Le Ministère a donné son aval le 29 mai. La Ville avait au préalable mandaté Axio Environnement pour évaluer les travaux à faire. La firme a produit son rapport le 26 février concernant la « Restauration d’un milieu humide et mesures de contrôle de l’érosion » sur « l’aire de longe du Parc équestre ». Les travaux doivent commencer ce jeudi, a indiqué Éric Sévigny.

Responsabilité
Outre le montant accordé par Bromont pour réhabiliter le terrain, le sujet a soulevé quelques questions lors de la récente séance du conseil. « Il me semble que ce n’est pas aux citoyens de Bromont de payer pour les erreurs de la SACS », a fait valoir Michelle Champagne. « Vous avez raison », a répondu le maire suppléant, Réal Brunelle. « On fera les travaux. On va envoyer la facture [à la SACS]. Et il y en aura quelques autres en même temps. On s’attend qu’éventuellement, il y ait une entente avec [l’organisation] pour payer les comptes en souffrance », a-t-il renchéri.

« Comment la Ville fera-t-elle pour contrôler ce qui se passe sur son terrain [dont la gestion et l’entretien sont désormais assurés par Cheval Québec] ? Autant au niveau de l’abattage d’arbres que de l’aménagement des bandes riveraines », a poursuivi Mme Champagne. « On travaille pour trouver une solution pour régler le problème de gestion de nos terrains de façon durable », a indiqué le DG de Bromont.