Selon les données des décrets de population, celle de Bromont a cru annuellement de près de 350 nouveaux citoyens au cours des trois dernières années, atteignant officiellement à ce jour 10 167 personnes.

Bromont franchit le cap des 10 000 habitants: une croissance à gérer

Au cours de la dernière décennie, la population de Bromont a connu une hausse fulgurante, franchissant récemment le cap des 10 000 citoyens. À ce rythme, la cible du plan d’urbanisme, qui prévoit l’ajout de 3000 portes en 15 ans, pourrait être largement dépassée. Gérer cette croissance constitue donc un défi de taille.

« Il n’y a plus d’équivoque. On n’est plus un village, a lancé en entrevue le maire, Louis Villeneuve. D’un autre côté, il faut rester très vigilants. Avoir 10 000 habitants, ça veut dire plus de services et plus de pression sur les infrastructures. »

Selon les données des décrets de population, celle de Bromont a cru annuellement de près de 350 nouveaux citoyens au cours des trois dernières années, atteignant officiellement à ce jour 10 167 personnes. Globalement, la valeur foncière du parc immobilier de Bromont est en hausse de 8,1 %, totalisant plus de 2,3 milliards en 2020, soit bien au-delà des projections.

On voit ici une image aérienne de Bromont (orthophoto) datant de 1950. Les quelques résidences à l’époque étaient regroupées près de la rue Shefford.
Cette image aérienne de 2019 démontre la croissance exponentielle du nombre d’immeubles sur le territoire de Bromont

« On a pris trois ans et quatre consultations publiques pour accoucher de notre plan d’urbanisme. On a des cibles claires. Aujourd’hui, on est à 35 % de l’objectif en terme de permis émis. C’est un signal que Bromont croît très rapidement et on doit en tenir compte. On a une belle qualité de vie et on veut la conserver en gérant notre développement. Les décisions que l’on prend maintenant auront des répercussions dans 30 à 40 ans », a indiqué Louis Villeneuve.

Solutions

Trouver le juste équilibre pour assurer la croissance de Bromont est plus complexe qu’il n’y paraît, a mentionné le directeur général de la Ville, Éric Sévigny. Le ressac est toutefois bien tangible, notamment lorsque vient le temps de suivre la cadence de la demande de services municipaux.

Pour éviter de piger davantage dans les poches des contribuables, Bromont préconise entre autres l’attraction de nouvelles entreprises. À ce chapitre, un des projets phares pour 2020 consiste à injecter 2,75 millions $ pour desservir 9 millions de pieds carrés de terrains industriels inoccupés appartenant à la Ville.

En ce qui concerne les projets domiciliaires, pas de moratoire en vue à moyen terme. On devra toutefois mettre la pédale douce. « On va travailler avec les développeurs. Ce ne sont pas nos ennemis. Au contraire. On doit s’asseoir et déterminer les moyens pour respecter notre plan d’urbanisme. Il y a certainement un moyen de gérer le nombre de permis qu’on va octroyer par année », a fait valoir le maire.

D’ailleurs, plusieurs projets résidentiels sont actuellement sur la glace, a souligné Éric Sévigny. « Il y a des projets domiciliaires qui, présentement, ne peuvent pas aller de l’avant en raison de la capacité du réseau d’égout sanitaire et de l’aqueduc. Il y a des besoins de surdimensionnement de conduites, a-t-il dit. Mais, on ne peut pas tout faire du jour au lendemain en investissant 20 millions $ en infrastructures en un an, alors qu’on a un budget global de 30 millions $. »

Transport

L’accroissement de la population est en corrélation directe avec celui de l’achalandage sur les routes. De fait, le réseau est déjà fortement sollicité, voire saturé en plusieurs endroits à Bromont lors des périodes de pointe.

Afin de désengorger ces voies de circulation, tout en réduisant l’empreinte écologique de la communauté, un projet de transport collectif chemine. Un premier pas a été franchi en 2018 vers un service global dans l’ensemble du territoire.

Les promoteurs du projet domiciliaire Destination le B, Stéphane Caumartin et son associé Patrick Boulanger, ont en effet lancé Locomotion Bromont, un service de navette principalement dédié aux résidants de copropriétés, afin de les transporter vers la montagne.

Classement

Bon an mal an, Bromont figure presque toujours en queue de peloton du palmarès de l’École des hautes études commerciales (HEC) sur le coût des services municipaux. L’écart avec les autres municipalités de son groupe de référence (5000 à 9999 habitants) s’explique en grande partie par le fait qu’elle a son propre corps policier.

« On a les mêmes obligations qu’une ville de 10 0000 habitants », a indiqué le DG. Or, Bromont devrait être avantagée lors du prochain classement des HEC, estime Louis Villeneuve, car elle fait désormais partie du groupe supérieur.