Tous les « chefs de mission », émanant de l’ensemble des services municipaux, sont demeurés sur le qui-vive durant la récente simulation des mesures d’urgence.

Bromont en action

Qu’il s’agisse d’un carambolage sur l’autoroute, de la contamination de sa source d’eau potable ou d’une panne électrique généralisée, la municipalité de Bromont est prête à intervenir. En ce sens, toute l’équipe de la Ville a récemment pu tester son plan d’action des mesures d’urgence dans le cadre d’une simulation à grand déploiement.

La directrice des communications de Bromont, Catherine Page, reçoit un texto. Il est 6 h 45. La situation est critique et une trentaine d’employés municipaux liés au plan d’urgence doivent converger vers l’hôtel de ville, où le poste de commandement doit être mis en place dans les minutes qui suivent. « J’ai pris ça très au sérieux. Pas question de faire une [erreur majeure]. C’est simple, j’ai tout mis de côté. Je courais. J’ai mis ma brosse à dents dans ma sacoche et je suis partie immédiatement. L’adrénaline était au maximum. Je ne savais pas ce qui nous attendait. J’ai eu l’impression qu’on a pris cinq heures de ma vie condensée en une heure et demie », a-t-elle confié.

En fait, Bromont avait un plan d’intervention de mesures d’urgence. Le cafouillage de l’autoroute 13, ayant fait en sorte que des centaines de personnes sont restées coincées pendant plus de 12 heures dans leur véhicule pendant une tempête en mars 2017, a toutefois sonné une cloche. « Clairement, ça a été un fiasco [sur le plan logistique]. Il y a des gens qui n’étaient pas sur le qui-vive. [...] On a réagi rapidement en faisant appel à une consultante spécialisée [en sécurité civile]. Et en quelques mois, on a beaucoup évolué », a mentionné Catherine Page. Aucune municipalité n’est à l’abri. « Les risques sont bien réels », a-t-elle ajouté, citant en exemples plusieurs tragiques événements survenus sur le territoire de Bromont. Notamment le décès du policier Vincent Roy en 2011, happé par un camion lors d’une intervention de routine sur la route 139, les épisodes de verglas ainsi que le début d’incendie à la centrale de traitement des eaux en décembre 2016.

Branle-bas
Ainsi, de concert avec la firme Priorité StraTJ, Bromont a élargi son champ d’action et a défini précisément les tâches des employés dans chaque service municipal, question de repousser toute forme d’improvisation en cas d’intervention. « Mais on a beau avoir un plan des mesures d’urgence bien établi, encore faut-il être capable de le mettre en pratique », a indiqué le directeur général de Bromont, Éric Sévigny. En ce sens, une formation plus avancée des élus a aussi eu lieu il y a près d’un mois.

Afin de tester les réflexes de l’équipe de la Ville en cas d’urgence, la présidente de Priorité StraTJ, Josée Boudreault, a sonné l’alerte sans avertissement. En quelques minutes, tout le monde était mobilisé et prêt à passer en « mode solution ». « On a eu un scénario évolutif. C’est-à-dire qu’on a commencé avec peu de détails. L’information entrait au compte-goutte. Il fallait constamment faire un tour de table avec les chefs de mission dans le poste de commandement pour arriver à prendre les bonnes décisions, poser les bons gestes et solliciter de l’aide au bon endroit », a résumé Éric Sévigny.

En fait, le scénario se déroulait le 6 décembre. Un incendie s’était déclaré dans la station de traitement d’eau potable. À cela s’ajoutait un accident avec déversement de produits chimiques ainsi qu’une panne d’électricité généralisée. Tous ces événements étaient jumelés à une chute de température, passant du point de congélation à -17 degrés Celsius en quelques heures.

La technologie a également joué un rôle important dans l’efficacité des « responsables de mission ». En effet, la Ville dispose désormais d’une application pour appareils mobiles donnant accès à l’ensemble des données du plan d’intervention en un instant, modifiées en temps réel. On y retrouve notamment les coordonnées des ressources externes à contacter ainsi que différentes cartes spécifiques.

La Ville dresse donc un bilan « très positif » de l’exercice. « On s’est rendu compte du professionnalisme de l’équipe qui, somme toute, a gardé son sang-froid », a fait valoir le DG. Or, pas question de s’asseoir sur ses lauriers. « Il y a des choses à peaufiner, c’est clair. On va faire au moins une simulation par année, a précisé Éric Sévigny. Tout le monde à l’interne va devoir bonifier les outils à sa disposition. »