On voit ici le cofondateur de Spectopolis, Jean-François Arsenault, lors de la présentation publique du projet à Bromont.

Bromont dit non au projet de place des festivals de Spectopolis

Le projet de faire de Bromont la mecque des festivals au Québec ne verra pas le jour. Après avoir étudié le dossier présenté par les promoteurs de Spectopolis, les élus ont décidé de ne pas donner leur aval à l’initiative, dont le déploiement était prévu à proximité de l’autoroute 10 l’automne prochain.

À la demande de la Ville, le projet avait été dévoilé à la population à la fin novembre. Or, les élus ne sont pas sortis rassurés de cette rencontre, entre autres en ce qui concerne l’acceptabilité sociale d’une telle initiative, a indiqué le maire de Bromont, Louis Villeneuve. « Au départ, on parlait d’une dizaine de festivals. Mais en fait, il était question de 126 événements par année, ce qui amènerait des dizaines de milliers de personnes, alors que la population de Bromont est d’environ 10 000 citoyens. L’impact d’accueillir autant de gens sur près de 100 jours est majeur », a-t-il fait valoir.

Selon ce dernier, le contrôle du bruit, des « débordements » et des retombées sur la circulation a laissé plusieurs questions en suspens. Le choix des élus a été fait en toute liberté, souligne le maire : « Les pressions de certaines personnes qui se sont braquées contre le projet n’ont aucunement joué un rôle dans la décision de la Ville. »

D’ailleurs, Louis Villeneuve a réitéré sa déception à propos du comportement de certains citoyens, qu’il avait notamment dû rappeler à l’ordre lors de la rencontre publique à l’hôtel de ville. « Dans cette démarche avec les promoteurs, j’ai été gêné comme Bromontois, à certains moments de la présentation du projet, par des citoyens présents. On a eu droit à des commentaires totalement inacceptables. On se fait un devoir d’être le plus transparent possible avec les citoyens en faisant des séances d’information et des consultations publiques. Je m’attends à davantage de civisme envers ceux qui viennent nous présenter des projets. »

Spectopolis fait sa marque dans le monde événementiel depuis 2012. L’entreprise a entre autres lancé Thématika à Chambly, Montréal Country, l’Estrie d’rire et Symphonique Bromont. Le projet qui était dans les cartons pour Bromont, estimé à « plusieurs dizaines de millions de dollars », consistait à rapatrier tous les événements de la compagnie sur le vaste site pouvant accueillir 10 000 personnes à proximité de la sortie 78 de l’autoroute 10. On y tenait jusqu’à tout récemment un « marché aux puces ».

La construction d’infrastructures permanentes, notamment une imposante scène ainsi que le siège social de Spectopolis, était prévue pour le printemps afin de lancer la programmation dès l’automne 2019.

Les promoteurs, Jean-François Arsenault et François Paré, évaluaient à près de 5 M$ les retombées économiques de l’initiative dans la région. De plus, le quartier général de l’entreprise devait employer 25 personnes à temps complet et une centaine d’autres de façon ponctuelle pour tenir chacun des événements.

« Essence de la ville » dénaturée

M. Arsenault ne cachait pas sa déception concernant le dénouement du dossier, sa lecture de l’acceptabilité du projet étant divergente de celle de la Ville. « Depuis le début, on a eu plusieurs discussions avec [les élus] et tout le monde semblait très enthousiaste. [...] On nous avait dit qu’on était réconfortés par les études faites au niveau de la circulation et sur le plan sonore. Au final, on nous a donné comme raison, notamment, le fait que le site permettait d’accueillir 10 000 personnes lors des festivals et que ça dénaturait l’essence de la ville », a mentionné l’homme d’affaires.

Les deux promoteurs gardent toutefois le cap avec leur projet. Selon M. Arsenault, des pourparlers sont en cours avec d’autres municipalités. Il n’a toutefois pas voulu s’avancer davantage à ce sujet. La région des Cantons-de-l’Est demeure parmi les secteurs de choix pour enraciner Spectopolis. Le cofondateur de l’entreprise a évoqué que le projet pourrait voir le jour en 2020.


« Il était question de 126 événements par année, ce qui amènerait des dizaines de milliers de personnes, alors que la population de Bromont est d’environ 10 000 citoyens. L’impact d’accueillir autant de gens sur près de 100 jours est majeur. »
Louis Villeneuve, maire de Bromont