Joany Brodeur et Martin Vallée, copropriétaires de l’Huilerie l’Arôme des champs, spécialisée dans la culture et la transformation de tournesols bio, ont été sondés pour l’élaboration du portrait de l’agroalimentaire et de l’agrotourisme à Bromont.

Bromont: des pistes de mise en valeur pour l'agriculture et l'agrotourisme

Des élus de Bromont ont sondé l’automne dernier des agriculteurs de leur territoire, en partenariat avec des représentants du CLD Brome-Missisquoi. De ces rencontres a émané un portrait de ce secteur d’activité en effervescence. Une série d’actions doit être orchestrée au cours des mois à venir pour valoriser encore davantage ce créneau.

Trois conseillers municipaux de Bromont, soit Claire Mailhot, Réal Brunelle et Marc-Édouard Larose, ont fait une tournée des agriculteurs et des gens qui gravitent autour de l’agrotourisme. Une quinzaine de rencontres ont eu lieu en juillet et août.

« La MRC Brome-Missisquoi est la région numéro un au Québec en agroalimentaire. On voulait prendre le pouls des agriculteurs d’ici pour voir si Bromont fait partie de cette mouvance. On pensait que ce n’était pas le cas, mais on a eu une belle surprise », a indiqué en entrevue Claire Mailhot.

En fait, le territoire de Bromont est constitué à 45 % de terres agricoles. On y retrouve une quarantaine de producteurs. Parmi les 15 personnes sondées, « cinq d’entre eux possèdent moins de 50 acres, trois producteurs détiennent entre 50 et 100 acres de terre, quatre autres possèdent entre 100 et 200 acres de terres et trois producteurs détiennent plus de 200 acres de terre. La proportion des terres occupées par la production dépasse le 50 % pour une modeste majorité des répondants », peut-on lire dans le rapport de la coopérative Niska, qui a colligé les données.

Diversification

Les produits biologiques, très diversifiés, sont majoritaires sur le territoire bromontois. « La principale production est destinée à l’alimentation humaine pour 75 % des répondants. Pour 18,75 % d’entre eux, leur terre était non active », mentionne-t-on dans le rapport.

On retrouve notamment des éleveurs de wapitis, d’alpagas (pour la laine) et de poulet bio. On dénombre également des producteurs de lait de vache Guernsey, de légumes bio (60 variétés), de petits fruits, d’huile de tournesol bio et d’huiles essentielles.

« Il y a un dynamisme incroyable. On voit un mouvement de retour vers la terre chez les jeunes et les familles. C’est vraiment fantastique. Juste au cours de la dernière année, trois nouveaux kiosques ont ouvert à Bromont. On a vraiment des perles », a fait valoir Claire Mailhot.

Obstacles

Lors des rencontres avec les élus, les agriculteurs ont évoqué plusieurs freins à l’essor de leur entreprise. Le principal obstacle concerne la réglementation. La mise en marché et la promotion viennent au second rang.

« Les conditions du marché apparaissent comme la principale cause d’abandon de projet chez les répondants. Le prix conditionné par l’offre et la demande n’est parfois pas favorable à la production, puisqu’il limite la rentabilité potentielle », souligne-t-on dans le compte-rendu de Niska.

Le financement est aussi évoqué par plusieurs répondants dans la colonne des « difficultés fréquemment rencontrées ». La pénurie de main-d’œuvre pèse également lourd dans la balance.

Actions

Plusieurs pistes ont été soulevées par les agriculteurs sondés pour « faciliter la mise en œuvre de projets ». L’une d’elles concerne le lancement d’un circuit agrotouristique, notamment pour « favoriser davantage l’achat local ».

Une autre solution consiste à mettre en place des activités et plateformes de réseautage entre les producteurs. Les agriculteurs ont aussi mentionné qu’il serait souhaitable de « développer plus de liens avec la Ville, la MRC et le CLD, notamment pour avoir plus d’information et un meilleur accès aux formations. »

Il a aussi été question de « prévoir des baux de location de terres à plus longue durée pour mieux soutenir les producteurs biologiques. »

Des représentants de la municipalité et du CLD doivent rencontrer les producteurs d’ici la fin février pour orchestrer un plan d’action,qui s’articulera autour de quatre axes : le réseautage, les communications et la mise en valeur, l’inventaire des actifs puis le développement des entreprises.