Le directeur des finances et de l'administration de Bromont puis directeur général intérimaire, Richard Joyal, a évoqué un certain retour du balancier pour les commerçants.

Bromont: baisse de taxes pour 75 % des commerces

Alors que le compte de taxes des résidents de Bromont subira une hausse moyenne de 4 % en 2017, les trois quarts des commerçants verront la facture diminuer.
La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, et le directeur général intérimaire, Richard Joyal, au moment de la présentation du budget. Le compte de taxes des Bromontois subira une hausse moyenne de 4 % en 2017.
«Cette année, on s'est dit qu'on voulait alléger quelque peu le fardeau des commerces et des industries, a indiqué en point de presse lundi la mairesse Pauline Quinlan. [...] On le fait parce qu'on pense que ces entreprises vont réinvestir localement. Ça nous permet aussi de consolider tout notre volet résidentiel.»
De son côté, le directeur des finances et de l'administration de Bromont puis directeur général intérimaire, Richard Joyal, a évoqué un certain retour du balancier pour les commerçants. «Au cours des dernières années, les taux de taxes des commerces et des industries avaient moins diminué, a-t-il concédé. [...] On essaie donc de rééquilibrer l'équité fiscale entre les différentes catégories. »
Ainsi, les taux de taxation des commerces et des industries passeront respectivement de 1,87 $ à 1,79 $ puis de 2,43 $ à 2,33 $ par 100 $ d'évaluation. La valeur foncière moyenne des immeubles commerciaux grimpera de 2,1 %, pour atteindre 1,2 M $. La facture globale de ceux-ci avoisinera alors 21 500 $, en hausse de 2,1 %. Selon les données fournies par la Ville, 75 % des propriétaires de ces entreprises débourseront moins qu'en 2016. Dix-neuf pour cent des gens d'affaires dans cette sphère paieront entre 0 $ et 1000 $ de plus.
Résidentiel
Le taux de taxation résidentiel a été fixé à 0,76 $ par 100 $ d'évaluation, une infime baisse d'un cent comparativement aux trois dernières années. Cette diminution est aussi de mise pour les immeubles de six logements et plus, les terrains vagues desservis et dans le secteur agricole, dont les indices de taxation s'établissent respectivement à 0,79 $, 1,06 $ et 0,76 $. 
Ainsi, les propriétaires de maisons de valeur moyenne (343 225 $) devront débourser 3237 $ (avec services), soit 125 $ de plus. Il s'agit d'une hausse de 4 % relativement à 2016. Soulignons que 80 % des demeures de Bromont sont desservies. Quant aux citoyens habitant dans les secteurs non desservis, à valeur foncière égale, ils devront payer 2824 $, un accroissement de 109 $. La municipalité prévoit que 42 % des propriétaires d'immeubles résidentiels auront une augmentation de leur compte de taxes pouvant atteindre 100 $, alors que 16,1 % verront la facture diminuer.
La tarification des services demeurera presque au beau fixe : seule la facture pour l'écocentre diminuera d'un dollar, alors que celle de l'eau, de l'épuration, et des matières résiduelles demeure la même. 
Rappelons qu'au cours des 15 dernières années, la valeur foncière globale du parc immobilier de Bromont est passée de près de 400 millions à plus de deux milliards, soit la plus élevée de la MRC de Brome-Missisquoi. 
Dépenses
En 2017, la Ville prévoit un accroissement d'environ 2 % de son budget de fonctionnement, qui devrait totaliser près de 23,5 M $. Le service de police coûtera près de 4 M $, une augmentation de 4,34 %. Le montant alloué au service des incendies sera haussé de 11,71 %, pour atteindre 1,5 M $. Quant aux dépenses d'administration, elles franchiront le cap de 3 M $, en croissance de 11,05 %.
Sur un budget global de 27,4 M $, 17,61 % de ce montant sera destiné au remboursement de la dette, soit 4,8 M $. L'endettement net à long terme devrait atteindre 52,5 M $ au terme du prochain exercice financier.
C2MI
Un dossier pendant depuis 2013 avec le ministère des Affaires municipales pourrait brouiller les cartes au chapitre des finances de la Ville. Le différend concerne des compensations tenant lieu de taxes pour l'immeuble abritant le Centre de collaboration MiQro Innovation (C2MI). Bromont avait octroyé un congé de taxes de 10 ans au C2MI, qui a pignon sur rue depuis 2011 dans le parc scientifique. Or, Québec conteste la légitimité de ces remboursements étant donné le flou entourant le détenteur officiel du bâtiment. De son côté, la Ville soutient que celui-ci est une propriété de l'Université de Sherbrooke, alors que Québec prétend qu'il relève du domaine privé. La demande de révision d'évaluation foncière pourrait se traduire pour Bromont en une facture salée, estimée à plus de 2 M $.
«On est en attente, a fait valoir M. Joyal. On devait avoir des auditions au Tribunal [administratif] du Québec au début du mois de novembre. Mais avec la grève des avocats au gouvernement, ça a été remis au mois mars.»
«L'effort n'est pas suffisant»
Le propriétaire de Camping vacances Bromont, Jacques Lussier, a fait une sortie en règle, lors de la séance du conseil de novembre, pour inciter la Ville à donner davantage d'oxygène aux commerçants. L'homme d'affaires a par ailleurs déposé une lettre en ce sens durant la période de questions de la rencontre. Le budget que vient de dévoiler la municipalité ne l'enchante pas du tout. «Avec le surplus que la Ville a dans ses coffres, on aurait pu permettre aux commerçants de souffler un peu. Mais l'effort n'est pas suffisant», a-t-il indiqué, précisant qu'il s'attendait « au minimum » à une diminution du taux de taxation de 0,25 $ par 100 $ d'évaluation, plutôt que la baisse de 0,08 $ prévue pour 2017. «Je ne suis pas surpris, a renchéri M. Lussier. Mais je suis déçu.»
Immobilisations
La réfection de nombreuses infrastructures routières est prévue en 2017, notamment les chemins de Lotbinière et des Carrières. D'ailleurs, le programme triennal d'immobilisations prévoit des investissements avoisinant 2,4 M$ en travaux publics. Une somme de 1,1 M$ sera consentie au service des incendies, notamment pour l'achat d'un nouveau camion-échelle au cours de la prochaine année. Ce montant sera aussi destiné à une étude de faisabilité pour la construction d'une nouvelle caserne en 2018, a précisé le directeur des finances et de l'administration de Bromont puis directeur général intérimaire, Richard Joyal. Une enveloppe d'environ 4 M$ a été prévue en ce sens. De plus, deux nouveaux terrains de tennis devraient être ajoutés au Campus Germain-Désourdy d'ici la fin de l'exercice financier à venir et plus de 600 000 $ seront injectés dans le projet de place publique, rue Shefford.