Brome-Missisquoi «a les reins assez solides» pour se permettre d’expérimenter le salaire minimum à 15 $ de l’heure, estime le candidat de Québec solidaire Alexandre Legault.

Brome-Missisquoi: Un laboratoire du salaire minimum à 15 $/h

Le candidat de Québec solidaire Alexandre Legault veut faire de Brome-Missisquoi un laboratoire pour expérimenter le salaire minimum à 15 $ de l’heure.

S’il est élu, l’homme de 23 ans mettra sur pied des incitatifs pour que les entreprises qui le souhaitent offrent ce salaire. Un registre des emplois disponibles accessible via internet permettra aussi de mieux renseigner les chercheurs d’emploi.

« Une façon de dire : venez travailler ici, a déclaré M. Legault en point de presse à son local électoral de Cowansville, vendredi. Ça va attirer des gens dans la région. »

Il y a une « ouverture » à cette mesure dans Brome-Missisquoi, dit-il, et c’est une région « qui a les reins assez solides » pour se la permettre, ayant un indice de vitalité économique positif. 

De plus, un salaire minimum à 15 $ de l’heure remplacerait les milliers de dollars que des entreprises comme Knowlton Development Corporation dépensent déjà pour faire venir des employés de la métropole, à cause du manque de main-d’œuvre.

« Comparativement au transport de main-d’œuvre, c’est pas une grosse dépense », dit M. Legault, qui s’exprimait devant une affiche indiquant « 15 $ c’est un minimum ».

Le Québec tout entier est prêt pour le salaire minimum à 15 $ de l’heure (il est présentement de 12 $), précise le solidaire, un engagement cher au parti. « C’est une mesure réaliste. On peut le faire et on le mérite. Il y a une multitude d’exemples en Amérique du Nord où on l’a fait, comme en Ontario, et ça a fonctionné. » (NDLR : Il est présentement à 14 $ de l’heure en Ontario, et passera à 15 $ en janvier prochain.) 

Cinéma, glissades d’eau

Les bénéfices d’une telle augmentation surpassent les désavantages, dit-il. « Une hausse augmente la consommation. Des milliers de personnes vont se permettre d’aller au cinéma ou aux glissades d’eau de Bromont. C’est bon pour tout le monde, autant les salariés que les entreprises et l’État, et ça va dynamiser notre développement général. » Cette mesure pousserait aussi les autres salaires vers le haut.

M. Legault rappelle qu’à l’heure actuelle, 830 000 Québécois travaillent au salaire minimum, ce qui leur rapporte un revenu annuel de 24 500 $ pour un emploi à temps plein. « Pas assez pour se maintenir au-dessus du seuil de la pauvreté », rappelle le candidat. Et cette pauvreté coûte cher à l’État en soins de santé physique et mentale. 

À l’échelle de la province, cet engagement représente un investissement annuel de 100 M$ pour appuyer les entreprises, selon Québec solidaire. A-t-on les moyens de se payer toutes les promesses de ce parti, souvent qualifiées d’irréalisables? Alexandre Legault en est convaincu.

« On a un cadre financier qui tient bien la route. Oui, on va dépenser beaucoup, mais on va dégager d’énormes revenus, entre autres en réformant les paliers d’imposition, en produisant nous-mêmes nos médicaments et en augmentant le salaire minimum. Ça va augmenter nos revenus de plusieurs milliards par année. Il y en a de l’argent, il faut juste aller la chercher. »