La MRC pourra se brancher à Internet haute vitesse grâce à une subvention de 20,5 M $.

Brome-Missisquoi entre dans le 21e siècle

L’ensemble des résidants de la MRC Brome-Missisquoi­ pourra avoir accès à Internet haute vitesse d’ici trois à quatre ans. Son projet de 27,6 millions de dollars pour amener la fibre optique dans ses secteurs les plus isolés se réalisera grâce à des subventions de 20,5 millions de dollars des gouvernements supérieurs.

« Ça va faire entrer Brome-­Missisquoi dans le 21e siècle pour vrai », a illustré Sylvie Dionne-Raymond­, mairesse d’East Farnham­ et préfet de la MRC. « C’est une révolution technologique pour nos communautés », a-t-elle affirmé lors de l’annonce lundi matin dans la salle du conseil des maires.

Le plan de déploiement, élaboré par Internet haute vitesse rurale (IHVR), permettra à 6407 maisons, 1250 entreprises et commerces et 750 fermes de se brancher à un réseau filaire pour avoir accès à un service Internet d’une vitesse minimale de 25 mégabits par seconde. Ce sont près de 1400 kilomètres de route qui seront desservis.

IHRV fournira les 7 millions de dollars nécessaires pour compléter le financement du projet. L’organisme sans but lucratif calcule pouvoir se rembourser avec les abonnements proposés aux futurs utilisateurs du réseau. En plus de ses propres forfaits, la compagnie ouvrira son réseau à ses concurrents.

Des demandes d’autorisation pour passer le réseau de fibre optique sur les poteaux de Bell et d’Hydro-Québec seront déposées dans les prochaines semaines. « Notre ambition est qu’à l’été 2018, le premier immeuble soit branché », a indiqué Robert Desmarais, directeur­ général de la MRC. 

Sur la planche depuis 2012

La MRC en collaboration avec IHVR planche depuis 2012 sur différents projets pour trouver une solution au manque d’accès à Internet haute vitesse sur son territoire. Plusieurs résidants, commerçants, industriels et agriculteurs dans des secteurs isolés éprouvent des problèmes à obtenir un service fiable et à un coût raisonnable. Cet obstacle s’avère un frein à l’arrivée de jeunes familles dans la région et nuit au développement économique­ des municipalités.

Le député fédéral de Brome-­Missisquoi Denis Paradis et le ministre délégué au Dévelop­pement économique régional du Québec­ Stéphane Billette ont tous deux qualifié Internet à haute vitesse de service essentiel.

« À une autre époque, les gens s’établissaient près de l’église, de l’école. Maintenant, ce que les jeunes familles se demandent quand elles cherchent où s’établir, c’est : “Est-ce qu’il y a Internet haute vitesse ? ” », a dit M. Billette. « C’est essentiel pour le développement de nos régions, pour une occupation­ dynamique de notre territoire. »

Citoyens de seconde classe

Il s’agit d’un enjeu crucial dans plusieurs régions du Québec, même celles à proximité des grands centres, soutient M. Paradis. « On en parle beaucoup dans notre caucus des régions. C’est important. Mais des gens parlent de régions éloignées. On est à une heure du pont Champlain­, mais on n’a pas accès partout à un service haute vitesse. On ne peut pas accepter ça. Nos citoyens ne sont pas des citoyens de seconde classe. On a mis beaucoup de pression pour obtenir­ cette subvention. »

Le gouvernement québécois verse une subvention de 12 442 267 $ au projet dans le cadre de son programme Québec branché doté d’un budget de 100 millions de dollars. La subvention fédérale s’élève à 8 115 781 $. Son programme Brancher­ pour innover dispose d’un budget de 180 millions de dollars.

Un total de 250 projets a été déposé pour obtenir des subsides. Les autorités en ont sélectionné 80. Québec injectera 300 millions de dollars dans son programme d’ici les cinq prochaines années, a dit le ministre Billette.

L’un des instigateurs du projet est Réal Pelletier. M. Paradis a tenu à rendre hommage à l’ancien maire de Saint-Armand décédé en juin. « Il a toujours cru en ce projet et il ne m’a pas lâché pour qu’on le réalise », a-t-il dit.

Pour souligner le dévouement de M. Pelletier pour sa communauté, le député a remis une plaque à sa veuve, Connie Stippler.

« On est à une heure du pont Champlain­, mais on n’a pas accès partout à un service haute vitesse. On ne peut pas accepter ça. Nos citoyens ne sont pas des citoyens de seconde classe », a rappelé le député fédéral de Brome­Missisquoi, Denis Paradis.

Pressions sur Bell

Bell devra démontrer de la bonne foi pour que le déploiement du réseau de fibre optique dans la MRC Brome-Missisquoi se fasse rondement.

C’est le message lancé lundi par Denis Paradis. Le député fédéral de Brome-Missisquoi espère que la multinationale donnera rapidement son imprimatur pour que le réseau filaire soit fixé sur ses poteaux.

Les relations entre les municipalités et Bell sont parfois tendues lorsque des travaux doivent être effectués sur les poteaux, a dit M. Paradis-. Il serait malheureux, a-t-il ajouté, que l’entreprise cherche à nuire aux travaux pour installer le futur- réseau.

Le vétéran politicien a appelé les citoyens de Brome-Missisquoi à faire pression sur Bell. Ils peuvent aussi interpeller le CRTC, a-t-il dit, pour se plaindre du processus donnant un an à Bell pour analyser des demandes d’utilisation de ses poteaux.

En entrevue, le directeur général d’Internet haute vitesse rurale, Patrick Bonvouloir, a indiqué que son organisme versait environ 1 million de dollars par année à Bell pour utiliser ses poteaux dans la région du Haut-Richelieu. « On paie 2,30 $ par mois par poteau pour avoir le droit de l’utiliser », a-t-il dit.

Le déploiement du futur réseau débutera dans la partie ouest de la MRC. Le tout s’explique par le fait que le réseau de IHVR se trouve aux portes de ce secteur, a dit M. Bonvouloir.