Grâce à l’organisme Courir pour la vie, fondé par Louis Vézina, le CPSHY a reçu 35 500 $ depuis 2013. Sur la photo, M. Vézina est accueilli par le directeur du Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska, Yves Bélanger.

Briser le tabou du suicide

Le nom de Courir pour la vie vous est probablement familier, et avec raison. Fondé à Québec en 2009, l’organisme réunit sous ses couleurs plus de 1600 coureurs ou marcheurs de partout au Québec dans différentes courses tenues aux quatre coins de la province.

Son fondateur, Louis Vézina, était de passage la semaine dernière à Granby lors de la soirée de reconnaissance organisée par le Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska. Il s’agissait alors d’honorer les initiatives citoyennes ayant permis d’amasser des fonds pour la cause.

Plusieurs de ces personnes de cœur ont participé à des courses sous la bannière de Courir pour la vie.

Mais avant qu’autant de coureurs et marcheurs ne participent à ce grand projet de société, l’organisme de Québec a commencé avec un seul homme.

« Je trouvais que la cause de la prévention du suicide était négligée, qu’il y avait peu de campagnes de financement, confie-t-il en entrevue à La Voix de l’Est. Alors, j’ai commencé à amasser de l’argent de façon personnelle autour de ma course, et ça m’a amené beaucoup de témoignages. Je me suis rendu compte à quel point c’était un sujet tabou et à que les gens avaient besoin d’en parler quand on leur permettait de le faire. »

Devant ce besoin, il a invité d’autres coureurs à se joindre à lui et à amasser de l’argent pour la prévention du suicide. Plusieurs sont des endeuillés du suicide. M. Vézina remarque que le fait de s’impliquer dans la cause leur permet de faire leur deuil.

Effet boule de neige
La première année de recrutement — 2010 — a réuni 56 participants et a permis d’amasser 26 000 $. Puis, la formule a été reprise de course en course, de ville en ville, et le projet a fait boule de neige.

« J’ai mis toute l’énergie qu’il fallait pour amener cette ampleur-là. On a reproduit la recette un peu partout et après, j’ai ajouté la muraille de Chine parce que je voulais avoir un défi plus grand que nature à travers tout ça. C’est comme ça que c’est devenu assez gros. J’y ai cru. J’ai emprunté personnellement 35 000 $ pour faire le site web. Il fallait que ça marche. »

Pendant un certain temps, il a délaissé son travail pour se consacrer à 100 % à lancer Courir pour la vie. Encore aujourd’hui, même s’il a recommencé à travailler, il consacre près de 700 heures par année — sans compter ses soirs et fins de semaine — pour l’organisme à but non lucratif.

« Pour moi, ce n’est pas une job. C’est formidable. C’est devenu un mode de vie de me déplacer dans des courses. Il n’y a pas de prix à voir les yeux de quelqu’un qui finit son premier 10 km ou son premier 21 km. C’est ça ma paie. »

Par ailleurs, il relève les bienfaits du sport pour la santé mentale.

« C’est sûr que c’est un antidépresseur de faire de l’activité sportive, souligne-t-il. Ça a même été prouvé par des études. Dans des cas plus faibles — parce qu’avant d’aller très mal, on va un peu mal — avec le sport, on peut remonter la côte et inverser les choses. »

En plus de faire parler de prévention du suicide, Courir pour la vie permet aux participants de contribuer à leur propre santé.

Festif dans la prévention
Jeudi dernier, lors d’une soirée de reconnaissance, le CPSHY remerciait les citoyens qui ont mobilisé leurs proches pour récolter des dons.

« Je trouve ça fantastique, commente Louis Vézina. J’ai commencé en 2009, je trouvais que la cause de la prévention du suicide avait honte d’elle-même. C’est formidable pour la prévention du suicide de faire une soirée festive. »

Lui-même a voulu donner un air positif à la cause, non seulement avec le nom du nom de l’organisme, mais aussi avec les couleurs vives du logo, puisqu’il aime à penser qu’il travaille dans le sens de l’attachement à la vie.

35 000 pour le CPSHY

Des participants de la région de Courir pour la vie amassent des fonds pour le Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska depuis 2013. 

Leurs efforts ont permis de remettre 35 500 $ au CPSHY depuis leur première participation. En 2017, la récolte a atteint un record, avec 11 337 $. Il s’agissait du deuxième plus gros montant amassé par des coureurs. Il faut dire que deux coureuses, Lise Beaudoin et Julie Perreault, ont participé au grand défi de courir la muraille de Chine, ce qui a permis de rapporter 5300 $.

Ce sont aux participants de décider à quel centre de prévention suicide ils remettent les dons. Pour l’ensemble des 14 organismes de prévention du suicide, pour 2017, le total des fonds remis est supérieur à 56 000 $. 

Depuis sa fondation, Courir pour la vie a permis d’amasser 675 000 $ pour la prévention du suicide.

En ce début d’année, la présence de Courir pour la vie est confirmée pour une douzaine de courses, dont le Demi-marathon de Granby et le Tour du lac Brome, en plus de la muraille de Chine, en mai. D’autres courses s’ajouteront dans les prochains mois.