Le brigadier Robert Champagne est présent matin, midi et soir pour assurer la sécurité des enfants à l’intersection de la rue Robinson et de la rue Saint-Vincent, près de l’école Ave-Maria. Et ce, depuis 10 ans.

Brigadiers scolaires: toujours sur le qui-vive

Beau temps, mauvais temps, ils sont fidèles au poste. Leur présence dans différents secteurs de Granby assure plus de sécurité aux enfants qui se rendent à l’école à pied. Les brigadiers scolaires sont parfois témoins de comportements dangereux qui confirment le bien-fondé de leur travail.

Dix brigadiers scolaires sont déployés quotidiennement en semaine à diverses intersections de la ville pour assurer la sécurité des écoliers au moment de traverser la rue. La décision d’assurer la présence d’un brigadier scolaire à une traverse pour piétons est justifiée notamment par le débit de la circulation et la configuration du secteur. « C’est des endroits qui sont plus à risques », explique Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby. 

L’une des intersections les plus achalandées — et risquées — de Granby est sans contredit celle de la rue Dufferin et de l’avenue du Parc. La brigadière Line Lagimonière, ou madame Line pour les enfants de l’école Sainte-Famille, en sait quelque chose. « Il ne faut pas être nerveux à ce coin-ci », dit-elle. 

Pendant l’entrevue avec La Voix de l’Est, un camion de type pick-up a carrément grillé le feu rouge sur la rue Dufferin alors qu’au même instant, une voiture en provenance de l’avenue du Parc s’y engageait. Un freinage brusque au dernier instant a permis d’éviter de justesse une collision. « Ça arrive, laisse tomber la brigadière, qui n’a pas été surprise à la vue de cette scène. Je suis habituée. »

La brigadière avoue qu’elle doit « toujours surveiller » et être vigilante. Même lorsque le feu piétonnier est blanc et permet aux enfants de traverser la rue, elle s’assure que les véhicules sont bel et bien immobilisés. « Ça arrive assez fréquemment. Ils passent sur la lumière du feu piétonnier et ils me font signe qu’ils n’ont pas vu. Je ne sais jamais s’ils vont vraiment arrêter, surtout quand ils arrivent à bonne vitesse. Il faut être sur le qui-vive », explique Mme Lagimonière, qui est brigadière depuis six ans. 

Ces comportements dangereux, Robert Champagne en est aussi témoin. Brigadier à la traverse de la rue Robinson, à l’intersection de la rue Saint-Vincent, il observe surtout des automobilistes distraits au volant. « La distraction, c’est le pire. Des fois, on ne donne pas toute l’attention qu’on devrait avoir au volant », constate celui qui assure la sécurité d’une trentaine d’écoliers de l’école Ave-Maria à la traverse piétonnière. 

Certains automobilistes montrent également des signes d’impatience, voire d’agressivité, lorsque le brigadier brandit son panneau d’arrêt pour les obliger à arrêter, raconte M. Champagne. Des traces de pneus de véhicules qui ont freiné au dernier instant marquent la chaussée de temps à autre. « Je leur dis de porter une attention particulière parce que ça ne sera pas toujours sec sur la chaussée », souligne le brigadier. 

Line Lagimonière assure la sécurité des écoliers qui empruntent la traverse piétonnière située à l’intersection de la rue Dufferin et de l’avenue du Parc à Granby.

« Nos yeux et nos oreilles »

Tout comme les autres brigadiers, il s’assure que les véhicules sont bien immobilisés avant de donner le signal aux jeunes de traverser. « Je garde le eye contact, dit-il. Je surveille la personne. Quand elle me voit, c’est correct, les élèves peuvent venir. »

Un camionneur a déjà renversé sous ses yeux des poteaux à la traverse piétonnière sans s’arrêter. Il s’est ensuite garé dans le stationnement d’une entreprise du secteur, où sa présence a été remarquée par M. Champagne-. « J’ai pris son numéro de plaque et j’ai appelé la police. Je suis allé voir le camionneur pour lui dire et il disait ne pas avoir vu, mais je savais qu’il avait vu ce qu’il avait fait », raconte-t-il. 

Malgré ces incidents, ce ne sont pas tous les automobilistes qui ont des comportements dangereux. À preuve, aucun événement tragique n’est survenu aux traverses piétonnières empruntées par les écoliers, indique la police locale. « Les brigadiers sont nos yeux et nos oreilles près de nos écoles parce qu’on ne peut pas être présent à toutes les écoles, indique Caroline Garand, également porte-parole au Service de police de Granby. Ils connaissent les jeunes, les parents, le personnel de l’école. S’ils voient quelque chose de louche, ils nous le signalent. C’est rassurant de les avoir. »

Lorsque les policiers sont informés d’une quelconque problématique, comme des excès de vitesse par exemple, des actions sont posées par les policiers.

Ceux-ci rappellent d’ailleurs aux automobilistes qu’ils ont l’obligation de s’immobiliser lorsqu’un brigadier lève son panneau d’arrêt.