Granby pourrait s’inspirer du projet-pilote mené au lac Lovering, dans le secteur de Magog, pour contrer la prolifération du myriophylle à épis dans le lac Boivin, a indiqué François Bonnardel. L’approche consiste principalement à installer des toiles de jute dans les endroits à forte densité d’algues envahissantes.

Bonnardel veut sauver le lac Boivin

Le lac Boivin se meurt et le candidat caquiste et député sortant dans Granby, François Bonnardel, souhaite le réanimer par tous les moyens possibles. En ce sens, il a pris l’engagement de mettre tout en œuvre pour que l’opération de faucardage sur le plan d’eau soit à la fois étendue et accélérée. Des efforts supplémentaires doivent aussi être déployés afin de dépolluer la rivière Yamaska­, a-t-il avancé vendredi en point de presse.

« Le lac Boivin est la carte postale de Granby, a imagé le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec. Il dépérit et s’atrophie. [...] Il faut agir. » 

À ce chapitre, François Bonnardel a souligné le travail fait par la Ville pour contrer la prolifération de plantes envahissantes dans le lac, notamment le myriophylle à épis, par le biais de faucardage sur le plan d’eau, lancé en 2016. 

Or, la progression des opérations est beaucoup trop lente, a clamé le candidat. « Quand la Ville a acheté la faucardeuse (165 000 $), elle a eu l’autorisation par le ministère de l’Environnement de nettoyer 10 % du lac. Deux ans plus tard, on est seulement à 17 %. C’est inacceptable que l’on en soit à un si bas niveau. [...] Si ça continue, ça va prendre encore 10 à 15 ans pour nettoyer le lac. »   

En fait, le faucardage consiste à couper les plantes à 30 centimètres sous la surface avec une embarcation spécialisée. Les algues nuisibles sont ensuite envoyées à l’avant du bateau par un convoyeur. Toutefois, les opérations doivent au préalable être autorisées par Québec. 

« Le lendemain de l’élection, il faut que dans l’espace d’un premier mandat [comme gouvernement], on puisse augmenter la superficie [de faucardage] pour nettoyer le lac. [...] Le ministère de l’Environnement doit accompagner, de façon plus proactive, la Ville de Granby », a fait valoir le représentant de la CAQ. 

En 2016, Granby a retiré 26,3 tonnes d’algues du lac. La Ville en a extrait 34,4 tonnes l’année suivante. Le bilan n’est pas encore complété pour 2018, mais comme la superficie couverte sera plus grande que celle des années antérieures, la quantité de plantes nuisibles enlevée devrait suivre la même tangente, a indiqué le coordonnateur en environnement à la municipalité, Serge Drolet.

En mode action

Éradiquer le problème d’algues dans le lac Boivin n’est pas simple, a concédé François Bonnardel. Il croit néanmoins qu’outre le faucardage, des pistes de solutions existent. Granby pourrait entre autres adopter la même approche que celle préconisée au lac Lovering, dans le secteur de Magog, a cité en exemple le député. 

En 2013, on y a installé plus de 10 000 mètres carrés de toile de jute dans des endroits à forte densité de myriophylle à épis, afin d’empêcher leur prolifération. Le projet-pilote a connu un franc succès, permettant aux plantes aquatiques indigènes ainsi qu’aux autres espèces fauniques d’occuper à nouveau l’espace. 

Granby n’entrevoit toutefois pas aller dans cette direction. Du moins pas à court terme, a mentionné Serge Drolet. Selon ce dernier, les secteurs où la densité de myriophylle est de 75 % et plus représentent 20 % de la superficie du lac, qui s’étend sur 1,4 km carré. Recouvrir de jute cette portion du lac serait donc une opération de très grande envergure, a spécifié le coordonnateur en environnement.

Des interventions en amont du lac Boivin sont également incontournables, notamment dans son affluent, la rivière Yamaska, puis dans ses tributaires comme le ruisseau Bouchard, a mentionné Bonnardel. Or, uniquement 12 % du bassin versant du lac Boivin se trouve sur le territoire de Granby. Il faut ainsi en faire un projet régional, a-t-il renchéri. « Ça prend un plan d’action pour aider les municipalités qui veulent se battre contre la prolifération de ces algues et s’attaquer aux apports de phosphore. [...] Sur 5 à 10 ans, il faut que notre lac Boivin redevienne celui que les gens ont connu. »