Malgré son horaire chargé, François Bonnardel veut demeurer présent au sein de la communauté qui lui a accordé un nouveau mandat.

Bonnardel qualifie sa session parlementaire de « courte mais intense »

« Courte mais intense ». C’est ainsi que le député de Granby, ministre des Transports et responsable de l’Estrie, François Bonnardel, a décrit la session parlementaire qui s’est terminée le 7 décembre.

Il faut avouer que les dossiers se sont succédé à vitesse grand V pour le nouveau gouvernement Legault en lever de rideau à l’Assemblée nationale. « On voulait marquer le pas politique rapidement. Bien humblement, je crois qu’on a bien tiré notre épingle du jeu pour montrer aux gens qu’on était prêts », a-t-il indiqué en entrevue.


«  C’est cette culture de changement, de nouveauté que je veux amener à ma manière.  »
François Bonnardel

Parmi les faits saillants, notons une mise à jour économique ainsi qu’un plan sur l’immigration. À ce chapitre, la CAQ a confirmé le 4 décembre que les seuils seront abaissés à 40 000 nouveaux arrivants en 2019. Le fédéral doit toutefois donner son aval.

De plus, au cours des neuf jours de travaux parlementaires, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a déposé trois projets de loi afin de tenir ses promesses électorales.

L’un d’eux consiste entre autres à augmenter de 18 à 21 ans l’âge légal pour acheter du cannabis. L’autre prévoit l’uniformisation du taux de taxe scolaire à l’échelle provinciale. « C’est une mesure qui va amener en moyenne presque 200 $ dans les poches des propriétaires à Granby », a souligné François Bonnardel. Le dernier projet de loi conditionne la nomination des dirigeants de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), de ceux de la Sûreté du Québec et du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à l’approbation des deux tiers de l’Assemblée nationale.

Expérience et fierté

Être à la tête du ministère des Transports du Québec (MTQ) n’est pas une mince tâche. François Bonnardel en était bien conscient lorsque son chef lui a confié cet imposant mandat.

L’expérience du vétéran politicien l’a bien servi. « Je n’étais pas fâché d’avoir autant de bagages comme député. Passer 11 ans dans l’opposition pour se mettre les deux mains sur des leviers importants comme ceux du ministère des Transports, c’est un beau défi. J’ai eu un tuyau d’information branché après le cerveau pendant près de six semaines », a-t-il illustré.

Le représentant de la CAQ veut redorer l’image de ce ministère qu’il dirige, et qui a fait les manchettes pour ses mauvais coups plutôt que pour ses réalisations au cours des dernières années.

« C’est cette culture de changement, de nouveauté que je veux amener à ma manière. Le sentiment de fierté, je l’ai. Je veux que les gens au MTQ l’aient aussi. Qu’ils sentent que je suis près d’eux. C’est un ministère qui touche le quotidien de milliers de gens. Jusqu’ici, ça va plutôt bien. Je surveille mon téléphone rouge, mais il ne sonne pas. Et je veux que ça reste comme ça. »

CARTELS

Comment stopper l’hémorragie liée aux fameux « cartels » de l’asphalte, du béton et plusieurs autres sphères connexes aux transports, qui gangrènent les finances publiques ? 

« Ça fait deux mois que je viens d’arriver en poste. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de collusion, a fait valoir le ministre des Transports. C’est une culture ancienne qui est malheureuse. Les rapports de la vérificatrice générale ont fait extrêmement mal. Moi, je dis que c’est fini. On repart à zéro. Il faut augmenter nos vérifications, nos expertises pour être capables de bien jauger les engagements et s’assurer d’avoir les meilleurs coûts pour chaque projet. »

Qu’en est-il des entreprises reconnues coupables de collusion qui souhaitent à nouveau obtenir des contrats gouvernementaux ? « Il y a eu des cas où le gouvernement n’a pas eu le choix [d’octroyer des contrats en raison du nombre de soumissionnaires]. Ce n’est pas de gaieté de cœur, a dit François Bonnardel. Je ne souhaite pas que ça se reproduise, car c’est inacceptable. »