Les cofondateurs de Bon vivant, Darko Popovic et Jérémie Aubut, proposent trois barres nutritives à base de «brisures et de protéines» de chanvre.

Bon vivant s’enracine à Granby

On fait souvent le lien entre le chanvre et l’industrie textile. Or, cet arbuste à feuilles palmées a aussi d’importantes ramifications dans la sphère alimentaire. Darko Popovic et Jérémie Aubut, deux entrepreneurs de Granby, ont décidé d’emprunter cette voie en lançant Bon vivant, qui propose de « simplifier » la consommation de cette plante aux nombreuses vertus nutritives. Une campagne de sociofinancement est en branle pour permettre à la jeune compagnie de prendre son envol.

L’un est analytique, l’autre créatif. Le duo a néanmoins plusieurs atomes crochus, notamment l’avidité de découvrir de nouveaux produits, de nouvelles saveurs. « On adore la nourriture à base de chanvre, mais on ne savait pas trop comment l’intégrer à notre alimentation quotidienne. Ça ne fait pas encore partie de la diète au Québec, mais c’est en forte croissance. Alors, ça a piqué notre curiosité. Notre concept, c’est de sortir le chanvre de la marginalité en le rendant plus accessible », a indiqué Jérémie.

En fait, la prémisse de Bon vivant est née il y a trois ans, lorsque le tandem a créé Chanvre Québec, un organisme sans but lucratif ayant pour mission de faire connaître cette matière première et ses dérivés. Le projet de fonder une compagnie a germé un an et demi plus tard. « C’était une suite logique de se lancer en affaires. On est deux entrepreneurs. Mais au-delà de faire de l’argent, on veut avoir un impact positif dans la société et dans notre environnement », a fait valoir Jérémie.

Amalgame
Dès leurs débuts au sein de Chanvre Québec, Darko et Jérémie ont constaté que bien des gens confondent le chanvre et le cannabis. Bien qu’il s’agisse de plantes de la même famille, leurs répercussions sur la santé sont fort différentes. Selon Santé Canada, contrairement au cannabis, le chanvre contient une infime portion (moins de 0,3 %) de THC dans ses feuilles et dans ses fleurs, une molécule qui peut à la fois avoir des effets thérapeutiques et nocifs. Les graines utilisées en alimentation ne renferment toutefois pas de THC. « Une grosse partie de notre travail est de déstigmatiser le chanvre. C’est la clé pour que les gens adoptent nos produits », a souligné Darko.

Par ailleurs, la légalisation du cannabis ouvrira plusieurs portes à son cousin. « Jusqu’à tout récemment, on pouvait seulement récolter la graine (alimentation) et la tige (construction et textile) du chanvre. La nouvelle loi sur le cannabis permettra d’utiliser l’entièreté de la plante. Ça ajoutera le volet médical avec les feuilles et les fleurs », a mentionné Jérémie. Notons que l’huile a aussi des débouchés dans l’industrie des soins corporels. Selon les entrepreneurs, les agriculteurs ont planté près de 3000 hectares de chanvre en 2017, soit 11 fois plus qu’en 2012.

Sociofinancement
Épaulés par Entrepreneuriat Haute-Yamaska, un volet de Granby Industriel, les associés ont mis les bouchées doubles pour que leur projet se matérialise. Le duo, qui a établi son quartier général dans les locaux de L’impérial, rue Cowie, a également travaillé de concert avec un nutritionniste pour développer sa gamme de barres : l’une combine les saveurs de café et de chocolat, la seconde la pomme puis la cannelle et la troisième, bleuets et canneberges. Question de suivre la vague, les entrepreneurs proposent des produits végétaliens, sans gluten et sans noix. De plus, chaque barre renferme entre autres des protéines, des fibres ainsi que des oméga 3. « En faisant notre étude de marché, on s’est rendu compte que la meilleure option pour faire découvrir le chanvre en alimentation est d’offrir des produits complets, qui répondent à une vie active. Les ingrédients que l’on a choisis cadrent parfaitement avec les besoins et les goûts d’une vaste clientèle », a indiqué Darko.

D’ailleurs, Bon vivant compte plus que jamais sur cet ADN pour prendre son envol. En ce sens, les entrepreneurs viennent de lancer une campagne de sociofinancement via la plateforme La Ruche Estrie. Leur but : amasser 6000 $ d’ici 30 jours afin de démarrer officiellement la production. Mercredi, le tandem avait atteint 34 % de l’objectif.

En parallèle, les jeunes hommes d’affaires multiplient les rencontres avec des distributeurs potentiels. À ce chapitre, ils visent notamment les marchés de santé et les boutiques de sport à travers le Québec. Ils n’écartent pas une percée chez nos voisins ontariens. La vente virtuelle est également au programme. Pour de plus amples renseignements à propos de Bon vivant ou pour contribuer au lancement de l’entreprise, consulter le site bonvivant.bio.