Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, et la candidate bloquiste dans Shefford, Andréanne Larouche, ont tenu une mêlée de presse à leur arrivée à Granby, mercredi après-midi.

Bloc québécois: Blanchet prêt à s'attaquer aux géants du web

L’aide aux médias locaux et régionaux devrait faire partie des enjeux majeurs de la campagne électorale fédérale, considère le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Celui-ci était de passage à Granby, mercredi après-midi.

Précédé par Andréanne Larouche, candidate bloquiste dans Shefford, il a été reçu par une vingtaine de militants enthousiastes à sa descente de l’autobus de campagne. En mêlée de presse, M. Blanchet a confié qu’il était important de visiter les régions du Québec. Selon lui, les choses vont rondement pour le Bloc alors qu’il voit de plus en plus de contribuables se tourner de nouveau vers son parti.

« Ceux qui disaient que le Bloc ne serait pas fort commencent à avoir des surprises. Chaque jour, il y a des circonscriptions qu’on n’imaginait pas dans les cibles et qui deviennent particulièrement intéressantes. »

Yves-François Blanchet s’est notamment prononcé sur l’importance de continuer à parler d’aide aux médias régionaux, alors que les six quotidiens de Groupe Capitales Médias, dont La Voix de l’Est, sont toujours sous la protection de la Loi sur les faillites. « Je déplore que, depuis quelques jours, on en parle moins. C’est comme si la campagne électorale avait un peu escamoté cet enjeu-là alors qu’il devrait être dominant. »

Son parti propose que les géants du web, les GAFA, se voient imposer une redevance qui servirait à la création d’un fonds d’aide aux médias. 

« Les géants du web exploitent commercialement le produit des médias et des artistes québécois et ce produit-là ne leur appartient pas, explique-t-il. Alors, quand tu exploites commercialement quelque chose qui ne t’appartient pas, tu paies une redevance. Redevance qui devrait être, comme en France, de 3 % sur le volume d’affaires de ces entreprises-là. Mais la distinction commence ici. On dit que l’entièreté de cette somme-là doit être consacrée exclusivement à ceux qui perdent des produits, donc au milieu des médias, du divertissement et des arts. »

Le Bloc québécois propose que plus de 40 % de ces sommes soient réservées aux médias et aux artistes francophones. Cette proposition permettrait de dégager plusieurs centaines de millions de dollars. Selon M. Blanchet, les GAFA n’auraient pas avantage à relayer la facture à leurs clients puisque cela aurait pour effet d’augmenter les redevances dues.

« C’est un système qui peut très bien fonctionner, qui existe dans d’autres secteurs. Ça prend une chose qui est très rare au gouvernement fédéral et dans les partis fédéraux, ça prend du courage politique. »

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Tenir parole

Le chef du Bloc québécois a rencontré le Conseil général de l’Union des producteurs agricoles mercredi matin. Le parti veut se faire le défenseur des entrepreneurs agricoles et s’assurer que ceux qui se trouvent sous la gestion de l’offre reçoivent, comme l’avait promis le Parti libéral du Canada, leurs compensations financières à la suite de l’adoption de nouveaux accords économiques les défavorisant.

« Je l’ai déjà dit, je n’ai pas l’intention qu’on soutienne un budget qui ne comprendra pas des engagements formels de l’État canadien aux entrepreneurs agricoles sous gestion de l’offre. On se rappellera bien que le discours du budget faisait état de 3,9 milliards $, ce qui est la demande des entrepreneurs agricoles, mais ce n’était ni dans les crédits ni dans les chiffres du budget lui-même. On a juré que l’argent arriverait avant les élections. La dernière fois que j’ai vérifié, pas une cenne n’a été payée à qui que ce soit. C’est vraiment prendre les agriculteurs en otage. »

Pénurie de main-d’œuvre et immigration

L’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre au Québec fait couler beaucoup d’encre depuis des mois. La région est loin d’être épargnée alors que les entreprises doivent faire preuve d’imagination pour attirer de nouveaux employés.

Pour le Bloc québécois, une des solutions repose sur l’immigration et que celle-ci soit davantage gérée par le provincial. Il constate que bien des immigrants qui s’installent au Québec pour y travailler, et non pour des raisons humanitaires, font face à des imbroglios entre deux juridictions.

« On se retrouve pogné entre des juridictions concurrentes, entre le fédéral et le Québec. Les gens qui œuvrent dans le secteur de l’immigration et les familles qui veulent émigrer au Québec se retrouvent dans des situations complexes. »

M. Blanchet ajoute que le gouvernement du Québec souhaite avoir plus de pouvoir en matière d’immigration, ce que voudrait aussi son parti. « On comprend que les enjeux de sécurité internationale doivent rester entre les mains du fédéral, mais je pense que tout le reste devrait être géré par Québec. »

En facilitant l’immigration économique, plus de travailleurs pourraient répondre aux besoins des entreprises, conclut-il.