La biométhanisation permettra à la MRC de Rouville de diminuer de 40 % l’enfouissement de ses matières organiques­.

Biométhanisation dans Rouville: plus tard que prévu

L’usine de biométhanisation qui servira à revaloriser les matières organiques de la MRC de Rouville ne sera pas fonctionnelle en janvier, tel que prévu. Leur collecte devrait tout de même débuter au retour des Fêtes.

Une pièce provenant d’un fournisseur européen ne serait pas encore livrée, ce qui expliquerait le retard d’environ un mois estimé par la Société d’économie mixte de l’est de la Couronne Sud (SEMECS), l’organisme paramunicipal gestionnaire de l’infrastructure. 

Annoncée en octobre 2010, l’usine, qui sera construite sur les terrains du partenaire privé Ethanol Greenfield, à Varennes, devait initialement être inaugurée avant la fin 2013, avec une pleine opération prévue en janvier 2015. Plusieurs reports, dus à la complexité du projet de 57,8 millions de dollars et à l’attente de financement, ont repoussé cette date au premier trimestre de 2018.

Comme la collecte des matières organiques est toujours prévue pour janvier, celles-ci seront acheminées dans un site de compostage situé dans la région de Longueuil. 

Les maires peu inquiets

La majorité des maires de Rouville interrogés par La Voix de l’Est ne sont pas préoccupés outre mesure par le retard occasionné.

« Je me serais inquiété si la collecte avait été reportée », a nuancé le maire d’Ange-Gardien, Yvan Pinsonneault. 

Même son de cloche de côté de Guy Benjamin, à Saint-Césaire. « C’est seulement parce qu’il manque une pièce, ce n’est pas trop inquiétant », a-t-il dit. Des propos similaires ont été tenus par les maires de Sainte-Angèle-de-Monnoir et de Rougemont, Denis Paquin et Michel Arseneault.

Pour sa part, le premier magistrat de Saint-Paul-d’Abbotsford, Robert Vyncke était visiblement déçu. Il estime que la SEMECS et la MRC doivent mieux informer les citoyens à ce sujet. « Ce n’est pas le premier retard dans ce projet », constate-t-il, déplorant que la nouvelle ait été transmise aux maires comme un simple « fait divers ».

« Lors de la séance d’information concernant le bac brun à Saint-Paul, fin novembre, la salle était comble. Nous devons maintenant décevoir nos citoyens qui ont la saine gestion des déchets à cœur. Et qu’en est-il des coûts additionnels que cela amènera ? Les citoyens ne devraient pas en faire les frais », renchérit-il.

Vérification faite, les retards de la mise en marche de l’usine ne devraient toutefois pas engendrer de coûts supplémentaires pour les municipalités, a fait valoir Susie Dubois, directrice générale de la MRC de Rouville. 

Une fois fonctionnelle, l’usine de biométhanisation pourra transformer annuellement de 35 000 à 40 000 tonnes de matières organiques, soit l’équivalent de 20 piscines olympiques, produites par les citoyens des trois MRC membres de la SEMECS — celles de Rouville, de la Vallée-du-Richelieu et de Marguerite-d’Youville, qui comptent 235 000 citoyens répartis dans 27 municipalités. 

La biométhanisation permettra à la MRC de Rouville, actionnaire à 16 % de l’usine, de diminuer de 40 % l’enfouissement de ses matières organiques, soit environ 5000 tonnes, et de réduire significativement le nombre de collectes d’ordures. 

Le processus de biométhanisation transforme les matières putrescibles en deux produits distincts : le digestat et le biogaz. Le digestat issu de l’usine, qui peut servir de fertilisant, sera offert aux producteurs agricoles des trois MRC, qui en retour fourniront des épis de maïs à Ethanol Greenfield, qui rachètera aussi le biogaz.

Jeudi en fin de journée, le président de la SEMECS et maire de Varennes, Martin Damphousse, n’avait pas donné suite à nos demandes d’entrevues formulées depuis lundi.