Le député de Granby et ministre des Transports, François Bonnardel, considère que sa décennie passée dans le second groupe d’opposition à l’Assemblée nationale lui a été fort utile au moment d’accéder au pouvoir.

Bilan positif pour le ministre Bonnardel

Voilà tout près de six mois que les Québécois ont élu le tout premier gouvernement caquiste. Et presque tout autant de temps depuis que le député de Granby, François Bonnardel, a été nommé ministre des Transports, après onze ans passés du côté de l’opposition.

Ces six mois ont défilé à la vitesse de l’éclair, confie l’élu. « Ça a été six mois super intenses à s’ajuster à un nouveau rôle, à monter une équipe. Pendant trois mois, c’était briefing par-dessus briefing pour maîtriser les dossiers », raconte M. Bonnardel, rappelant que le ministère des Transports gère l’un des plus gros portefeuilles de l’État.

Il considère que sa décennie passée dans le second groupe d’opposition à l’Assemblée nationale lui a été fort utile au moment d’accéder au pouvoir. « Je suis content d’avoir pu compter sur toutes ces années d’expérience derrière la cravate. Ça m’a permis de bien comprendre la machine », dit-il.

« Au fil des années, j’ai acquis un mélange de plusieurs expériences, notamment en étant critique en matière de Finances, whip et leader parlementaire, poursuit le député. J’arrivais aussi avec la connaissance de ce qui est important pour les médias et de leur rôle. »

« Je suis un gars très médiatisé, réalise-t-il, et je le sens encore plus depuis que je suis ministre. Je suis constamment interpellé. »

Baptême de feu

Ce premier hiver à la tête des Transports « n’a pas été évident » ni de tout repos, reconnaît François Bonnardel, qui se veut un ministre engagé exigeant d’être tenu au courant de toute situation problématique.

« Parfois, je reçois des alertes aux 15 minutes, matin comme soir, par téléphone ou par message, s’il y a congestion, un accident ou une tempête, indique M. Bonnardel, qui a notamment passé une partie de la nuit au Centre intégré de la gestion de circulation de Québec lors de la tempête du 13 février dernier. Je veux tout savoir sur le réseau routier. »

Néanmoins, ajoute-t-il, une bonne préparation et l’application du « gros bon sens » lui ont permis d’avancer sur le bon chemin. « Il y a eu beaucoup de tempêtes et la saga des traversiers [Matane-Baie-Comeau-Godbout], énumère le ministre. Ça a été tout un baptême de feu ! »

Approche client

La semaine dernière, le ministère a annoncé, par région, la liste des investissements routiers et maritimes prévus pour les deux prochaines années. Un exercice transparent, considère M. Bonnardel, qui forcera selon lui une meilleure reddition de comptes de la part des décideurs.

« Le politique ne se met pas le nez dans les travaux pour déterminer les priorités, nuance-t-il toutefois. Les municipalités évoquent leurs problèmes et leurs besoins et ce sont les fonctionnaires qui étudient les demandes. Ils y vont ensuite avec un sens des priorités. »

François Bonnardel utilise régulièrement les termes « clients » et « clientèle » pour parler des maires et citoyens qui s’adressent au ministère des Transports du Québec. « Ça doit être mon passé d’entrepreneur qui remonte ! », lance-t-il à la blague lorsqu’on souligne son choix de mots.

Plus sérieusement, il considère que le rôle des directions territoriales de son ministère est de répondre le plus rapidement possible aux demandes leur étant acheminées. Dans le cas d’un refus, il est impératif de faire état des raisons qui le justifient.

« J’ai dit aux directions qu’il fallait être le plus proactif possible, explique le député de Granby. Quand je suis arrivé en poste, j’ai constaté que certaines directions n’étaient pas en phase avec ce qu’on attendait d’elles. C’est impardonnable. Je ne veux pas apprendre que certaines municipalités se plaignent d’un mauvais service. Parfois, on n’envoyait même pas d’accusé de réception. Il faut améliorer nos efforts pour satisfaire nos clients. »

L’homme d’affaires refait surface lorsqu’il parle d’appliquer des techniques de benchmarking [ndlr : de l’analyse commerciale] aux différentes équipes du ministère. « J’évalue les différentes directions régionales et, sans les mettre en concurrence les unes avec les autres, je veux tirer le MTQ vers le haut en appliquant les meilleures pratiques de chacune partout », note-t-il.

DU PAIN SUR LA PLANCHE DANS LA RÉGION 

François Bonnardel n’a jamais caché son désir d’élargir la route 139, de l’autoroute 10 jusqu’au Zoo de Granby, afin de faciliter l’accès des visiteurs à la ville. Un projet dont les annonces seront faites en temps et lieu, affirme M. Bonnardel. D’ici là, plusieurs tronçons de la route seront asphaltés au cours des deux prochaines années, et ce, partout dans la région. 

Le réaménagement de l’intersection de la route 112 et du chemin Saxby à Shefford, secteur accidentogène, sera aussi complété au cours de ce mandat. Les travaux entreront dans leur phase de préparation cette année et devraient être réalisés en 2020-2021 pour une somme allant de 1 million à 5 millions de dollars. Le ministre Bonnardel n’a pas pu détailler le projet, si ce n’est que d’annoncer que des feux clignotants seront ajoutés au carrefour.

Le prolongement de l’autoroute 35 à Saint-Armand, qui créerait un nouvel axe routier liant le Canada et les États-Unis, est aussi prévu, sans qu’un échéancier précis n’ait été arrêté. Le tout pourrait coûter de 10 à 25 millions de dollars, et une contribution financière du gouvernement fédéral devrait permettre de boucler le budget. 

Lors de la campagne électorale, Jean-François Roberge, Louis Lemieux et Claire Samson ont annoncé qu’un gouvernement de la CAQ prolongerait le REM jusqu’à Chambly, en plus d’ajouter une gare à l’intersection des autoroutes 10 et 35. Ce faisant, ce moyen de transport serait désormais accessible aux citoyens de la circonscription d’Iberville, notamment dans les municipalités de Rougemont, Saint-Césaire et Marieville. Le parti compte également donner plus de pouvoir aux élus afin d’élargir la route 112, avait-il été aussi annoncé.

Rien pour l’instant ne laisse présager de la réalisation à court terme de ces engagements. « J’ai signé une lettre pendant les Fêtes qui a été acheminée à la Caisse de dépôt [et de placement du Québec] pour prolonger le REM. La Caisse a accepté le mandat. Maintenant, il faut lui laisser faire le travail », a répondu François Bonnardel.