Joseph Singerman, directeur de la programmation du SSACE, François Dandenault, président du conseil d'administration, et Jean-Sébastien Guay, responsable du développement des affaires.

Bilan du SSACE: en mode amélioration

L'organisation du Spectacle et salon aérien des Cantons-de-l'Est (SSACE) a dressé un dernier bilan des réussites et des ratés de l'événement qui a eu lieu à l'aéroport Roland-Désourdy le week-end dernier.
Le CF-18 a subi un bris, ce qui l'a empêché de s'envoler comme prévu dimanche.
Conscient qu'il y a des lacunes à corriger, le président du conseil d'administration, François Dandenault, réfléchit déjà à des solutions, comme le CA l'avait fait après l'édition de 2014 durant lequel le boulevard de l'Aéroport devait être fermé pour répondre aux exigences de Transport Canada. 
La Ville de Bromont a fait l'acquisition il y a quelques mois d'un terrain d'IBM de 500 000 pieds carrés pour y accueillir les milliers de visiteurs, une solution qui a cette fois permis de garder la route ouverte. 
Cette fois, si la circulation était relativement fluide, des problèmes de navettes ont été soulevés. M. Dandenault assure que la dizaine de voiturettes de golf n'ont pas souffert de bris mécaniques et qu'une équipe s'évertuait à transporter les visiteurs jusqu'à la billetterie, qui se trouvait au niveau du stationnement de Fabritec, prêté par le propriétaire du bâtiment, Olymbec, pour l'occasion.
Il admet que la situation était pénible. « Comme parent, de voir les enfants marcher au gros soleil, ça m'a tué. On a mis une équipe pour les enfants (et leur famille) et les personnes âgées. Je passais et demandais aux gens s'ils voulaient marcher. J'ai passé ma fin de semaine à rouler et à aller mener des gens dans le fond du stationnement. Ça devrait être réglé l'an prochain. »
Le plan est de faire construire une route qui relierait l'intersection du chemin longeant Fabritec à l'Est et l'intersection formée des boulevards de l'Innovation et de Montréal. La nouvelle configuration - il faudra d'abord convaincre le conseil municipal et le propriétaire du terrain - permettrait aux autobus de circuler dans le stationnement et d'en sortir, puisqu'ils ne peuvent pas reculer pour changer de direction, et de déposer les festivaliers à la porte. 
Remboursements
« Dimanche, il y a eu des impondérables, ajoute M. Dandenault dans son bilan. On a perdu les militaires avec les Griffons qui devaient faire un long spectacle dans l'après-midi. Les militaires, on ne peut pas les gérer, c'est eux qui ont le dernier mot. Ils ont annulé à la dernière minute. On avait déjà planifié un plan B, on a demandé à d'autres performeurs de rester avec nous. On avait le CF-18 qui devait compenser ce manque-là, mais l'avion ne pouvait pas partir. »
Le CF-18 a effectivement subi un bris. Ce n'est d'ailleurs que mercredi qu'il a pu quitter le tarmac de Bromont.
C'est le contrôleur aérien qui gère l'horaire des spectacles. Il prend en compte les conditions météorologiques, le trafic aérien et les urgences, observe Joseph Singerman, directeur de la programmation.
« La personne qui s'occupe de toute cette gestion-là, au lieu de faire le spectacle avec les performeurs vers 13 h, a décidé de devancer ça en avant-midi. Les personnes qui sont rentrées en après-midi (le dimanche) sont remboursées. On a une équipe en place pour les rembourser. »
Il assure n'avoir reçu que 12 demandes de remboursement sur les 33 600 visiteurs.
Manque de puissance
Autre problème souligné par les internautes, le site web du SSACE a été en panne la majorité du temps entre vendredi soir, où il y a eu 10 000 visiteurs en même temps au point fort de la soirée, et dimanche. 
« Pour être tout à fait honnête, le serveur choisi pour le site n'était pas suffisamment puissant pour gérer l'achalandage, reprend Jean-Sébastien Guay, responsable du développement des affaires. Faire un changement de serveur, ça prend du temps et on n'avait pas ce temps-là. C'est malheureux et on comprend que c'est très décevant. »
Il affirme que les éléments importants ont été partagés sur Facebook, mais que le flot d'informations publié chaque jour a compliqué les recherches des visiteurs sur la page de l'événement.
77 % de nouveaux touristes
Une firme a travaillé avec le SSACE afin de dresser un portrait statistique des visiteurs. Au terme de 600 entrevues, la firme a révélé que 77 % des gens venaient pour la toute première fois à Bromont et que, s'il n'y avait pas eu le spectacle et le salon aérien, ils n'y seraient pas venus, indique François Dandenault. Les groupes étaient composés en moyenne de 3,6 personnes et le taux de satisfaction a été de 80 %.
Quant au salon Aéro Emploi, « ça a été un franc succès », rapporte Jean-Sébastien Guay. Si le spectacle aérien a été organisé en six mois, la tenue d'un salon a été décidée à trois mois d'avis. M. Guay a souligné l'ouverture de la quarantaine d'entreprises qui étaient présentes malgré le court échéancier estival. Certains avaient même apporté des pièces créées entre leurs murs, comme un moteur et des meubles.
« Des gens de partout au Québec se sont présentés. Des jeunes de l'Ontario sont venus pour rencontrer une entreprise en particulier. Le salon était plein, on avait une belle dynamique avec le spectacle aérien. »
Plus de 1000 postes étaient à pourvoir et les entreprises ont reçu environ 2000 curriculum vitae « de qualité ». 
Une autre touche qui ajoutait une saveur particulière à l'événement est la présence d'avions au sol, dont un de la Première Guerre mondiale. « C'est pas juste un spectacle, c'est un rendez-vous familial, c'est un rendez-vous d'emploi et un rendez-vous de découvertes », conclut M. Dandenault. 
L'édition 2018 est déjà dans les esprits des organisateurs. Les dates envisagées n'ont pas été dévoilées, jeudi en conférence de presse, mais on sait que l'événement se déroulera encore sur trois jours, soit la journée de pratiques des pilotes du vendredi ainsi que le samedi et dimanche. Le salon de l'emploi reviendra lui aussi.