Une hausse des dépenses de l’administration sortante a été notée en loisirs et en culture.

Bilan des HEC des administrations sortantes: Granby, un bon élève

La Ville de Granby est au 1er rang de sa catégorie en matière de dépenses municipales par habitant dans le Bilan des administrations municipales sortantes, dont les résultats sont publiés ce mardi.

« Granby a toujours été un bon élève dans la classe », a commenté Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité à HEC Montréal, et coauteur de ce bilan. 

Concrètement, les dépenses municipales par habitant se sont élevées à 1355 $ en 2016 à Granby, alors qu’elles ont été, en moyenne, de 1601 $ pour les villes de taille comparable, soit Drummondville, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Brossard, Repentigny, Dollard-des-Ormeaux, Blainville et Saint-Jérôme.

Durant le mandat actuel, c’est-à-dire de 2014 à 2016, les dépenses ont augmenté en moyenne de 1,8 % par année à Granby, comparativement à 2,5 % dans la moyenne des villes du groupe de référence. En comparaison, une hausse annuelle moyenne de 3,7 % avait été enregistrée à Granby au cours du mandat précédent, de 2010 à 2013. Détail : cette croissance était, à cette époque également, inférieure à celle des autres villes comparables, alors que la hausse moyenne était de 4,9 %. 

« Le taux de croissance des dépenses par habitant des administrations municipales actuelles est significativement plus bas que pour le mandat précédent. C’est un constat assez généralisé à l’échelle du Québec. On dirait que les nouvelles administrations ont pris conscience du fait que ça n’a pas de bon sens des dépenses municipales qui augmentent à des rythmes de 5 %, 6 % ou 7 %. Elles ont rétabli la situation », souligne Robert Gagné.

Hausse de 25 $

À Granby, les dépenses totales de la Ville ont ainsi crû de 25 $ par habitant au cours du mandat qui s’achève. Selon les données colligées dans le Bilan des administrations municipales sortantes, des baisses ont été observées dans les dépenses liées à l’administration générale (-12 $), à l’hygiène du milieu (-17 $) ainsi qu’aux frais de financement (- 9 $). A contrario, des hausses ont notamment été notées du côté du transport (21 $), de la santé et du bien-être (12 $), de même qu’aux loisirs et à la culture (26 $). « Tout ça mis ensemble, ça donne une hausse de 25 $ par habitant», note M. Gagné.

De façon plus pointue, la hausse de 25 $ est notammen liée à la hausse  de la rémunération (14 $), des charges sociales (19 $) et de l’amortissement (45 $), de même qu’à la baisse des biens et services (-46 $).

En 2016, la Ville de Granby a par ailleurs récolté, toujours selon le Bilan des administrations municipales sortantes, 1485 $ par habitant en recettes, alors qu’elle a financé des dépenses de 1355 $ par habitant. Un surplus de 130 $ par habitant a été dégagé. Mais ce surplus a déjà été plus élevé, sous l’administration précédente. Il avait atteint 700 $ par habitant en 2011, à la suite de la vente des terres Miner. 


Une préoccupation

« Le nouveau conseil s’est attaqué à la gestion des dépenses dès le premier jour. Le gel de l’embauche et le contrôle de la masse salariale y sont pour beaucoup », estime le maire sortant et à nouveau candidat, Pascal Bonin. 

Selon ce dernier, les loisirs et la culture ont toujours été un poste budgétaire important à Granby, occupant environ 15 % du budget. La hausse des dépenses qui y sont liées tend aussi à le démontrer. « En 2016, il faut se rappeler qu’on a investi 2,2 millions $ pour le réaménagement de la bibliothèque (Paul-O.-Trépanier). C’est de l’argent bien investi. C’est un bien durable. Et on s’entend sur le fait que ce projet a été couronné de succès. Je n’ai pas entendu de critiques », dit-il. 

À ses yeux, les résultats du Bilan démontrent que l’administration — autant « le conseil municipal que les fonctionnaires et les employés » — « a fait toute une job ». « Le gel de la dette au cours des quatre dernières années a eu un effet très positif sur les finances publiques », ajoute-t-il.

Robert Gagné, du Centre sur la productivité et la prospérité, affirme qu’il appartient aux citoyens, à la lumière de ces résultats, de juger « s’ils en ont eu pour leur argent ». Aussi, l’exercice n’a pas pour but d’intervenir dans une campagne électorale en particulier, puisqu’il a été réalisé pour l’ensemble des municipalités du Québec. « Je pense que ce sont des informations utiles à la veille de voter », dit M. Gagné.