D’ici quelques jours, voire quelques semaines tout au plus, Manon Gauvin pourra crier victoire. Un peu plus de sept ans après avoir donné naissance à la Fondatin Un souffle et des ailes, voilà que l’objectif de 500 000$ pour financer la construction d’une ressource en hébergement pour jeunes adultes lourdement handicapés sera atteint. On la voit ici avec son fils Anthony et son père, Normand Gauvin.
D’ici quelques jours, voire quelques semaines tout au plus, Manon Gauvin pourra crier victoire. Un peu plus de sept ans après avoir donné naissance à la Fondatin Un souffle et des ailes, voilà que l’objectif de 500 000$ pour financer la construction d’une ressource en hébergement pour jeunes adultes lourdement handicapés sera atteint. On la voit ici avec son fils Anthony et son père, Normand Gauvin.

Bientôt le demi-million pour Un souffle et des ailes

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
D’ici quelques jours, voire deux semaines tout au plus, Manon Gauvin pourra crier victoire. Un peu plus de sept ans après avoir donné naissance à la Fondation Un souffle et des ailes, voilà que l’objectif de 500 000$ pour financer la construction d’une ressource d’hébergement pour jeunes adultes lourdement handicapés sera atteint.

Quelques chèques devraient arriver sous peu dans la boîte aux lettres de la Granbyenne afin d’arrondir la somme. «On a franchi le cap des 490 000$. Il nous manque à peine quelques milliers de dollars pour atteindre notre objectif initial, et ce, dans les délais qu’on avait prévus», se réjouit Mme Gauvin.

«Enfin, après 7 ans et 2 mois, on touche à notre rêve, du bout des doigts», lance la mère d’Anthony, 29 ans, atteint de paralysie cérébrale.

Accomplie, fière et rassurée : tels sont les trois sentiments qui habitent celle qui porte ce rêve à bout de bras depuis 2013. 

«Je suis contente d’avoir cru en moi, raconte celle qui a fait face à son lot de scepticisme en se lançant tête première dans son projet, étroitement épaulée par Catia Di Carlo et Marie-Claire Babin. Les gens ne me disaient pas directement qu’ils ne croyaient pas que j’allais y arriver, mais certaines de leurs réactions, quand je leur en parlais, le laissaient entendre. On me disait: ‘‘Oh mon Dieu, bonne chance!’’. Mais au lieu de me laisser démolir, je me suis servi de ça pour me renforcer encore plus. Intérieurement, je leur disais: ‘‘Regardez-moi bien aller!’’»

«Je suis aussi rassurée, parce que maintenant, il y aura une place pour Anthony et d’autres jeunes adultes dans sa situation. J’ai choisi de créer la Fondation pour mettre sur pied une ressource qui n’existait pas, ajoute-t-elle. Et on ne connaît pas l’avenir; mais s’il venait à m’arriver quelque chose, je sais désormais que mon fils va être quelque part où il pourra vivre convenablement. C’est parti de l’amour maternel et de mon envie de faire une différence.»

C’est à la fois grâce à la générosité de la communauté, qui a répondu présente aux nombreux spectacles, lavothons et autres collectes de fonds, et celle d’entreprises qui ont souhaité faire leur part, que Manon Gauvin peut crier mission accomplie.

Son projet de collecte de canettes vides, qui a financé au moins 200 000$ de l’objectif de la Fondation, a fait le reste. Le tout a toutefois été au ralenti ces derniers mois. «Avant la pandémie, j’en envoyais pour au moins 1000$ par semaine, relate Mme Gauvin. À 5 sous la canette, ça en fait beaucoup...»

Heureusement que la Granbyenne a pu compter sur la précieuse aide de son père, Normand, pour s’acquitter de cette tâche colossale.

La collecte de canettes vides a permis, à ce jour, de financer au moins200 000$ de l’objectif de la Fondation Un souffle et des ailes.

Construction à l’automne

La construction du bâtiment devrait s’amorcer dès cet automne, comme cela était envisagé, confirme Manon Gauvin.

Au fil des ans, le projet de ressource d’hébergement, en soins de longue durée et en répit est, en essence, demeuré le même. Il s’est même précisé en cours de route.

«Au départ, on ne savait pas quel type de ressource on voulait offrir, rappelle Mme Gauvin. On a fini par s’enligner, et on va construire une ressource de type familial.»

De dix chambres au départ, la maison en comptera finalement huit. «On pourra accueillir huit usagers et leur famille, dont mon fils», note Mme Gauvin.

La localisation du futur établissement a également changé en cours de route. Initialement, la Fondation avait acquis un terrain dans la rue Irwin, à Granby, pour y construire la résidence, qui sera finalement érigée à Roxton Pond après que la municipalité lui ait gracieusement offert un lot près de la Coop de santé, il y a tout juste un an, en vertu d’un bail emphytéotique de 50 ans.

Les premiers pensionnaires de cet endroit, un milieu de vie animé et transitoire entre la fin en milieu familial et le placement en résidence pour personnes âgées, pourraient y déménager leurs pénates en 2021.

Deux personnes seront en permanence sur place pour aider les jeunes dans leurs tâches quotidiennes ainsi que pour animer des ateliers de stimulation, par exemple. Le budget d’exploitation de la ressource proviendra de l’enveloppe du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) de la Montérégie-Est.