Maxime Bernier compte doubler le nombre de membres du Parti conservateur du Canada au Québec d'ici l'élection du nouveau chef en mai.

Bernier prend le pouls des militants conservateurs

Alors qu'il amorce la dernière ligne droite menant à l'élection du nouveau chef conservateur, le candidat Maxime Bernier tente de consolider ses appuis. D'ici au dénouement de la course, le député de Beauce compte doubler le nombre de membres du parti au Québec, a-t-il indiqué en entrevue à La Voix de l'Est, vendredi, en marge d'une rencontre avec des militants à Granby.
Pour espérer reprendre le pouvoir lors des prochaines élections fédérales, les assises du Parti conservateur doivent être élargies au Québec, notamment en Estrie, a concédé le politicien. « On a seulement près de 5000 membres au Québec. En moyenne, chaque circonscription compte une soixantaine de membres. C'est le cas ici dans la région. C'est peu si on compare aux autres provinces à travers le pays. L'objectif de ma campagne est d'augmenter de 5000 ce nombre global. C'est un gros défi, mais je vais le relever et dire mission accomplie. »
Quelles conclusions a-t-on tirées de la dernière défaite aux mains des libéraux ? « Lors de la dernière campagne, ce n'était pas nécessairement notre programme que les gens ont rejeté. C'est plutôt la perception de la personnalité du premier ministre Harper. La population voulait du changement. Pour former le prochain gouvernement, il faut miser sur des valeurs conservatrices comme la liberté et la responsabilité. On ne peut pas se permettre de faire des compromis avec nos principes », a indiqué M. Bernier.
Au cours des dernières semaines, le candidat à la chefferie Andrew Scheer, représentant de Régina en Saskatchewan à la Chambre des communes, a multiplié les appuis au sein de l'aile conservatrice du Québec. Rien toutefois pour ébranler le député de Beauce. « Ma campagne se déroule comme prévu. Il y a 14 candidats dans la course. Certains ont plus d'alliés que d'autres. Andrew Scheer en a quatre dans la députation (Luc Berthold, Alain Rayes, Pierre Paul-Hus et Sylvie Boucher). Moi, j'en ai deux (Jacques Gourde et Alupa Clarke). Mais j'ai plus d'appuis que lui au Sénat. [...] Jusqu'à maintenant, je réussis à me démarquer. »
ALENA et gestion de l'offre
En ce qui concerne la gestion de l'offre, ce système basé sur des quotas aux producteurs de lait, d'oeufs et de volaille, Maxime Bernier persiste et signe, décochant au passage une flèche à son rival québécois dans la course à la chefferie. « Steven Blainey veut garder le cartel de la gestion de l'offre. Moi, je ne changerai pas d'idée, je veux l'abolir. Je ne suis pas là pour plaire à un groupe en particulier, comme l'UPA [Union des producteurs agricoles] qui, par ailleurs, défend très bien les intérêts de ses membres. Si je suis élu chef, je serai là pour l'ensemble de la population. »
L'incertitude plane quant à la volonté du président américain Donald Trump de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ratifié en 1994 par le Canada, les États-Unis et le Mexique. Bernier voit plutôt ce possible bras de fer avec nos voisins du Sud « d'un bon oeil ». Il n'y a rien de mal à rouvrir l'ALENA. C'est une entente qui a été négociée il y a plus de 25 ans. On peut le moderniser. M. Trump et ses producteurs de lait et d'oeufs veulent exporter ces produits ici au Canada. Si on leur donne cette ouverture, ils pourraient nous aider à ce que notre bois d'oeuvre entre aux États-Unis. C'est donnant donnant. »
Par ailleurs, M. Bernier abonde dans le même sens que Trump quant au resserrement des contrôles douaniers et de l'immigration. « Il faut mettre plus de ressources et d'argent pour nos agences de sécurité, tant à la frontière qu'au sein même du Canada. Il faut aussi mieux encadrer la sélection des nouveaux arrivants au pays. »
Les jeunes dans la mire
De son propre aveu, le Parti conservateur du Canada a besoin de rajeunir sa base militante. Maxime Bernier estime avoir les atouts pour séduire cet important bassin d'électeurs. « Pour attirer les jeunes, ça prend de l'authenticité. Et je suis ce genre de personne. La nouvelle génération, et la population en général, en ont marre des politiciens qui disent ce qu'on veut entendre et qui, le lendemain, font autre chose. Les jeunes n'aiment pas se faire dire quoi faire par un État tentaculaire. En ce sens, je prône des idées de responsabilité et de liberté. C'est important de garder le cap avec mes valeurs. »
Maxime Bernier poursuivra sa campagne au Québec au cours des deux prochaines semaines, avant de parcourir le reste du Canada. L'élection du nouveau chef conservateur aura lieu le 27 mai.