Julie Paquette, Johanne Croteau, Vanessa Bouchard ainsi que Luc Genest, de la Table de concertation jeunesse du territoire du CLSC du Richelieu, lors du lancement du projet Bécyk’lib à la Maison des jeunes des Quatre Lieux.

Bécyk’Lib: le Bixi de Rouville

Rouville souhaite à la fois faire bouger sa population et améliorer l’offre de transport entre ses municipalités. C’est pourquoi on propose, dès vendredi, le service Bécyk’Lib. Ce faisant, les résidents de Saint-Césaire, Marieville et Richelieu pourront emprunter gratuitement un vélo pour 48 heures, casque et cadenas inclus.

En tout, 22 bicyclettes, reconnaissables par leur teinte orangée, seront disponibles pour la première année du projet : six seront à Saint-Césaire, dix à Marieville et six à Richelieu. Les instigateurs de l’initiative se sont inspirés d’autres projets, tels que le Bixi de Montréal ou l’Écovélo de Granby, afin de créer Bécyk’Lib.

L’idée remonte à il y a un peu plus d’un an. La Table de concertation jeunesse du territoire du CLSC du Richelieu, qui regroupe plusieurs organismes œuvrant auprès de la jeunesse, s’était penchée sur la santé physique des jeunes. Son constat : même si quelques-uns s’impliquent pleinement dans un sport, ils sont généralement plutôt « difficiles à faire sortir de leur sous-sol ou de leur chambre à coucher », illustre Johanne Croteau, organisatrice communautaire au CLSC du Richelieu.

Il fallait donc favoriser l’activité physique, dans un contexte où les déplacements en région sont souvent compliqués sans voiture. « Le transport est vraiment problématique [dans les environs] : tout est plus en retrait, et on se retrouve souvent loin des activités ou du travail », relève Mme Croteau.

Et même si l’idée à la base du projet était de faire bouger les jeunes, les vélos pourront être empruntés par n’importe quel résident des trois villes participantes, peu importe son âge. Ainsi, même un travailleur contraint de laisser son véhicule au garage en raison d’un pépin mécanique ne sera pas cloué chez lui. Il lui suffira de prouver son lieu de résidence au moyen d’une carte d’identité avec photo.

Les jeunes âgés de moins de 15 ans devront également faire signer une autorisation parentale pour profiter du service.

Les adolescents sont d’ailleurs très enthousiastes à l’idée, souligne Vanessa Bouchard, coordonnatrice de la Maison des jeunes des Quatres Lieux, à Saint-Césaire. « Ce n’est pas qu’ils n’ont pas nécessairement accès à un vélo, mais des fois leur vélo est désuet, ou s’ils ont [une crevaison ou un bris], ça peut prendre un mois pour qu’ils aient l’argent pour le faire réparer ! », évoque Mme Bouchard. Elle estime que cela permettra aussi aux jeunes des alentours d’avoir accès plus facilement à la Maison des jeunes.

Grande concertation
Plusieurs partenaires ont contribué à ce projet, à commencer par les contributions financières de la Table de concertation jeunesse du territoire du CLSC du Richelieu, de la Caisse Desjardins de Rouville ainsi que des villes de Saint-Césaire, Marieville et Richelieu. Ces subsides ont permis l’acquisition des bicyclettes usagées qui constitueront la flotte de Bécyk’Lib.

Les maisons des jeunes impliquées assurent quant à elles le volet gestion des différents points de service de Bécyk’Lib, soit la Maison des jeunes des Quatres lieux à Saint-Césaire, la Maison des jeunes de Marieville, l’Hôtel de Ville de Richelieu et Le chalet du Parc Florence Viens, aussi à Richelieu.

Finalement, l’organisme Justice alternative et médiation Granby assurera une part de l’entretien et de la réparation des vélos, qui sera réalisée par des jeunes ayant écopé d’heures de travaux communautaires. C’est également cet organisme qui assurera au besoin le transport de vélos entre les points de service.

Vers 2019
Johanne Desjardins, vice-présidente de la Caisse Desjardins de Rouville, a profité du lancement de Bécyk’Lib pour féliciter les intervenants derrière le projet, tout en glissant une subtile invitation : « On espère qu’il y en aura dans toutes les municipalités ! »

Son souhait risque de se réaliser dès l’an prochain, car s’il n’y a que trois municipalités du territoire du CLSC du Richelieu impliquées cette année, au moins deux autres ont signalé leur intérêt à embarquer dans le projet en 2019.