Seulement 13 permis autorisant la possession de poules en milieu urbain ont été délivrés à Granby. Cowansville en a accordé 15.

Beaucoup d’intérêt pour les poules urbaines, mais peu de permis délivrés

L’intérêt pour les poules urbaines manifesté par plusieurs citoyens à Granby et Cowansville l’an dernier ne s’est finalement pas matérialisé en gestes concrets pour en posséder. Seulement 13 permis ont été délivrés à Granby alors qu’à Cowansville, 15 citoyens ont obtenu le droit d’avoir des poules sur leur propriété.

Le peu de permis accordés à Granby n’indique pas que la Ville a erré en lançant un projet-pilote de deux ans pour évaluer la pertinence de permettre d’avoir des poules en milieu urbain, et en l’encadrant par une politique, soutient Gabriel Bruneau, directeur du service de la planification et de la gestion du territoire. « On a eu pas mal de monde qui se sont informés pour savoir s’ils pouvaient en avoir. Certains se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas admissibles, des gens par exemple qui vivent dans des logements ou des semi-détachés. On en a eu d’autres à qui on a expliqué leurs obligations s’ils décidaient d’avoir des poules et qui, après réflexion, ont décidé de laisser tomber », a-t-il dit en entrevue.

La règlementation en place à Granby est notamment très stricte quant aux dimensions du poulailler et à la distance séparatrice à respecter avec le terrain voisin, a rappelé M. Bruneau. « Ça fait pas mal de choses à considérer pour les citoyens », résume-t-il. On l’a voulu ainsi pour s’assurer que les gens qui en voulaient allaient bien s’en occuper et respecter les règlements. »

Lors des démarches du conseil de Granby pour mettre sur pied un projet-pilote, une cinquantaine de personnes avait manifesté leur intention d’obtenir un permis. En tout, 55 citoyens ont communiqué avec le service de M. Bruneau pour s’enquérir des règles. Au final, seulement 13 sont allés au bout de leurs démarches en déboursant les 50 $ pour l’obtention d’un permis.

La Ville prévoyait un plus grand enthousiasme pour le projet. Elle avait même statué qu’elle organiserait un tirage au sort entre les demandeurs pour obtenir un des 50 permis disponibles. Elle n’a pas eu à le faire.

Aucune plainte n’a été enregistrée en lien avec des poules urbaines, a dit M. Bruneau. « On n’a eu aucun retour négatif. »

Résultats positifs
Du côté de Cowansville, qui compte six fois moins de citoyens, on se dit satisfait du nombre de permis émis. « Les résultats sont positifs », estime Olivier Ricard, directeur du service de l’aménagement urbain et de l’environnement de la municipalité. « Les gens semblent apprécier ce qu’on a mis en place. »

La Ville s’est inspirée de règlementations en vigueur dans d’autres municipalités. « On a étudié ce qui se faisait de bien ailleurs et on s’en est servi pour construire notre propre règlementation. Je pense qu’on a pris les bonnes décisions », a dit M. Ricard.

Une seule plainte a été enregistrée à Cowansville en lien avec les poules urbaines. Un problème d’odeur, indique M. Ricard. « On a rencontré la personne et elle a tout réglé », a-t-il dit.

Les détenteurs de permis de poules urbaines à Cowansville peuvent le renouveler d’ici la fin du mois d’avril au coût de 25 $.

Les Granbyens possédant un permis pourront quant à eux le renouveler d’ici le 19 mai. Ils auront la priorité, puisque les autres permis — sur les 50 au total — seront disponibles à partir du 31 mai.

Le conseil municipal de Granby obtiendra le rapport final du projet-pilote au printemps 2019. Il devra alors statuer sur la suite des choses, à savoir si posséder des poules urbaines sera toujours permis.

Le peu de permis émis ne devrait pas être un facteur militant pour la fin des poules urbaines à Granby, selon M. Bruneau. « On a d’autres éléments à considérer, comme les odeurs et le respect des règlements », a-t-il dit. « La décision finale revient au conseil. »