La détresse psychologique touche 59 % des enseignants des cégeps, selon un récent sondage de la CSN.
La détresse psychologique touche 59 % des enseignants des cégeps, selon un récent sondage de la CSN.

«Beaucoup d’enseignants sont épuisés» au Cégep de Granby

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
La détresse psychologique qui touche 59 % des enseignants des cégeps, selon un récent sondage de la CSN, n’épargne pas les professeurs de l’établissement granbyen.

«Beaucoup sont épuisés, indique le président du Syndicat des enseignants, Camille Dubuc. Il y a une fatigue qu’on retrouve normalement à la fin de la session ou à l’hiver. Tu ne peux pas vivre ça longtemps sans que ça touche à ta santé.»

«Ça», c’est la réalité de l’enseignement supérieur en temps de pandémie, alors que de nombreux cours sont maintenant donnés à distance.

Pour les maîtres, cela représente une charge de travail accrue puisque les classes sont pour la plupart scindées en demi-groupes. Vient ensuite la gestion des enregistrements, des travaux, des questions et des évaluations multiples pour éviter le plagiat.

«On est bombardés de courriels, signale M. Dubuc en rappelant que les enseignants ont été formés «sur le tas» en matières technologiques. Plusieurs professeurs et élèves domiciliés en campagne ont également des connexions internet défaillantes.

Au surplus, les enseignants sont privés, pour l’essentiel, de contacts directs avec leurs élèves, une relation importante pour les deux. «Les profs se nourrissent du contact quotidien avec les étudiants, dit Camille Dubuc. Tous ces moments-là sont perdus.»

Plusieurs élèves sont aussi insatisfaits de la situation. «Les circonstances font en sorte qu’on ne peut pas donner tout ce qu’on pourrait si on était en mode présence en tout temps», indique M. Dubuc en précisant que les lectures et travaux individuels prennent plus de place.

«Tu ne peux pas vivre ça longtemps sans que ça touche à ta santé», dit le président du Syndicat des enseignants du Cégep de Granby, Camille Dubuc, en faisant référence à l’enseignement à distance.

Aide supplémentaire

Une solution, selon le président syndical, serait d’obtenir l’apport de professeurs supplémentaires — majoritairement des précaires et des temps partiels à qui l’on offrirait de travailler davantage — afin de réduire le nombre d’élèves par classe.

Québec a bel et bien octroyé du financement supplémentaire pour les cégeps et universités afin d’alléger la tâche des profs, mais cela équivaut à un tiers de professeur de plus par département, dit M. Dubuc.

«On comprend que le gouvernement a fait le choix de soutenir l’économie, la santé et l’enseignement primaire et secondaire, mais ça reste peu pour les cégeps.»

Des pressions syndicales se font, mais «la ministre (Danielle) McCann ne nous a pas rassurés», dit le président du Syndicat des enseignants du Cégep de Granby.

«Pour elle, on est correct et en mesure de faire le travail comme si de rien n’était, ce qui est un peu décevant.»