Pierre Jubinville espère que la municipalité de Shefford ne tardera pas à remettre à niveau le barrage de la rue du Versant Ouest. Pour prévenir les fuites, le niveau d’eau du lac bordant sa résidence a été abaissé pour un second été consécutif, à son grand désarroi.
Pierre Jubinville espère que la municipalité de Shefford ne tardera pas à remettre à niveau le barrage de la rue du Versant Ouest. Pour prévenir les fuites, le niveau d’eau du lac bordant sa résidence a été abaissé pour un second été consécutif, à son grand désarroi.

Barrage fissuré à Shefford: un citoyen veut des réponses

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Lorsqu’il jette un oeil sur le petit lac qui borde sa propriété de Shefford, Pierre Jubinville retient difficilement son exaspération. Le résidant de la rue du Lac s’inquiète de voir que le niveau du plan d’eau a été abaissé, pour une deuxième année consécutive, en raison d’une brèche dans le petit barrage à son entrée. Il espère surtout avoir l’heure juste dans ce dossier qui traîne, dit-il, depuis trop longtemps.

En contrebas de sa résidence, le terrain de M. Jubinville offre un accès direct au lac. Encore cet été, cependant, les berges ont reculé, créant des abords boueux et peu invitants. Selon lui, l’abaissement «drastique» du niveau du bassin a été fait lors du week-end de Pâques sans que les riverains en soient avisés.

«Les citoyens s’attendaient à ce que le barrage du Versant Ouest soit réparé cette année, mais la Ville ne se commet pas», déplore-t-il, en assurant parler aussi au nom de quelques-uns de ses voisins. Ce qu’il craint, c’est que les travaux de réfection de l’ouvrage de pierre et de terre ne soient réalisés qu’en 2021, les obligeant à vivre un troisième été dans ces conditions.

Selon lui, les informations à ce sujet divergent. «Au ministère de l’Environnement, l’ingénieur responsable du dossier me dit que ça va se faire prochainement, alors que la Ville affirme que ce sera l’an prochain».

Qui dit vrai? C’est ce que Pierre Jubinville tente de savoir. «On craint que ça ne se fasse pas. Il y a des bancs de sable partout, on patauge dans la boue. Il n’y a pas encore d’algues, mais j’ai peur pour la qualité de l’eau, car c’est peu profond. Ce n’est pas la fin du monde, mais je ne comprends pas ce qui se passe dans ce dossier. Il faut que ça bouge.»

La baisse du niveau d’eau ne semble pas nuire à toutes les activités, toutefois. Lors du passage de La Voix de l’Est, cette semaine, quelques kayakistes s’en donnaient à coeur joie. Et la qualité de l’eau ne semblait pas poser problème.

En attente d’un rapport

Le maire de Shefford, Éric Chagnon, se défend bien, par ailleurs, de manquer de transparence. «Des lettres avaient été envoyées aux citoyens en vue d’une rencontre, mais il y a eu la COVID. Nous attendons maintenant d’avoir en main le rapport de la firme TetraTech avant de les rencontrer. On n’a rien à cacher et on n’essaie pas de retarder les choses. Tout le monde sait comment c’est long quand on parle d’environnement», dit-il.

Le rapport en question est la conclusion d’une étude de rupture des barrages du Versant Ouest et d’un autre dans la rue de l’Érablière que les élus de Shefford ont commandée en mai dernier à TetraTech, au coût de 21 250 $ plus taxes. Ce document, qui doit être déposé incessamment, permettra à la Ville d’avoir une idée précise de la nature et du coût des travaux à effectuer.

Il lui sera plus facile, dans la foulée, de fournir un échéancier réaliste aux citoyens, ajoute le maire, qui préfère attendre le rapport avant de se prononcer sur l’ampleur du chantier.

Rappelons qu’initialement, le fond du lac appartenait à l’Association des propriétaires de la Seigneurie de Shefford, qui n’existe plus depuis quelques années. Ce faisant, il n’appartient plus à personne, confirme le maire Chagnon. Le barrage, sur lequel passe la rue du Versant Ouest, est la propriété de la municipalité cependant.

Sous surveillance

Celle-ci veille assidûment sur l’état de la digue, construite en 1993 et connue sous l’appellation X2081889. L’an dernier, la présence de la brèche avait obligé les employés municipaux à abaisser le niveau d’eau sous la fissure, réglant temporairement les fuites. Même chose cette année. D’où la nécessité de régler le problème de façon définitive.

Grâce au Programme d’aide financière à la mise aux normes de barrages municipaux (PAFMAN) du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, la Ville pourrait se voir rembourser 66 %, jusqu’à concurrence de 500 000 $, des travaux correctifs.

Éric Chagnon affirme que ceux-ci pourraient être lancés, avec ou sans la confirmation de l’octroi.

Une solution qui réjouirait Pierre Jubinville. «Ça pourrait se faire tard cet automne pour éviter de vivre un autre été comme ça.»