Norman Dunn était l'un des quatre Québécois ayant participé au congrès biennal de Banques alimentaires Canada.

Banques alimentaires: rien à envier aux autres provinces

Le Québec fait bonne figure en terme d'aide aux moins nantis, estime Norman Dunn. Le fondateur et directeur général de SOS Dépannage revient tout juste du congrès biennal de Banques alimentaires Canada s'étant tenu à Calgary la semaine dernière.
« Sans vouloir être arrogant, on peut vraiment dire qu'on a une longueur d'avance sur le reste du Canada, tant dans notre manière de fonctionner que de se financer. Notre façon d'accueillir la personne qui a des besoins et les services qu'on peut lui offrir sont aussi très différents », allègue le gestionnaire, qui a pris part à l'événement en compagnie de trois autres Québécois. 
Déjà, la province compte beaucoup plus de ressources, avec environ 1200 organismes d'aide, regroupés sous l'égide des Banques alimentaires du Québec, indique M. Dunn. « Dans le reste du Canada­, c'est moins que ça. »
En outre, ces organismes québécois reçoivent un bon coup de pouce financier du gouvernement provincial et des municipalités, contrairement à leurs homologues des provinces à majorité anglophone. 
« Ce qui est différent aussi, c'est qu'ici, les gens qui bénéficient du dépannage ne peuvent pas venir toutes les semaines, tous les mois, alors qu'ailleurs au pays, les gens reviennent systématiquement. Ils ont pratiquement une carte de membre », renchérit le directeur.
Pour mettre fin au cycle de la pauvreté, des partenariats avec des cuisines collectives et l'inclusion de mesures visant la réinsertion sociale sont sur pied au Québec, ce qui distingue également les banques alimentaires de la province des autres organismes canadiens. « Le dépannage alimentaire, c'est la porte d'entrée vers le système et vers la sortie de l'isolement, allègue M. Dunn. C'est comme ça qu'on met les gens sur le chemin de la réussite. »
Donner l'exemple
Au cours de son séjour dans l'Ouest canadien, le directeur général a assisté à plusieurs ateliers, dont un portant sur le transport des denrées vers les organismes chargés de les redistribuer, un autre sur les nouvelles technologies pour dénicher du financement, la bonne gouvernance d'un organisme à but non lucratif et la gestion de conflit au sein des conseils d'administration. 
Or, les pratiques québécoises en aide alimentaire sont si novatrices que M. Dunn animera lui-même des ateliers lors du prochain congrès pour parler entre autres des méthodes d'autofinancement des banques alimentaires. « On a plus de 10 ans d'expérience avec nos entreprises, le restaurant et le magasin, alors qu'ailleurs, ils ne sont pas rendus là », remarque le directeur général de SOS Dépannage. 
Les organismes de l'Ouest sont par ailleurs très intéressés à en apprendre davantage sur diverses initiatives nées chez nous. « Notre plus gros projet, c'est le PRS (ndlr : projet de récupération avec les supermarchés, qui consiste à récupérer la viande invendue dans les supermarchés pour la redistribuer aux banques alimentaires), explique Norman Dunn. Ça fait trois ans que ça a lieu au Québec, dont deux en projet-pilote. Ça a réglé un paquet de problèmes pour nous, tellement qu'il y a des Moisson qui gèrent des surplus de viande ! »
Le projet La Bourse des denrées, qui a cours chez nous depuis deux ans, pourra aussi inspirer nos compatriotes. « Il s'agit d'un genre de portail où chaque Moisson affiche ses surplus de denrées, explique M. Dunn. Les autres peuvent voir les surplus sur le site et les demander s'ils en ont besoin. » De plus, les fournisseurs de l'industrie agroalimentaire peuvent eux-mêmes y faire un don de nourriture. Ce faisant, les pertes sont limitées et un plus grand nombre de personnes peut bénéficier des services des organismes.
Le prochain congrès national de Banques alimentaires Canada aura lieu en 2019.