À la commission scolaire du Val-des-Cerfs, on s’inquiète surtout de l’impact sur les élèves.

Baisse des taxes scolaires: des questions dans la région

L’uniformisation des taxes scolaires annoncée par le gouvernement Legault cette semaine crée bien des questionnements dans les commissions scolaires de la région, qui ne savent plus trop sur quel pied danser.

À la commission scolaire du Val-des-Cerfs, on s’inquiète surtout de l’impact sur les élèves.

« Il y a beaucoup de points d’interrogation. On est encore dans l’incertitude, alors que ce n’est pas du tout le moment d’être dans l’incertitude. L’éducation a besoin d’argent maintenant. On souhaite que le financement soit assuré et qu’il y ait une pérennité », lance le président, Paul Sarrazin.

Dans un projet de loi déposé jeudi à l’Assemblée nationale, la CAQ prévoit un taux uniforme de 0,10 $ du 100 $ d’évaluation foncière. À l’heure actuelle, la taxe scolaire varie d’une commission scolaire à l’autre, et parfois même d’une région à l’autre. Une telle mesure, sur quatre ans, viendrait régler cette iniquité, mais créerait un « trou » de plus de 700 millions de dollars dans le financement du réseau de l’éducation.

De près de 0,26 $, le taux avait déjà été ajusté à 0,17 $ cette année, ce qui avait entraîné un manque à gagner de 14,5 millions sur le budget de 200 millions de Val-des-Cerfs, selon M. Sarrazin. Il estime qu’en fixant la taxe à 0,10 $, ce seront plus de 10 millions de dollars supplémentaires dont sera privée l’organisation d’ici quatre ans. Des mesures compensatoires viendront combler cette baisse de revenu, mais on ne connaît pas encore les modalités.

« On imagine qu’au retour des Fêtes, on aura le plan de match, mais en ce moment, on évalue les divers scénarios », affirme le président en faisant remarquer qu’il s’agit d’un simple déplacement d’argent.

Paul Sarrazin réfléchit tout haut : « C’est dur pour le corps enseignant présentement ; qu’on arrête de jouer dans le réseau de l’éducation. Quand ce sera un taux de 0,10 $, quand ce sera décentralisé, concrètement, ce sera quoi le gain pour l’élève ? Au final, qu’est-ce qu’on va gagner de tout cela ? On n’a pas de réponse. »

Des doutes

La présidente de la commission scolaire des Hautes-Rivières, Andrée Bouchard, trouve elle aussi inquiétant de voir le gouvernement sabrer la taxe scolaire.

« La taxe scolaire représente 25 % de notre budget de 220 millions de dollars. Cet argent aurait dû rester dans le réseau. Ça me réjouit d’entendre le premier ministre dire que l’éducation est sa priorité, mais je suis curieuse de voir comment tout cela va atterrir dans les milieux. »

Hautes-Rivières avait un taux de 0,26 $, avant de passer à 0,18 $ en 2018-2019. L’organisme avait reçu une subvention d’équilibre pour compenser cette perte de revenus, et s’attend au même traitement si on atteint 0,10 $. Ce qui préoccupe Mme Bouchard, c’est plutôt la tangente générale. « L’éducation, c’est un investissement. Il faut y mettre les moyens. »

Comme d’autres, elle déplore aussi le fait que ces baisses de taxes avantageront surtout les « grands propriétaires », plutôt que les locataires.