«C'est assez ordinaire. Ils se tournent de bord en disant on ne va pas taper sur les doigts des travailleuses du sexe, mais en contrepartie, on va s'attaquer à leur source de revenus», déplore une escorte.

Baisse de la clientèle anticipée: des travailleurs de l'industrie partagent leurs inquiétudes

Les travailleurs de l'industrie visés par le projet de loi sur la prostitution auraient préféré qu'on légalise leur boulot plutôt que de s'attaquer à leur client, disent-ils. Certains craignent d'ailleurs une baisse de leur clientèle, donc de leurs revenus.
«C'est assez ordinaire. Ils (NDLR: les conservateurs) se tournent de bord en disant on ne va pas taper sur les doigts des travailleuses du sexe, mais en contrepartie, on va s'attaquer à leur source de revenus, déplore une escorte questionnée par La Voix de l'Est, qui anticipe une baisse de sa clientèle. C'est ma source de revenus principale.»
Sa crainte est partagée par le gérant d'une agence d'escortes qui est établie dans la région depuis quelques mois. «C'est sûr que ça va nuire aux affaires, dit-il sans hésitation. Au lieu de viser les filles, ils vont viser les clients. Celui qui va se faire pogner, il ne reviendra plus.»
OEuvrant dans l'industrie des escortes depuis une quinzaine d'années, une femme qui dirige une agence est plutôt persuadée que les clients seront tout de même au rendez-vous. «Il y en aura quand même», estime-t-elle, en ajoutant que ce travail est le plus vieux du monde et que le projet de loi ne signifie pas sa disparition. Les trois travailleurs de l'industrie questionnés par La Voix de l'Est disent ne faire aucune sollicitation dans la rue. «Je ne suis pas pour ça, dit le gérant de l'agence. Sur la rue, j'appelle ça du harcèlement. C'est pas la personne qui a besoin de services qui vient voir la fille, mais c'est la fille qui a besoin du gars qui fait la sollicitation. On ne va pas achaler les clients.»
La dame qui dirige une agence d'escortes craint que si les femmes sont criminalisées lors de la sollicitation à différents endroits, elles seront peut-être plus vulnérables. «Elles vont se cacher plus et il y aura peut-être plus d'accidents parce qu'elles seront cachées», avance-t-elle. 
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