Le léopard de l’Amour est l’une des espèces emblématiques du Zoo du Granby.

Baïko ne pourra plus s’échapper

Baïko se porte bien et ne s’échappera plus. Une porte mal cadenassée avait permis au jeune léopard de l’Amour de sortir tranquillement de son habitat, jeudi dernier, et de créer tout un émoi à Granby. Selon les responsables du Zoo, un événement de la sorte ne risque plus de se reproduire.

Des dizaines de policiers en position d’alerte, des employés cloîtrés et des tireurs déployés sur le site du Zoo de Granby. Pourtant, le léopard de l’Amour est simplement sorti de son habitat, l’endroit où il passe le plus clair de son temps lorsqu’il n’est pas exposé aux visiteurs. Une deuxième porte de sécurité et une palissade haute d’une dizaine de pieds le séparaient du reste du jardin zoologique ; qui plus est, celui-ci était fermé au public.

Prédateur domestique
« Même si c’est un prédateur, l’animal n’aime pas être à l’extérieur de son environnement habituel, explique le directeur des soins animaliers du Zoo de Granby, Carl Fournier. Il a vu l’agitation qui se passait autour de lui et il a voulu retourner dans son habitat. »

Lorsque les effets de la flèche anesthésiante se sont fait ressentir, Baïko est retourné dormir sur sa couche, comme un gros chaton de plusieurs dizaines de kilos. La porte a été refermée et tout est rentré dans l’ordre.

L’événement aurait toutefois pu prendre une tout autre tournure. « Si l’animal avait représenté un danger pour une vie humaine, on avait des tireurs prêts à l’abattre », précise gravement le directeur des soins animaliers. Mais on observe bien son comportement et s’il est confiné dans un endroit on va plutôt l’endormir. »

Erreur humaine
« Ce qu’on souhaite, c’est diminuer le risque lié aux manipulations humaines. On a été des années pendant lesquelles aucun événement de la sorte n’est arrivé et là, c’est déjà trop », s’exclame Carl Fournier.

Une enquête interne avait été déclenchée dans les heures qui ont suivi l’événement jeudi dernier et, comme le prédisaient les responsables sur place, il s’agit d’une erreur humaine. « C’est malheureux parce que depuis un an, on fait des investissements importants pour installer un nouveau système de sécurité. Il va y avoir un système de protection automatique et d’ouverture conditionnelle des portes. Lorsqu’on aura complété les travaux dans deux semaines, ce qui est arrivé ne pourra plus se passer », explique M. Fournier.

L’administration du Zoo s’est lancée dans une refonte complète de ses procédures d’urgences et de son système de sécurité à la suite de l’attaque d’une employée du Zoo par une lionne en août 2016. Un premier système de sécurité pour les lions est déjà en place. « On en est assez satisfait ; on l’a même présenté à un congrès de zoos et d’aquariums l’an dernier », rappelle M. Fournier.

L’installation propre aux léopards de l’Amour a nécessité des investissements de plusieurs « dizaines de milliers de dollars », selon M. Fournier, et est inspirée de ce qui se fait dans les secteurs les plus sécurisés de l’industrie.

Pour le moment, le Zoo fonctionne avec des procédures très détaillées, mais seulement écrites. Il revient donc aux employés de les respecter à la lettre. Des mesures particulières seront appliquées en attendant que l’installation du nouveau système de sécurité soit complétée.