Plutôt que de célébrer son anniversaire, Élizabeth Sicotte a choisi de soutenir financièrement d’offrir un cadeau au CAB de Sutton, plus précisément au service de «Baby drop-in» qui, dit-elle, « lui tient énormément à cœur ».

«Baby drop-in» du CAB Sutton: une porte de sortie à l’isolement

Plutôt que de souffler des bougies pour marquer son 37e anniversaire, le 10 septembre, la Suttonnaise Élizabeth Sicotte frappera aux multiples portes de sa municipalité dans l’optique de soutenir le service de « Baby drop-in » du Centre d’action bénévole de Sutton, qui a contribué à sa victoire contre une dépression post-partum.

Ces rendez-vous, qui se tiennent chaque premier et troisième vendredi du mois en avant-midi, permettent à des parents de se rencontrer dans un lieu convivial pour prendre un café et échanger sur leur réalité, mais aussi sur divers enjeux. 

Une infirmière et des conférenciers sont également sur place pour traiter de plusieurs thématiques. 

Mme Sicotte a commencé à fréquenter le «Baby drop-in» du CAB avec son aîné, Sam, né en 2013. « Au début, je ne sentais pas que j’avais ma place là-bas, raconte-t-elle. Je me sentais différente des autres mères. Et je me suis dit : “Tant pis, je vais la faire, ma place !” »

Y ayant pris goût, elle s’est mise à fréquenter le service de façon plus assidue après la naissance de son deuxième fils, Eliot, à l’automne 2016. 

Dans les mois qui ont suivi, la jeune mère de famille a toutefois réalisé que quelque chose n’allait pas. 

« Je pleurais plusieurs fois par jour, tous les jours. Je ne savais pas ce que j’avais, et je ne connaissais pas personne d’autre qui vivait la même chose que moi », raconte celle qui était à bout d’énergie et de patience. 

Comme sa situation ne s’améliorait pas, elle a choisi d’en parler à son médecin qui a mis un mot sur son état : dépression post-partum. 

« Ça aurait été facile de ne rien dire et de demeurer vulnérable, reconnaît Mme Sicotte. Mais j’ai ressenti que j’avais besoin d’aide, alors je n’ai pas hésité à aller consulter. »

Se donner du répit, prendre le temps de dormir et faire de l’exercice ont été prescrits par le médecin, de même qu’une médication que Mme Sicotte a prise pendant quelques mois. 

« Il faut que tu te fasses passer en premier pour passer à travers, a-t-elle réalisé. J’ai eu la chance d’avoir un conjoint qui m’a beaucoup aidée et qui a pris soin des enfants quand je prenais soin de moi. Je sais que bien des filles n’ont pas le soutien que j’ai eu. »

Rendez-vous attendu

La perspective de retrouver son groupe de mères les vendredis matin a aussi été une source de réconfort.

 « Ça fait du bien d’être ailleurs que chez nous, de pouvoir rencontrer d’autres mères et de briser notre isolement, dit-elle. Là-bas, on peut parler, rire, chialer sur tout sans être jugée. C’est comme une maison des jeunes, pour les mères. Et elles en ont tellement besoin ! J’arrivais souvent d’avance, et j’étais parmi les dernières à partir. »

« Un enfant, c’est comme un ciel nuageux avec des éclaircies dont il faut profiter et apprécier chaque instant », ajoute Mme Sicotte, qui a repris le dessus lors de promenades au grand air ou en mettant à profit son côté artistique. 

Issus chacun d’une fratrie de trois enfants, Mme Sicotte et son conjoint ont toujours souhaité mettre trois enfants au monde. 

Un désir brièvement remis en question au cœur de la tempête. « Je ne comprenais pas pourquoi je vivais ce congé de maternité plus difficilement alors qu’Eliot était un bébé beaucoup plus calme que son frère », explique-t-elle. 

Mais quand le tumulte s’est calmé et qu’Eliot s’est mis à mieux dormir, la petite Vivianne est venue au monde, il y a 17 mois. Et depuis, aucun regret.

« Au troisième enfant, j’ai réalisé que je suis devenue le dinosaure ! Ce sont les autres mères qui viennent me demander conseil maintenant ! blague Mme Sicotte. Les mères stressent pour beaucoup de choses au début, mais avec le temps et l’expérience on réalise qu’il n’y a pas de quoi s’en faire. »

Sa fête en cadeau

Plutôt que de célébrer son anniversaire, la mère de famille a choisi d’offrir un cadeau au CAB, plus précisément au service qui, dit-elle, « lui tient énormément à cœur ».

« Je me suis demandé ce que je voulais faire, et c’est de faire connaître le «Baby drop-in». Il y a plein de monde qui ne connaît pas le service, et j’aimerais que ça puisse venir aux oreilles d’autres mères à qui ça pourrait faire du bien, explique Mme Sicotte. Ce n’est pas nécessaire de vivre une dépression post-partum pour y aller ! »

La Suttonnaise a d’ailleurs choisi de passer le mot à l’ancienne, alors qu’elle aurait très bien pu tirer avantage des outils numériques d’aujourd’hui.

« Certaines personnes m’ont proposé d’avoir une page GoFundme ou d’avoir une collecte de fonds sur Facebook, mais justement, tout se fait par Internet. Je préfère y aller par porte-à-porte, pour créer un contact avec les gens et parler avec eux », précise celle ayant déjà reçu des promesses de dons.

La jubilaire n’a d’ailleurs pas fixé d’objectif monétaire à son initiative. « Si je parviens à amasser 100 $ pour qu’ils achètent du matériel, c’est tant mieux, ou si on peut offrir le service plus souvent. Je veux simplement aider ! »