L'ex-avocat de Jacques-Antoine Normandin, Michel Le Brun (photo), avait déclaré que les tribunaux étaient illégitimes.

Avocat d'un « citoyen souverain » Michel Le Brun quitte le Barreau

Autoproclamé «citoyen souverain», Jacques-Antoine Normandin n'a plus d'avocat pour le représenter.
Les déclarations controversées de son ancien procureur, Me Michel Le Brun, ont incité ce dernier à démissionner de son ordre. Coordonnatrice des communications au Barreau du Québec, Me Martine Meilleur a confirmé hier qu'il n'a plus le droit d'exercer cette profession.
Faisant écho aux idées de son client, l'avocat domicilié à L'Île-Perrot avait affirmé à La Voix de l'Est que les policiers, juges et avocats n'avaient qu'une juridiction factice et que les tribunaux étaient illégitimes.
Selon Radio-Canada, le syndic du Barreau a ouvert une enquête et demandé des explications à Me Le Brun. Le code de déontologie de l'Ordre stipule qu'un avocat «doit soutenir l'autorité des tribunaux», «ne peut agir de façon à porter préjudice à l'administration de la justice» et «ne peut faire une déclaration publique de nature à nuire à une affaire pendante devant un tribunal».
Par conséquent, Me Le Brun a remis sa démission à l'Ordre du Barreau, le 2 octobre.
Sentence
Jacques-Antoine Normandin, qui a été reconnu coupable en avril de ne pas avoir produit de déclarations de revenus depuis sept ans, se retrouve donc sans avocat. Interrogé par La Voix de l'Est, le briqueteur-maçon de 62 ans avoue se sentir un peu délaissé. «Je suis une victime», a-t-il dit.
Il n'a pas de procureur pour continuer l'appel de son verdict que Me Le Brun a logé en Cour supérieure, et il ne peut se représenter lui-même puisqu'il a été déclaré plaideur quérulent. Le Cowansvillois reviendra tout de même devant la cour le 12 décembre afin de connaître sa sentence.
M. Normandin songe à demander l'aide juridique, mais regrette que «tous les avocats n'aient pas la transparence de Me Le Brun». Il n'a pas été possible, hier, de joindre Michel Le Brun.