Le Comité de citoyens pour une meilleure cohabitation avec l’Autodrome de Granby a formulé des propositions constructives, dit le porte-parole, Pierre-Olivier Labart (au centre).

Autodrome: un comité de citoyens en mode solutions

À l’approche de la saison estivale, les voisins de l’Autodrome Granby sont en mode solutions. Ils ont formé un comité de citoyens et déposé à l’hôtel de ville un document qui regroupe une vingtaine de propositions qui visent une meilleure cohabitation avec les activités de courses automobiles.

Ce document est accompagné d’une pétition signée par quelque 200 résidants du quartier, qui s’étire entre les rues Ferland et Jeannine ainsi que Cowie et Bousquet, a souligné mardi, lors d’un point de presse, le porte-parole du Comité de citoyens pour une meilleure cohabitation avec l’Autodrome de Granby, Pierre-Olivier Labart.

« On a présenté une vingtaine de propositions constructives ; propositions qui ne comprennent pas l’expropriation ou le déménagement de l’Autodrome, précise M. Labart. On propose des solutions qui permettraient aux citoyens, qui ont un droit pour une meilleure qualité de vie, et à l’Autodrome, qui a un droit pour opérer une piste de courses automobiles, de mieux cohabiter. »

D’entrée de jeu, le porte-parole dit ainsi préconiser une nouvelle approche et souhaite « changer le discours » afin que les résidants du quartier n’aient plus droit à la sempiternelle « cassette » lorsqu’ils élèvent le ton et évoquent les nuisances générées depuis des dizaines d’années par l’endroit, dont le bruit et la poussière.

« Le discours, c’est : vous auriez dû savoir qu’il y a un autodrome à côté de chez-vous avant d’acheter votre maison. Mais l’Autodrome aussi devait savoir qu’il y avait des résidants à côté et des règlements à respecter », glisse Pierre-Olivier Labart.

Propositions
Les propositions déposées par le comité de citoyens, créé l’année dernière dans la foulée de la rencontre d’informations tenue sur le développement éventuel de nouvelles activités sur le site, vont dans plusieurs directions. L’érection d’un mur antibruit est notamment évoquée.

« On pense que ça pourrait être une solution gagnant-gagnant, autant pour la Ville, les propriétaires de l’Autodrome que les citoyens. Ça ramènerait à un niveau plus tolérable les nuisances émises par l’Autodrome », dit M. Labart.

Hydro-Québec pourrait faire partie des discussions, suggère le comité de citoyens, car il est propriétaire d’un lot entre l’Autodrome et les résidences. L’aménagement d’une ligne électrique sur ce lot pourrait d’ailleurs avoir contribué à amplifier le bruit, croient des citoyens, du déboisement y ayant été effectué.

La réalisation d’une étude d’impact économique indépendante est demandée.

Autre proposition évoquée : les courses pourraient-elles être présentées les jeudis, plutôt que les vendredis ? Les résidants pourraient ainsi profiter davantage de leur propriété les fins de semaine.

La réalisation d’une étude d’impact économique indépendante sur les activités de l’Autodrome est aussi demandée. Cela permettrait « aux décideurs de prendre des décisions éclairées, basées sur des faits et non des perceptions », dit Pierre-Olivier Labart.

Ce dernier, qui était accompagné d’une poignée de citoyens du secteur mardi, croit que les résidants « ont fait leurs devoirs ». À leurs yeux, la balle est maintenant dans le camp de la Ville et des propriétaires de l’Autodrome, avec qui les relations sont malgré tout cordiales, précise M. Labart. À eux de poursuivre le dialogue et d’y aller avec des actions, dit-il.

À l’étude
Présent au point de presse, le conseiller municipal du district, Alain Lacasse, a pour sa part souligné que l’Autodrome est là pour rester. Dans les circonstances, « il faut être innovateur, trouver des idées et des solutions pour qu’on soit harmonieux ensemble », croit-il.

Le sujet a déjà été discuté lors d’une séance préparatoire lundi soir, alors que les élus granbyens ont reçu une copie vendredi dernier du document de 31 pages, déposé par le comité de citoyens. Il affirme que la volonté de faire avancer le dossier est bien présente.

« Au lieu de juste rester là et se plaindre, on va être en mode solutions », a assuré Alain Lacasse. Selon lui, certaines améliorations pourraient être visées dès cette année, pour la prochaine saison de courses.

La patience de certains résidants a toutefois atteint ses limites. « Il n’y a jamais eu d’amélioration. Juste de l’augmentation. C’est pire que pire », a laissé tomber une citoyenne.

Pierre-Olivier Labart fait valoir que cette démarche s’impose alors que l’Autodrome envisage développer de nouvelles activités sur le site de la rue Cowie.

« Avant de diversifier les activités, est-ce qu’on peut faire le ménage dans la maison et s’assurer que les nuisances générées par les droits acquis soient amenuisées », questionne-t-il.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires du copropriétaire et promoteur de l’Autodrome, Dominic Lussier.