« Même s’il y a 1500 signatures, si la salle est vide le 5 mars, ça n’aura pas un impact aussi fort que si les gens se déplacent à l’hôtel de ville », estime le président du conseil de quartier 2, Richard Dubé.

Augmentation de salaire des élus: appel à la mobilisation

Le regroupement de citoyens du conseil de quartier 2 appuie l’initiative de la Granbyenne Jacynthe Deslauriers, qui a mis une pétition en ligne pour dénoncer la hausse de salaire des élus. Il invite aussi la population à se présenter en grand nombre lors de la prochaine séance du conseil municipal, le 5 mars.

« Il ne faut pas se fier juste à la pétition. Même s’il y a 1500 signatures, si la salle est vide le 5 mars, ça n’aura pas un impact aussi fort que si les gens se déplacent à l’hôtel de ville. Ce qu’on souhaite, c’est que la salle du conseil, les corridors et le hall d’entrée soient pleins de monde », a lancé jeudi le président du conseil de quartier, Richard Dubé.

Celui-ci insiste toutefois sur le fait qu’il souhaite que les représentations des citoyens se fassent avec civisme et respect. Il ne veut pas reproduire le scénario de 1990, où une manifestation musclée, menée entre autres par des représentants syndicaux, en réaction à la hausse de salaire des élus de l’époque, avait nécessité l’intervention des policiers. L’ex-syndicaliste aujourd’hui conseiller municipal, Robert Vincent, y avait pris part, a récemment rapporté La Voix de l’Est.

« Contrairement à il y a près de 30 ans, où ils ont réussi à renverser la décision par la force, nous, on veut le faire pacifiquement, sans débordement. C’est très important », affirme M. Dubé. Lui-même se qualifie de « volubile » et il a l’intention de s’en tenir à un texte écrit, lors de son intervention au micro, pour éviter de se laisser emporter.

Objectif revu
Le conseil de quartier a voulu donner son appui publiquement à Jacynthe Deslauriers, car sa dizaine de membres actifs prône l’implication citoyenne, souligne par ailleurs Richard Dubé.

La Granbyenne a lancé une pétition en ligne la fin de semaine dernière non pas parce qu’elle s’oppose à la révision du salaire des élus, mais parce qu’elle juge trop élevées les augmentations annoncées, soit de 15 % pour le maire et de 17,5 % pour les conseillers.

Et son opinion semble partagée. Jeudi en fin de journée, sa pétition avait recueilli plus de 1100 signatures. D’abord fixé à 1000 signatures, l’objectif a été revu à 2000 au cours de la semaine.

« Je suis très contente parce que je n’étais pas certaine de la réponse des citoyens. Parfois, on peut ne pas être d’accord, mais la vie va tellement vite que ce n’est pas tout le monde qui prend le temps de signer ce type de pétition », a relevé Mme Deslauriers.

Celle-ci affirme aussi avoir reçu des appels d’ex-résidants de Granby qui ont sollicité leurs contacts granbyens, dont certains ex-syndicalistes, afin de les mobiliser en vue de l’adoption prévue du règlement, le 5 mars, dans le cadre de la prochaine séance ordinaire du conseil. En vertu de ce règlement, le salaire du maire Pascal Bonin passera de 104 160 $ à 119 784 $ et celui des conseillers de 34 402 $ à 40 423 $.

« Je pense que plus on va avoir d’appuis et de signatures, plus ça va avoir de poids. Il faut essayer de faire changer d’idée le plus de conseillers municipaux possible. Présentement, il y en a juste un d’accord avec mon opinion, Jean-Luc Nappert, mais si on peut en avoir plus de la majorité pour qu’ils réévaluent le calcul, ça serait vraiment bien » , estime Jacynthe Deslauriers.