Yvon Chalifour et Marie-Ève Théberge, respectivement président du conseil d’administration et directrice générale de l’Auberge sous mon toit.

Auberge sous mon toit: l’organisme veut se rapprocher des jeunes

« On travaille pour les jeunes, alors il faut penser à comment aller les chercher. » Marie-Ève Théberge, directrice générale de l’Auberge sous mon toit, est à la barre de la cure de rajeunissement de l’organisme. Nouveau logo, nouveau slogan, mission mise à jour et présence accrue sur Facebook sont les outils faisant désormais la promotion de l’établissement.

« Avant, notre mission parlait beaucoup de réinsertion sociale au travail (...), mais cette mission-là ne nous représentait plus tant en 2018, explique Mme Théberge. Les gars, on les soutient de manière active dans leur quête d’autonomie. C’est ça, pour nous, la réinsertion sociale. »

Ces gars, ce sont des hommes âgés de 18 à 35 ans, dont la moitié sont judiciarisés, c’est-à-dire qu’ils sont sortis de prison, mais restent assujettis au respect de certaines conditions. L’établissement agit dans ces cas-là comme une maison de transition.

Les centaines de dépliants qui seront diffusés via les organismes partenaires présentent une nouvelle image — une main bienveillante placée au-dessus d’un personnage marchant vers une porte entrouverte — et un nouveau slogan qui s’énonce comme suit : « Un pas. Un coup de main. Ton avenir. »

« On voulait quelque chose qui parle à nos jeunes afin qu’ils comprennent le sens de notre mission, précise la directrice générale. On voulait qu’avec notre nouvelle image, le gars se dise "eh je me vois dans cette image-là, je comprends l’idée que c’est un chemin, un premier pas, pis que je demande de l’aide". »

« Un pas de recul »

Les hommes qui utilisent les services de l’Auberge sous mon toit (ASMT) séjournent en moyenne un mois et demi au sein de l’établissement. La durée maximum d’un séjour est d’un an.

« Ici, les gars [en difficulté] viennent prendre un pas de recul », image-t-elle.

Si les portraits des vingt résidants actuels recouvrent autant de particularités, plusieurs ont en commun d’être des « polytraumatisés ». Qu’ils soient aux prises avec des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale, par exemple, ils poussent rarement la porte de l’ASMT de gaieté de cœur.

« [Pour que tu viennes nous voir], à la base, il faut que tu aies besoin de support dans tes démarches. On n’est pas une maison de chambres », précise celle qui est depuis deux ans à la tête de cet univers masculin.

Cependant, l’organisme est disponible en tout temps pour répondre à une éventuelle demande. « Si le gars a besoin [d’aide], il nous appelle et la demande va être traitée le plus rapidement possible, pour ne pas le laisser à la rue », insiste Mme Théberge.

Une fois pris en charge par l’organisme, le résidant de l’ASMT recevra, entre autres, des services d’hébergement et d’accompagnement au moyen d’une rencontre hebdomadaire avec un intervenant clinique pour définir un plan d’intervention et le mettre en pratique.

Après un séjour à l’Auberge sous mon toit, un suivi de post-hébergement avec un intervenant est également proposé. En effet, pas question ici de laisser tomber les résidants.

Et « en hiver, on ne laisse pas un gars à la rue. Si on est plein et qu’on ne peut pas l’héberger, nous allons l’accompagner pour que quelqu’un d’autre puisse l’aider ».

UNE VINGTAINE DE CHAMBRES INDIVIDUELLES

L’Auberge sous mon toit met 20 chambres individuelles à la disposition de ses résidants, au coût de 13 $ par jour pour les personnes non judiciarisées, et gratuitement pour celles judiciarisées (excepté pour ceux travaillant à l’extérieur qui sont liés à un établissement pénitentiaire sous administration provinciale). Jérôme Savary