Sébastien, Zack et Mary-Ann Marois gardent des souvenirs impérissables de leur périple à vélo en Amérique du Nord.
Sébastien, Zack et Mary-Ann Marois gardent des souvenirs impérissables de leur périple à vélo en Amérique du Nord.

Au tour de la famille Marois à vélo d’accueillir les cyclistes

La pandémie a obligé la famille Marois à interrompre de façon impromptue son périple à vélo en Amérique du Nord. Mais elle a trouvé une façon de poursuivre l’aventure en accueillant les cyclistes chez elle par le biais de la plateforme « Warmshowers ».

« J’aimerais mieux voyager, mais c’est l’fun recevoir les gens chez nous », lance en riant Sébastien Marois.

Avec sa conjointe Kassandra Casavant et leurs quatre enfants, Julianne, Jérémy, Mary-Ann et Zack, ils ont quitté Granby à vélo en juillet 2019 pour traverser le Canada, les États-Unis et une partie du Mexique. Leur retour dans la Belle Province était prévu en mai dernier, mais c’est plutôt à la mi-mars qu’ils sont revenus, avant que les frontières soient fermées.

Au gré de leur voyage, ils ont profité à plusieurs reprises, surtout aux États-Unis, de la communauté de la « douche chaude ». Grâce à celle-ci, les cyclotouristes de partout sur la planète peuvent trouver — et offrir à leur tour — un endroit où camper, un repas ou simplement une bonne douche.

Il allait de soi pour les Marois de redonner au suivant. Depuis leur retour, ils ont accueilli à deux reprises des cyclistes de passage à Granby. Ceux-ci ont pu dresser leur tente dans la cour arrière de la résidence de la famille. Ils ont même partagé un brunch à une occasion. Une expérience à laquelle les enfants ont aussi pris grand plaisir, assurent les deux plus jeunes de la fratrie Mary-Ann et Zack.

Inoubliables

Avec quelque 8800 km dans les mollets, les membres de la famille sont assurément devenus des cyclotouristes aguerris, confirme Sébastien Marois, 35 ans.

Le clan Casavant-Marois a traversé le Canada, avant de descendre la côte ouest américaine jusqu’au Mexique. Ils avaient atteint Guadalajara lorsque la progression de la crise sanitaire les a incités à mettre fin à leur périple. Ils avaient notamment prévu se rendre dans les états d’Oaxaca et du Chiapas (près du Guatemala) avant de remonter la péninsule du Yucatan.

Mary-Ann, Julianne, Kassandra Casavant, Sébastien Marois, Jérémy et Zack ont parcouru environ 8800 km à vélo de juillet 2019 à la mi-mars 2020.

Ils devaient clore leur aventure par un séjour d’une semaine dans un hôtel à Cancún avec des amis. « Je pensais qu’on allait atteindre notre but. Ça aurait été l’fun, c’était notre récompense », lance Mary-Ann, qui fera bientôt son entrée au secondaire.

C’est néanmoins la tête pleine de souvenirs qu’ils sont revenus. Les belles rencontres se sont multipliées sur leur route et les anecdotes sont nombreuses. Ils évoquent sans se faire prier le vent dominant des Prairies canadiennes avec lequel ils ont dû composer. Leur coup de cœur pour le Mexique et ses habitants chaleureux, voire respectueux des cyclistes. Leurs aventures de camping qui ont pimenté à plus d’une reprise leur quotidien. Et la beauté des chevaux sauvages dans le désert de la Basse-Californie.

En chemin, le temps a pris une autre dimension. Le moment présent s’est imposé, glisse Sébastien Marois, qui travaille comme charpentier.

Les cyclistes se sont bien fait klaxonner à quelques reprises ou des voitures sont parfois « passées proches » d’eux, mais ils n’ont pas craint outre mesure pour leur sécurité, relève le père de famille. « Il y a toujours des automobilistes qui n’aiment pas les vélos... », laisse-t-il tomber.

École

Les parents ont fait l’école sur la route. Mais la tâche n’a pas toujours été facile, entre autres parce que les bagages sont limités à vélo. La famille a déjà d’autres projets en tête, peut-être en Europe, lorsqu’il sera à nouveau possible de voyager. Et le couple souhaite trouver une façon plus structurée de poursuivre le programme scolaire des enfants.

Mais Mary-Ann et Zack n’ont pas l’impression d’avoir chômé. « On a quand même appris beaucoup de choses en géographie, en anglais et en espagnol », lance Zack qui se prépare à entreprendre sa cinquième année du primaire.

Mine de rien, la route leur a aussi permis d’expérimenter la persévérance, la débrouillardise, l’entraide et l’ouverture sur le monde.

D’ici à ce qu’elle puisse repartir vers d’autres horizons, la famille Marois pourra demeurer connectée avec la communauté vélo avec son accueil « Warmshowers ». Des projets de livres et, pourquoi pas, de circuits vélo guidés, sont aussi dans l’air. Chose certaine, ils ont prouvé qu’ils sont faits pour l’aventure.