Après la grande région de Brome-Missisquoi, puis les municipalités de Lac-Brome, Magog, Sherbrooke et Lac-Etchemin, c’est au tour de la ville de Farnham de sauter dans l’aventure.
Après la grande région de Brome-Missisquoi, puis les municipalités de Lac-Brome, Magog, Sherbrooke et Lac-Etchemin, c’est au tour de la ville de Farnham de sauter dans l’aventure.

Au tour de Farnham de sauter dans l’aventure de Faire danser un village

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis que Maude Lecours et Marie-Claude Lord ont eu l’idée folle de Faire danser un village, en 2017.

Après la grande région de Brome-Missisquoi, puis les municipalités de Lac-Brome, Magog, Sherbrooke et Lac-Etchemin, c’est au tour de la ville de Farnham de sauter dans l’aventure. Mais au-delà de la seule intention de promouvoir son milieu, la municipalité veut mettre l’accent sur la lutte au gaspillage alimentaire.

La journée de tournage, vendredi, a donc débuté par quelques scènes croquées sur l’immense site de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, à Cowansville. C’est là que Maude Lecours avait donné rendez-vous à La Voix de l’Est.

Sur place, deux danseurs farnhamiens s’exécutaient spontanément devant des tas de compost, dans une ambiance ludique au possible.


« Moi, ma touche dans la vie, c’est la danse, c’est d’amener les gens à être ensemble et à avoir du plaisir. On n’a plus de perron d’église pour se réunir, alors j’ai créé ce projet avec Marie-Claude pour que le monde se voie, danse en toute spontanéité et ne pense à rien d’autre que s’amuser. C’est rare de nos jours d’avoir des moments pour se laisser aller, alors j’ai voulu inventer ces moments. »
Maude Lecours

Mais pas question de s’éparpiller, car chaque minute était comptée.

Pour des raisons de temps et de budget, Mme Lecours et sa petite équipe devaient en effet capter, en une seule journée, des images à neuf autres endroits, directement à Farnham cette fois. Sur leur itinéraire, on comptait notamment un CPE, une ferme, des résidences, des commerces, la Maison des jeunes et le Centre de la nature.

À chacun de ces endroits, enfants et/ou adultes attendaient la dame et son caméraman de pied ferme pour esquisser quelques pas de danse, qui seront immortalisés sur cette nouvelle vidéo à paraître en octobre prochain, si tout va bien.

Après avoir fait appel à Amos J, Édouard Lagacé, Marc Déry et au groupe Hey Major, entre autres, pour interpréter la trame musicale des vidéos diffusées à ce jour, Faire danser un village a cette fois confié la création et l’interprétation de la nouvelle chanson-thème — intitulée Bâtir ensemble — à Jonathan Harbec et Jean-Philip Pothier, deux artistes de Farnham.

Une ampleur et une mission inattendues

Outre le fait que Farnham est la première municipalité en vedette dans Faire danser un village après une longue pause pandémique, elle est aussi la première à ajouter un objectif environnemental au projet.

«Farnham, c’est spécial. On ne fait pas cela juste pour faire rayonner la ville. C’est aussi pour inciter les gens à composter. C’est mon mandat : rendre le compostage sexy! J’ai d’ailleurs ce désir profond d’utiliser les prochaines vidéos pour porter un message qui va au-delà de la danse.» Faire danser un village a pris une telle ampleur que la ville de Longueuil et même Montréal sont aujourd’hui dans sa mire. Si le projet se concrétise dans la métropole, tous les arrondissements seraient filmés, comme une grande ode à la diversité, rêve tout haut Mme Lecours.

«On a d’abord créé l’initiative Faire danser un village pour faire briller Brome-Missisquoi. On trouvait qu’il y avait des gens et une énergie incroyables dans la région. Moi, j’étais nouvellement arrivée de Montréal et j’étais impressionnée de voir ça», explique celle qui pilote désormais le projet sans Marie-Claude Lord.

«Moi, ma touche dans la vie, c’est la danse, c’est d’amener les gens à être ensemble et à avoir du plaisir. On n’a plus de perron d’église pour se réunir, alors j’ai créé ce projet avec Marie-Claude pour que le monde se voie, danse en toute spontanéité et ne pense à rien d’autre que s’amuser. C’est rare de nos jours d’avoir des moments pour se laisser aller, alors j’ai voulu inventer ces moments. C’était pas pur plaisir, sans attentes. Mais on a eu beaucoup de demandes par la suite, alors on a fait danser d’autres villages», raconte Mme Lecours, en rappelant que sous ces jolies vidéos se cachent énormément de travail et de préparation.

Une approche gagnante

Le directeur général de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, David Rumsby, était bien placé pour le constater, vendredi matin, alors qu’il suivait l’action avec intérêt, heureux de voir l’équipe de Faire danser un village faire un détour par le site pour promouvoir le compostage. «Faire connaître le programme et sensibiliser la population de façon amusante, pour moi, c’est une approche gagnante», a-t-il fait remarquer.

Ce dernier s’apprêtait à rejoindre les employés du site affectés à la plateforme de compostage, qui avaient accepté de jouer le jeu, en se trémoussant pour la cause. «Ils n’ont pas été difficiles à convaincre. Ils sont fiers de leur travail et de la qualité de ce qui est produit ici», de conclure le gestionnaire, qui n’avait pas encore décidé s’il allait, oui ou non, se déhancher avec eux.