Les parents de Marylène Lévesque ont eu l’occasion de lui dire un dernier au revoir.
Les parents de Marylène Lévesque ont eu l’occasion de lui dire un dernier au revoir.

Au revoir Marylène

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Les proches de Marylène Lévesque ont pu lui dire un dernier au revoir samedi après-midi à Chicoutimi, alors que les funérailles de la jeune femme ont été célébrées à la chapelle Notre-Dame-de-Grâce du complexe funéraire Carl Savard. Plus de cent personnes se sont déplacées pour l’occasion.

Dans une cérémonie émouvante, ses proches ont rappelé à quel point Marylène était une jeune femme incroyablement appréciée. «C’était une femme fière et pétillante. On était une grande famille autour d’elle. Elle avait un fort caractère, mais c’était une personne généreuse. C’était une personne calme qui avait un leadership incroyable qui aimait rire», a raconté sa grande amie Claudia Boivin.

Elle a également expliqué que même après plusieurs jours, il est difficile de comprendre ce qui est arrivé. «Il y en a beaucoup qui sont encore dans le déni, c’est difficile. Plus ça va, plus on essaie de comprendre. On est jeune nous aussi et ça aurait pu être nous.»

Un cortège composé uniquement de femme a transporté le cercueil jusqu’à la chapelle afin de dénoncer la violence envers les femmes.

Une mère forte

Une autre amie de Marylène, Laurie Savard, a tenu à souligner la grande force de caractère de la mère de la victime depuis les événements tragique du 22 janvier. «Elle trouve ça difficile,mais elle est très forte. Elle ne le laisse pas paraître. Les autres enfants vont à l’école. Elle doit les faire diner et souper, elle ne peut pas perdre cette routine-là. Elle est très forte de continuer à le faire même après avoir perdu son premier enfant. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi fort. Elle ne s’écrase pas.»

Touchés par l’appui

Ses proches étaient touchés par l’appui démontré par l’ensemble du Québec. La campagne de financement pour les funérailles a amassé plus de 15 000$ en cinq jours. «Les gens sont extrêmement généreux. Ça apaise le stress de l’organisation de tout ça. C’est très touchant de voir autant de gens se mobiliser», a exprimé Mme Boivin.

Par ailleurs, la campagne a permis d’amasser plus que nécessaire. La famille a décidé de remettre le surplus à l’Association des personnes assassinées ou disparues.

Claudia Boivin et Laurie Savard ont exprimé leur chagrin, mais aussi, dénoncé le fonctionnement de la Commission des libérations conditionnelles.

Des changements s’imposent

Les deux jeunes femmes sont d’avis que le drame aurait pu être évité et que les mesures de libération conditionnelle doivent être revues. «Une personne comme ça ne devrait jamais retourner en société», a souligné Claudia Boivin.

«Il faut vraiment resserrer tout ce qui entoure les libérations conditionnelles. C’est sûr que ça va nuire à des personnes qui le mérite, mais en revanche, ça va permettre à des individus qui ne sont pas prêts de sortir, de rester en prison, a enchaîné Laurie Savard. «Je veux bien croire qu’il était en semi liberté parce qu’il avait eu un bon comportement, mais une agente de libération qui aide son client à aller vers des femmes, quand elle sait qu’il a tué son ex-conjointe, je ne peux pas comprendre comment elle a pu l’aider à trouver des femmes pour subvenir à ses besoins. C’est quelque chose d’insensé qui ne devrait plus arriver.»

Elles ont d’ailleurs souligné que la Commission des libérations conditionnelles n’a pas présenté d’excuses à la famille.