Paul Lemay a vu en direct l’agression du père Grou. «Ça ressemblait à une scène de cinéma, a-t-il confié. Un prêtre poignardé à l’oratoire, c’était impensable.»

Attaque à l'oratoire Saint-Joseph: une scène «surréaliste»

Paul Lemay écoutait la messe en direct, vendredi matin, lorsque le recteur de l’oratoire Saint-Joseph, le père Claude Grou, a été attaqué à l’arme blanche. Le Granbyen de 76 ans dit avoir été « ébranlé » par cette scène qu’il qualifie de « surréaliste ».

Paul Lemay était encore sous le choc lorsqu’il s’est confié à La Voix de l’Est, peu de temps après l’agression. 

« J’écoute souvent la messe à la télé. Tout allait comme d’habitude. Mais quand j’ai vu un jeune homme avec une casquette blanche monter vers le père Grou, je savais qu’il y avait quelque chose d’anormal. J’ai vu le jeune bousculer le père et le faire tomber sur le plancher. Ça ressemblait à une scène de cinéma. Un prêtre poignardé à l’oratoire, c’est impensable. Ça m’a heurté. On voyait les gens en panique, crier et sortir de la crypte. »

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Bien qu’il concède qu’il soit tôt pour tirer des conclusions, Paul Lemay est d’avis que cette agression n’est que la « pointe de l’iceberg ». 

« Les religieux vont devoir faire attention. Leur sécurité pourrait être menacée. On voit de plus en plus de gens qui tournent le dos à l’Église catholique. Avec les scandales sexuels de prêtres avec des jeunes, ce n’est rien pour ramener des gens dans les églises. Il faut que quelqu’un soit vraiment révolté, ou qu’il n’ait pas toute sa tête pour poignarder un prêtre », estime M. Lemay.

Cette attaque va même jusqu’à engendrer une remise en question de la foi du Granbyen. 

« J’espère que ce sera la seule attaque du genre ici. Mais j’avoue que depuis quelques années, je me questionne sur la [pertinence] de la religion dans ma vie. Je suis moins fervent. Une chose est certaine, ça n’augure pas bien pour la foi catholique avec des gestes comme ça. »